Électre, une pièce de théâtre écrite par Jean Giraudoux en 1937, s'inspire du mythe d'Électre, un personnage tragique de la mythologie grecque, mais dans une version modernisée et profondément marquée par les préoccupations contemporaines. La pièce revisite les thèmes classiques de la vengeance, du destin et de la justice, tout en explorant des questions psychologiques et philosophiques. Voici un résumé acte par acte et scène par scène de cette œuvre.
Scène 1 : Le décor et l'atmosphère La scène d'ouverture se déroule dans le palais d'Agamemnon, où l'on entend les voix de l'orchestre. Le décor est moderne, mais le temps semble suspendu, entre le passé et le présent, et une ambiance de fatalité pèse sur les lieux.
Scène 2 : Le dialogue entre Électre et le Chœur Électre, la fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, est profondément marquée par la mort de son père et l'assassinat de ce dernier par sa propre mère. Elle vit dans la solitude et dans la haine envers sa mère, qu'elle considère comme une traîtresse. Le Chœur, composé de vieilles femmes d'Argos, qui représentent à la fois des témoins du passé et des commentatrices des événements, lui rappelle l'histoire tragique de sa famille et les raisons de sa douleur.
Scène 3 : La réflexion d'Électre Électre se confie au Chœur et exprime son désir de vengeance contre sa mère, Clytemnestre. Elle rêve de retrouver son frère, Oreste, pour accomplir la vengeance de leur père. La scène met en lumière la tension entre la justice personnelle d'Électre et les lois divines du destin.
Scène 1 : Le retour d’Oreste Oreste revient en Grèce après de longues années d'absence. Il a été élevé en exil, loin de sa sœur Électre, et revient pour venger la mort de son père. Il rencontre son ami Pylade, qui l’accompagne dans sa quête de vengeance. Ils discutent de la situation familiale et de l’injustice faite à leur père. La scène met en valeur le dilemme moral d'Oreste, qui est déchiré entre l’amour filial et le devoir de venger son père.
Scène 2 : La rencontre avec Électre Oreste retrouve Électre, qui l’a reconnu immédiatement. Les deux enfants se retrouvent dans une scène poignante où ils parlent de leur passé commun et de la souffrance qu'ils ont vécue depuis la mort de leur père. Cette scène de retrouvailles est marquée par une intensité émotionnelle, mais aussi par un sentiment de fatalité. Ils échangent sur leurs désirs respectifs, et Électre voit en son frère le moyen de mettre fin à l’oppression maternelle.
Scène 3 : La décision fatale Dans cette scène, Électre et Oreste discutent plus en détail de la vengeance qu'ils souhaitent accomplir. Électre met en lumière son désir absolu de justice, tandis qu'Oreste, bien que troublé par la violence de l'acte, accepte finalement de participer à l'assassinat de leur mère. La scène illustre la tension intérieure des personnages, qui se trouvent coincés entre leur devoir familial et les normes morales qui les tourmentent.
Scène 1 : L’assassinat de Clytemnestre La scène la plus tragique de la pièce se déroule ici : Oreste, avec l’aide de Pylade, tue sa mère, Clytemnestre. Cette scène est marquée par la violence de l’acte et le poids du destin. Clytemnestre, bien qu’elle soit la responsable du meurtre d’Agamemnon, ne semble pas être une victime idéale à venger. Le meurtre est donc ambigu, car il interroge sur la justice et la légitimité de la vengeance.
Scène 2 : La culpabilité et la folie d’Oreste Après le meurtre de Clytemnestre, Oreste est submergé par un sentiment de culpabilité. Le Chœur, qui représente la société et les voix de la conscience collective, l'accuse et le harcèle. Il est désormais hanté par les Furies, des déesses de la vengeance, qui viennent le poursuivre. La scène montre comment l’accomplissement de la vengeance ne mène pas à la paix, mais à la folie et à la destruction intérieure.
Scène 3 : La fin tragique La dernière scène est une confrontation entre Électre et Oreste, où ils sont confrontés à la tragédie de leurs actes. Électre, qui a longtemps rêvé de vengeance, ne trouve aucune satisfaction dans la mort de sa mère. Au contraire, elle réalise que la violence ne ramène pas la paix et que la vengeance n’efface pas les souffrances. Oreste, de son côté, est tourmenté par sa folie. La pièce se termine sur un sentiment de désillusion et de défaite, marquant la fin d’une quête de justice et de rédemption.
Électre Électre est la protagoniste tragique de la pièce. Fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, elle incarne la figure de la vengeance, mais aussi la douleur du deuil et la perte. Elle vit dans un désir obsessionnel de justice, mais cette quête de vengeance la mène finalement à la solitude et à la destruction. Son personnage soulève des questions sur la moralité et les conséquences de l'action.
Oreste Oreste, le frère d’Électre, est celui qui va accomplir la vengeance qu’elle souhaite tant. Il est également un personnage tragique, déchiré entre le devoir filial et les répercussions de l’acte qu’il accomplit. Son dilemme moral est central dans la pièce, et sa culpabilité après le meurtre le mène à la folie.
Clytemnestre Clytemnestre, la mère d'Électre et d'Oreste, est une figure ambivalente. Bien qu’elle soit responsable du meurtre de son mari, Agamemnon, elle n'est pas seulement une "méchante" dans cette pièce. Elle incarne la complexité des motivations humaines et la tragédie de son propre destin. Sa mort, bien que méritée selon la logique des personnages, ne soulage pas la souffrance de ses enfants.
Le Chœur Le Chœur est constitué de femmes âgées d'Argos. Elles incarnent la voix de la société, de la tradition et de la conscience collective. Elles commentent les événements de la pièce, tout en exprimant les valeurs et les préoccupations morales du public. Le Chœur reflète l’ambiguïté de la justice et de la vengeance, et son rôle est essentiel pour apporter une perspective sur les actions des personnages.
Électre de Jean Giraudoux est une relecture moderne du mythe antique, où l’auteur explore les thèmes de la vengeance, de la justice, et de la fatalité avec une grande profondeur psychologique. La pièce met en scène des personnages qui, dans leur quête de justice, se confrontent à la violence de leurs actes et à la souffrance qu'ils engendrent. Giraudoux interroge ainsi les notions de justice divine et humaine, tout en offrant une réflexion sur la condition humaine et la manière dont les individus se confrontent à leur destin.