(1778, créé en 1784, comédie en cinq actes)
Œuvre phare du théâtre français du XVIIIe siècle, Le Mariage de Figaro est une comédie en cinq actes qui allie satire sociale et comédie de mœurs, dénonçant avec humour et mordant les privilèges et les abus de l’aristocratie d’Ancien Régime.
Elle est la suite directe du Barbier de Séville, et elle met en scène des personnages attachants dans un château en Andalousie, à Séville.
La pièce est célèbre pour son rythme trépidant, ses rebondissements, ses déguisements, et ses critiques sociales subtiles mais puissantes.
C’est aussi un chef-d’œuvre du comique, mêlant comique de situation, de caractère, et comique de langage.
Aristocrate libertin, grand d’Espagne et Grand Corregidor (juge) de Séville.
Mari de la Comtesse, il veut rétablir le droit de cuissage (le droit de coucher la première nuit avec la future épouse d’un de ses sujets), ce qui crée un conflit majeur.
Il incarne la noblesse corrompue, mais aussi un homme jaloux et tourmenté.
Épouse du Comte Almaviva, femme noble, douce et mélancolique.
Victime du délaissement de son mari, elle souffre mais conserve une grande dignité.
Elle est aussi la figure de la fidélité et de la justice dans la pièce.
Valet du Comte, personnage principal, rusé, vif, intelligent, loyal mais aussi revendicatif.
Il est fiancé à Suzanne, et sa relation avec elle est centrale.
Figaro incarne le valet plein de ressources qui défie son maître, symbolisant la contestation sociale naissante.
Première camériste de la Comtesse, fiancée à Figaro.
Astucieuse et courageuse, elle est au cœur des intrigues, notamment à cause des avances du Comte à son égard.
Jeune page, amant transi de la Comtesse, incarne l’amour passionné et fougueux.
Libertin naïf et comique, il crée de nombreuses situations cocasses.
Femme de charge, veuve, ancienne amante du docteur Bartholo, qui est en réalité la mère biologique de Figaro (secret important).
Elle veut épouser Figaro par contrat, ce qui provoque un conflit.
Médecin pédant et ridicule, ancien prétendant à Rosine (dans Le Barbier), il joue ici un rôle secondaire.
Jardinier du château, oncle de Suzanne, protecteur maladroit.
Professeur de clavecin de la Comtesse, personnage comique, bavard et envieux.
Juge maladroit et grotesque, symbole de la justice corrompue et absurde.
C’est le matin même des noces de Figaro et Suzanne. Figaro est en pleine euphorie, planifiant leur futur appartement dans le château. Mais très vite, Suzanne lui révèle, en énigmes, que le comte Almaviva veut rétablir un ancien droit féodal injuste — le droit de cuissage — pour lui-même, alors qu’il l’avait aboli au mariage avec Rosine (la comtesse). Cela signifie que le comte veut profiter de Suzanne avant le mariage.
Figaro est bouleversé, comprenant pourquoi le comte cherchait à l’éloigner du château.
Marceline, amoureuse de Figaro, veut empêcher ce mariage et demande l’aide de Bartholo. Elle est prête à tout pour briser cette union, y compris révéler un chantage qu’elle croit exercé par le comte sur Suzanne.
Chérubin, le jeune page amoureux fou de la comtesse, est renvoyé par le comte, qui ne supporte pas sa présence. Chérubin est dévasté, mais Figaro lui souffle un plan pour rester au château.
Le comte tente de soudoyer Suzanne pour céder à ses avances, mais la situation devient comique et confuse quand Chérubin est découvert caché, et que Bazile arrive, prêt à régler ses comptes avec Suzanne. Figaro et la comtesse interviennent avec une troupe de paysans et de valets pour calmer la scène. Le comte finit par repousser la cérémonie des noces à plus tard, et décide d’envoyer Chérubin à l’armée.
Dans l’intimité de la comtesse, Suzanne lui rapporte les dernières nouvelles sur les avances du comte et la situation de Chérubin. La comtesse est triste, délaissée, et rêve d’amour.
Figaro propose un stratagème : pour distraire le comte, il a envoyé un billet anonyme annonçant un rendez-vous galant entre la comtesse et un prétendu amant. Suzanne doit donner rendez-vous au comte, mais c’est en réalité Chérubin déguisé qui s’y rendra.
Le comte frappe à la porte alors que Chérubin est caché dans le cabinet de toilette. Dans une scène très drôle et tendue, la comtesse prétend que c’est Suzanne qui fait du bruit derrière la porte, tandis que Chérubin essaie de ne pas être découvert.
Suzanne cache Chérubin en sautant par la fenêtre, prenant sa place dans la pièce.
Le comte et la comtesse reviennent, et la comtesse avoue la supercherie pour calmer la jalousie du comte, qui commence à douter de tout.
Antonio, le jardinier, arrive avec un pot de fleurs écrasées et le brevet militaire de Chérubin qu’il a trouvé. Figaro improvise et dit que c’est lui qui a sauté par la fenêtre. Le comte, confus, doit se plier à ce mensonge bien construit.
Marceline revient pour réclamer Figaro, ce qui ajoute un nouveau suspense. Bazile est envoyé chercher des autorités pour régler la situation.
La comtesse et Suzanne décident que, puisque le rendez-vous de Chérubin est compromis, c’est la comtesse qui ira sous l’identité de Suzanne.
Nous sommes dans la salle du trône où le comte, furieux et méfiant, convoque Figaro pour tenter d’obtenir des réponses sur son intrigue. Figaro, calme et rusé, joue un double jeu, se moquant ouvertement du comte tout en feignant l’ignorance.
Brid’oison, le juge comique, arrive avec son langage maladroit, tentant d’arbitrer un procès ridicule où Marceline réclame Figaro comme époux, car un contrat signé lie Figaro à elle — surprise : Figaro risque d’être empêché de se marier avec Suzanne !
Bartholo intervient aussi dans ce procès, en appui à Marceline, ce qui ajoute au comique et à la confusion.
Les débats sont une parodie des procès de l’époque, ridiculisant la justice.
Finalement, Figaro demande que le contrat soit exécuté, mais demande d’abord à prouver qu’il est bien l’homme lié à Marceline.
Les révélations commencent à émerger peu à peu…
Les révélations s’enchaînent : Figaro découvre qu’en réalité Marceline est sa mère biologique, ce qui bouleverse les relations. Bartholo, aussi, est impliqué dans ce secret.
Pendant ce temps, la comtesse prépare son déguisement pour le rendez-vous avec le comte.
Chérubin, toujours vif et amoureux, essaie de profiter des occasions mais est encore source de complications.
La scène fourmille de dialogues rapides, de mouvements, et de rebondissements.
Le comte, dupé par la comtesse déguisée en Suzanne, est pris à son propre jeu.
Dans une scène finale pleine de tension et de rires, Figaro dénonce les travers de la noblesse, réclame justice et égalité.
Le comte finit par renoncer à ses prétentions sur Suzanne.
Le mariage de Figaro et Suzanne peut enfin avoir lieu.
Les personnages retrouvent leur place, les malentendus sont dissipés, et la comédie se termine sur une note de réconciliation et d’espoir.
La lutte des classes : le valet Figaro défie le Comte, dénonçant les privilèges et injustices.
L’amour et le mariage : les conflits amoureux, jalousies, fidélité et libertinage s’entremêlent.
La justice corrompue : caricature d’une justice arbitraire, à travers le procès ridicule de Figaro.
Le déguisement et le jeu des identités : les personnages se travestissent, créant des quiproquos comiques et critiques.
La condition féminine : la Comtesse et Suzanne sont victimes mais aussi actrices de leur destin.
La satire politique : la pièce critique subtilement la noblesse et ses abus, annonçant les idées révolutionnaires.