Le Barbier de Séville ou La Précaution inutile est une comédie en quatre actes écrite par Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Créée en 1775, cette œuvre est la première partie d’une trilogie célèbre — suivie par Le Mariage de Figaro (1784) et La Mère coupable (1792).
Cette pièce mêle intrigue amoureuse, déguisements et coups de théâtre, dans un ton vif et satirique. Beaumarchais y critique la noblesse et ses privilèges, valorise la ruse du valet (Figaro), et joue sur les travers sociaux et humains de l’époque.
Lieu : Rue de Séville
Le Comte Almaviva, amoureux de Rosine, se fait passer pour un étudiant nommé Lindor.
Il rencontre son ancien valet, Figaro, un homme plein de malice et d’audace, qui lui propose son aide pour conquérir Rosine.
Rosine est pupille et prisonnière d’un tuteur autoritaire, Bartholo, qui veut l’épouser lui-même.
Figaro imagine un plan : le Comte se déguisera pour approcher Rosine, pendant que Figaro s’introduira chez Bartholo grâce à ses services de barbier/médecin.
Le Comte et Rosine échangent une romance à la fenêtre, révélant leurs sentiments.
Rosine écrit une lettre à Lindor (le Comte déguisé). Figaro lui promet de lui remettre.
Bartholo, jaloux et suspicieux, prépare un mariage forcé avec Rosine dès le lendemain.
Bazile, un maître de musique et complice de Bartholo, suggère la calomnie pour éloigner Almaviva.
Le Comte déguisé en soldat tente une intrusion pour remettre une lettre à Rosine mais Bartholo le repousse.
Rosine feint une colère puis échange la lettre d’Almaviva contre celle d’un cousin, empêchant Bartholo de découvrir la vérité.
Le Comte revient déguisé en maître de chant, Alonzo, remplaçant Don Bazile malade.
Rosine, d’abord méfiante, le reconnaît bientôt et accepte les leçons.
Figaro intervient, provoque la sortie de Bartholo pour éviter la découverte.
Don Bazile est soudoyé par Figaro et expulsé, permettant à la supercherie de continuer.
Bartholo, aidé de Bazile, fixe la date du mariage avec Rosine.
Figaro bloque le notaire en le faisant croire à un autre mariage.
Bartholo dévoile à Rosine la véritable identité de Lindor et lui montre sa lettre, ce qui la pousse à vouloir épouser Bartholo par dépit.
Figaro et Almaviva, montés chez Rosine, la convainquent de la vérité et de l’amour sincère du Comte.
La cérémonie de mariage est signée juste avant l’arrivée de Bartholo.
Bartholo est chassé par la police, impuissante face à la noblesse du Comte.
L’amour triomphe et le Comte épouse Rosine.
Jeune noble, amoureux sincère et passionné de Rosine.
Rusé, il se déguise pour éviter la surveillance du tuteur et conquérir sa bien-aimée.
Symbole de la noblesse éclairée, mais ridiculisée dans ses tentatives maladroites.
Ancien valet du Comte, barbier de métier, mais aussi homme d’esprit, dramaturge, apothicaire improvisé.
Personnage central, maître de la ruse et des situations comiques.
Défenseur des classes populaires et critique de la noblesse.
Sa vivacité, son sens de la stratégie et son humour animent toute la pièce.
Orpheline et pupille de Bartholo, jeune femme vive, intelligente, mais retenue contre son gré.
Elle aime Almaviva et participe activement à la comédie, jouant la séductrice et la malicieuse.
Incarnation de la jeunesse et de la liberté face à l’autorité étouffante.
Vieillard jaloux et possessif, tuteur de Rosine, qui souhaite l’épouser.
Figure du barbon ridicule, de l’autoritarisme maladroit.
Antagoniste principal, il symbolise la vieille société, figée et conservatrice.
Maître de musique, complice de Bartholo, intéressé et souvent comique.
Personnage secondaire mais essentiel aux intrigues et rebondissements.
La lutte entre la jeunesse et la vieillesse : La jeunesse (Rosine, Almaviva) contre la vieille garde (Bartholo).
La ruse contre la force brute : Figaro incarne l’intelligence populaire qui dépasse les privilèges nés du rang social.
La satire sociale : Critique de la noblesse et des barbons ridicules, mise en lumière des abus de pouvoir.
L’amour et la liberté : L’amour sincère triomphe des contraintes sociales et de la tyrannie du tuteur.
Le comique sous toutes ses formes : comique de situation, de caractère, de langage, de geste.
Un rythme vif et des dialogues brillants : la pièce est ponctuée d’échanges pleins d’esprit, de quiproquos et d’improvisations.
Un héros populaire : Figaro, qui incarne la vivacité et la subversion, un personnage à la fois drôle et intelligent, qui incite à réfléchir sur la société.
Une intrigue pleine de surprises où les déguisements et les malentendus rythment l’action avec une légèreté réjouissante.
Un regard critique et engagé, mêlé à une farce burlesque, ce qui a rendu la pièce célèbre et toujours actuelle.