Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, naît en 1622 à Paris et meurt en 1673. Il appartient au XVIIᵉ siècle, période souvent associée au classicisme, à l’ordre, à la règle et à l’autorité monarchique. Pourtant, Molière occupe une place à part : il est à la fois un homme de théâtre, un acteur, un directeur de troupe et un écrivain profondément critique envers la société de son temps.
Comprendre Molière, c’est comprendre que le théâtre n’est pas seulement un divertissement 🎭. Pour lui, la scène est un lieu où l’on observe les hommes, leurs défauts, leurs contradictions et leurs illusions. Son théâtre fait rire, mais ce rire est toujours porteur de réflexion.
Jean-Baptiste Poquelin naît dans une famille bourgeoise. Son père est tapissier du roi, ce qui lui offre une position sociale stable. Pourtant, Molière renonce à cette sécurité pour se consacrer au théâtre, un choix risqué à l’époque. Ce choix révèle déjà un trait essentiel de sa personnalité : l’indépendance d’esprit.
Il fonde très jeune sa propre troupe et connaît des débuts difficiles. Pendant plusieurs années, il parcourt les provinces françaises avec ses comédiens. Cette expérience est fondamentale, car elle lui permet d’observer toutes les classes sociales, leurs manières de parler, leurs comportements et leurs travers 👀. Ces observations nourriront directement ses pièces.
De retour à Paris, Molière bénéficie de la protection du roi Louis XIV, ce qui lui permet de jouer à la cour et de faire représenter ses œuvres. Cette relation avec le pouvoir est complexe : elle lui offre une liberté de création, mais l’expose aussi à de violentes critiques, notamment de la part des milieux religieux et conservateurs.
Molière écrit des comédies, mais ces comédies ne sont jamais de simples farces. Elles mettent en scène des personnages types, reconnaissables, qui incarnent des défauts humains universels : l’avarice, l’hypocrisie, la jalousie, la vanité, l’autoritarisme.
📖 Son théâtre repose sur plusieurs formes :
la farce, héritée de la tradition populaire,
la comédie de caractère, centrée sur un défaut dominant,
la comédie de mœurs, qui critique les comportements sociaux.
Ces formes se combinent pour créer un théâtre à la fois drôle et profondément critique.
Le théâtre de Molière explore des thèmes essentiels, toujours liés à la société de son temps, mais encore très actuels.
✨ Parmi les thèmes majeurs :
la critique de l’hypocrisie, notamment religieuse et morale,
la dénonciation des abus d’autorité, en particulier dans la famille,
la place des femmes et la question du mariage,
le conflit entre raison et passion.
Molière montre que les défauts humains ne sont pas seulement ridicules : ils peuvent être dangereux lorsqu’ils deviennent excessifs.
Chez Molière, le rire n’est jamais gratuit. Il sert à corriger les mœurs, selon une formule célèbre : « le rire corrige les mœurs ». En faisant rire le spectateur, Molière l’amène à réfléchir sur lui-même et sur la société.
🧠 Comment fonctionne ce rire ?
par l’exagération des défauts,
par les situations comiques,
par le langage (répétitions, contradictions, maladresses),
par le décalage entre ce que le personnage croit être et ce qu’il est réellement.
Le spectateur rit, mais il se reconnaît aussi dans les personnages.
Le style de Molière est marqué par une grande vivacité. Les dialogues sont rapides, naturels, proches de la langue parlée. Il utilise aussi bien la prose que les vers, selon l’effet recherché.
🎭 Son écriture théâtrale se caractérise par :
des répliques courtes et efficaces,
un langage adapté à chaque personnage,
une construction dramatique claire.
Cette clarté rend ses pièces accessibles à tous les publics, ce qui explique leur succès durable.
Certaines pièces de Molière provoquent de violentes polémiques, notamment Tartuffe, accusée d’attaquer la religion. Molière ne critique pas la foi, mais l’hypocrisie de ceux qui l’utilisent pour dominer les autres.
👉 Cette distinction est essentielle pour comprendre son œuvre : Molière ne rejette pas les valeurs morales, il dénonce leur détournement.