Chapitre 1:
« Gouverner, c’est prévoir » : Comment l’échec du système de Law reflète-t-il l’incapacité de la Régence à stabiliser l’économie ?
Réponse : En 1720, le système de Law, fondé sur la monnaie de banque, s’effondre. Ce désastre entraîne le rejet du papier-monnaie et de l’idée de banque, illustrant l’incapacité de la Régence à instaurer des réformes économiques durables et à regagner la confiance publique.
Pourquoi peut-on dire que le cardinal Fleury a incarné une politique de stabilité intérieure et extérieure ?
Réponse : À l’intérieur, Fleury combat le parlement de Paris, les jansénistes et les protestants. À l’extérieur, il obtient un gain territorial important avec le traité de Vienne (1738), qui lègue la Lorraine à la France après la mort de Stanislas Leszczynski.
La guerre de Sept Ans marque-t-elle la fin de l’empire colonial français ?
Réponse : Oui, car la France subit de lourdes pertes : elle cède le Canada, une partie de la Louisiane, des Antilles et ses possessions en Afrique à l’Angleterre par le traité de Paris (1763), signalant la fin de sa domination coloniale.
À travers le règne de Louis XV, en quoi les favorites du roi illustrent-elles le rôle de l’influence dans la politique monarchique ?
Réponse : Après la mort de Fleury, Louis XV tombe sous l’influence de ses favorites, comme la duchesse de Châteauroux et la marquise de Pompadour, qui interviennent dans les affaires politiques, parfois au détriment de l’intérêt national.
« Quand le grain manque, tout manque. » Comment cette citation éclaire-t-elle les réformes économiques de Turgot ?
Réponse : Turgot défend en 1776 la libre circulation des grains pour éviter les famines et supprime les corvées. Ces réformes, bien que visionnaires, suscitent une forte hostilité, ce qui mène à son renvoi.
Comment la politique économique de Calonne a-t-elle contribué à aggraver la crise financière de la monarchie ?
Réponse : En 1783, Calonne mène une politique de grands travaux qui endettent l’État. Le traité commercial de 1786 avec l’Angleterre ruine l’industrie et le commerce français, aggravant la crise économique.
Pourquoi peut-on dire que la convocation des États généraux en 1789 marque la fin de l’Ancien Régime ?
Réponse : Face à l’opposition du parlement et de la grande noblesse, la convocation des États généraux, avancée au 1er mai 1789, donne au tiers état une double représentation (décembre 1788), mais la question du vote reste irrésolue. Cet événement ouvre la voie à la Révolution française et signe la fin de l’Ancien Régime.
Réponse : Les famines avaient un impact majeur sur la société française de l’Ancien Régime. Elles provoquaient des révoltes paysannes, des attaques contre les convois de grains et les moulins, et grossissaient les rangs des mendiants qui venaient parfois assiéger les villes. En outre, les crises alimentaires étaient aggravées par des épidémies et une médecine déficiente, ce qui alourdissait le taux de mortalité.
Réponse : Ces trois fonctions correspondaient aux trois ordres sociaux de l’Ancien Régime : le clergé, chargé de prier, la noblesse, dédiée au combat, et le tiers état, voué au travail. Cependant, cette structure a évolué sous le poids des changements économiques et sociaux, donnant lieu à de véritables classes sociales, notamment avec l’émergence de la bourgeoisie.
Réponse : La bourgeoisie a profité de son intégration dans l’administration royale et du développement du commerce international. Elle a affirmé son ascension sociale en s’impliquant dans les affaires économiques, culturelles et administratives, tout en contestant les privilèges de la noblesse et du clergé. Cette montée en puissance a contribué aux tensions qui ont conduit à la Révolution française.
Réponse : La Révolution résulte du conflit entre une bourgeoisie en pleine ascension, grâce à son enrichissement par le commerce et l’administration, et une noblesse en déclin, attachée à ses privilèges. Ce conflit reflète un antagonisme profond entre deux forces sociales opposées, qui a précipité la chute du régime monarchique et des privilèges.
Réponse : L’agriculture française est restée traditionnelle jusqu’à la fin du XVIIIe siècle en raison du maintien des techniques anciennes et de l’absence d’adoption des innovations agricoles anglaises et hollandaises. Ce n’est qu’avec l’émergence de la physiocratie, prônée par Turgot et Quesnay, que des réformes agricoles ont commencé à être envisagées.
Réponse : Les paysans devaient faire face à des famines récurrentes, à des carences alimentaires, et à une fiscalité écrasante, incluant la taille, la gabelle, et la dîme. Ils subissaient également les redevances seigneuriales, les ravages de la guerre, et étaient souvent dupés par la bourgeoisie, qui accaparait les biens communaux et la richesse foncière.
Réponse : L’Ancien Régime ne pouvait répondre aux besoins des plus démunis en raison des déficiences structurelles, notamment une agriculture traditionnelle sujette aux crises, une médecine inefficace face aux épidémies, et une répartition inégale des ressources. Ces carences ont aggravé la pauvreté et l’exploitation des classes populaires.
Réponse : La physiocratie, prônée par Turgot et Quesnay, représentait une nouvelle approche économique fondée sur les principes de la liberté économique (« laissez faire, laissez passer ») et la valorisation de l’agriculture. Elle a marqué un tournant en réponse aux aspirations libérales de la bourgeoisie, en introduisant des réformes favorisant une économie plus rationnelle et moderne.
Chapitre 3:
Comment le XVIIIe siècle a-t-il transformé la vision scientifique de la nature, en contraste avec les siècles précédents ?
Réponse : Le XVIIIe siècle marque un tournant scientifique grâce à l'empirisme anglais (Locke) et au sensualisme français (Condillac, Helvétius, La Mettrie). Ces courants ont remplacé la spéculation abstraite par l'observation et l'induction. Newton a écarté le monde mystérieux des causes pour une compréhension quantifiée des lois naturelles, mettant fin à la physique aristotélicienne. Les avancées technologiques, comme les microscopes et les calculs différentiel et intégral, ont permis une saisie effective des phénomènes naturels.
Voltaire affirme : « Le progrès de l’homme vient de la critique. » En quoi cela reflète-t-il l’esprit des Lumières ?
Réponse : L'esprit critique est central aux Lumières, comme le montrent les œuvres de Voltaire. Il critique le gouvernement, l'Église, et les privilèges du clergé dans ses essais historiques et son Dictionnaire philosophique. L'esprit des Lumières repose sur une pensée rationaliste et systématique, qui cherche à réformer les institutions sociales et politiques.
Quel rôle l’Encyclopédie a-t-elle joué dans la diffusion des idées des Lumières ?
Réponse : L'Encyclopédie, dirigée par Diderot et d'Alembert, systématise les acquis scientifiques et technologiques du XVIIIe siècle. Elle constitue un réservoir de connaissances révolutionnaires et une arme contre l’obscurantisme de l’Ancien Régime. Elle attaque les institutions sociales, l'Église et l'État, tout en rejetant l'immortalité de l'âme et l'existence de Dieu.
Selon Rousseau, comment une société peut-elle garantir l'égalité et la liberté ?
Réponse : Rousseau propose dans Le Contrat social que toute société soit fondée sur un contrat garantissant l'égalité et la liberté. Il prône la souveraineté du peuple et rejette les inégalités sociales, influençant ainsi les républicains et les socialistes. Cette pensée prépare le terrain au romantisme et à un retour à la sensibilité et à la nature.
Comment Montesquieu et Rousseau diffèrent-ils dans leur approche politique ?
Réponse : Montesquieu, dans De l'Esprit des lois, cherche les principes du gouvernement et propose la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Rousseau, en revanche, est passionnément épris d'égalité sociale et établit un modèle basé sur un contrat garantissant l'égalité et la souveraineté du peuple. Montesquieu reste analytique, tandis que Rousseau est plus radical et visionnaire.
En quoi le renouveau philosophique du XVIIIe siècle est-il un paradoxe ?
Réponse : Le rationalisme athée des Lumières, qui rejette Dieu et l'immortalité de l'âme, conduit paradoxalement à une révolution (1789) marquée par des excès sanglants. Ce rationalisme aboutit ensuite à un romantisme nostalgique de Dieu et de la nature, élevant cette dernière à un panthéisme mystique.
Comment la technologie a-t-elle influencé les avancées scientifiques et culturelles du XVIIIe siècle ?
Réponse : Les progrès technologiques, comme les presses métalliques, les microscopes, et l’horlogerie, ont favorisé les avancées scientifiques. Les sciences de la nature, la chimie (Lavoisier), et l'astronomie ont prospéré grâce à des outils comme les observatoires. La technologie a également permis la publication de récits historiques et de voyages, élargissant les horizons culturels et scientifiques.
La peinture:
Réponse : La querelle des coloris, opposant les Poussinistes et les Rubénistes, incarne un changement dans les mentalités artistiques et sociales. Elle marque la montée d'une commande bourgeoise, privilégiant la couleur et une vision plus sensuelle du monde. Les Rubénistes triomphent, symbolisant une rupture avec les idéaux princiers pour s'aligner sur une esthétique plus accessible et hédoniste.
Réponse : La peinture française du XVIIIᵉ siècle illustre cette citation. Watteau reflète les rêves sensuels de la Régence, Boucher incarne la frivolité et la richesse du siècle, tandis que Greuze exprime les idéaux de la Révolution française avec ses scènes de genre moralisatrices. Chaque peintre capture les transformations sociales, des aspirations bourgeoises à l'ascétisme familial.
Réponse : Watteau est le symbole de la Régence grâce à ses œuvres empreintes de rêve sensuel et de fêtes galantes, comme Le pèlerinage à Cythère. Il incarne une époque marquée par la légèreté et les plaisirs raffinés, tout en traduisant les contradictions sociales et culturelles de son temps.
Réponse : Oui, la peinture de genre a démocratisé l'art en représentant des scènes de la vie quotidienne. Greuze peint les paysans et artisans avec des œuvres comme L'Accordée du village, tandis que Chardin célèbre la piété familiale et les tâches domestiques, rendant l'art accessible et pertinent pour la classe moyenne émergente.
Réponse : Au XVIIIᵉ siècle, le portrait joue un rôle social majeur. Des artistes comme Quentin de La Tour ou Jean-Marc Nattier répondent à la demande croissante des élites et de la bourgeoisie, en offrant des représentations qui immortalisent les individus et leurs liens affectifs dans un monde en mutation.
Réponse : Si Watteau a initié la fête galante en créant une catégorie dédiée, elle a évolué avec des artistes comme Lancret, Pater et Boucher. Ces derniers ont introduit des notes de vulgarité et de polissonnerie, reflétant l'évolution des mœurs du XVIIIᵉ siècle.
Réponse : Boucher illustre la richesse, la frivolité et la sensualité du XVIIIᵉ siècle à travers une variété de thèmes, du Triomphe de Vénus aux chinoiseries du Festin de l'empereur de Chine. Il représente une civilisation raffinée et futile, en symbiose avec les goûts de Louis XV et de Mme de Pompadour.
Réponse : À la fin du XVIIIᵉ siècle, le paysage acquiert une autonomie artistique grâce à des peintres comme Hubert Robert et Joseph Vernet. Leurs œuvres traduisent une sensibilité nouvelle, où la nature devient le miroir des émotions humaines, marquant un tournant vers le romantisme.