Le marivaudage est un terme qui désigne un style de langage subtil, raffiné et parfois un peu complexe, utilisé par l’écrivain Marivaux dans ses œuvres. Ce terme est souvent associé à des échanges verbaux délicats et recherchés, où les personnages jouent avec les mots et les sentiments, tout en exprimant des émotions ambiguës. Les dialogues en marivaudage sont caractérisés par une grande finesse psychologique, où les intentions des personnages ne sont jamais pleinement claires, et où l’amour est souvent traité sous forme de jeu, de manipulation ou de dissimulation.
Dans Le Jeu de l’amour et du hasard :
Les personnages se déguisent et se cachent sous des fausses identités, et leurs échanges deviennent une danse subtile de déclarations et de répliques indirectes. Par exemple, Silvia, qui se fait passer pour une servante, parle à son prétendant Dorante avec des sous-entendus qui créent une tension délicieuse : « Vous me parlez comme si je ne devais pas vous aimer… et vous vous trompez, je vous l’assure ! » Ce type de langage joue sur l’ambiguïté et l’art du non-dit.
Dans Les Fausses Confidences :
Le personnage d’Araminte est manipulée par le valet Dubois, qui utilise des paroles subtiles pour la convaincre de l’amour de son prétendant Dorante. Le dialogue entre Araminte et Dorante est riche en allusions et en sous-entendus : « Si vous m’aimez, dites-le simplement, mais ne me le faites pas deviner ! ». L’art du marivaudage se trouve dans cette hésitation, ce jeu de questions et de réponses où les sentiments sont cachés derrière des couches de mots.
Le marivaudage crée ainsi un univers de conversation élégante et parfois ludique, où les personnages, souvent dans des situations amoureuses ou sociales complexes, dissimulent ou déjouent leurs véritables intentions, rendant les échanges pleins de charme et de tension.