"Terribles", "bouleversants", "horribles", etc.
Nous connaissons "enfin" les "détails" sur l'agonie de Gene, comédien étatsunien, et surtout représentant de notre espèce. Enfin — en fin de vie —, nous savons tout. Ou, plus précisément, nous ne savons rien.
Le charognard, tel le vautour ou la hyène, ne s'intéresse que par instinct à la viande, même la plus putride, parce que lui, l'animal, doit se conserver pour vivre. C'est là son "Conatus", comme nous le révèle Spinoza : le charognard persévère dans son être. Qu'en est-il de l'homme lorsqu'il se repaît des "détails" de la mort de l'un des siens ?
Notre concupiscence ne nous donne accès — et d'ailleurs de quel droit ? — qu'aux éléments physiques, issus de l'autopsie du cadavre tant convoité de l'acteur. Mais nous n'apprendrons rien sur ses dernières émotions éprouvées, sur ses pensées ultimes.
Et peut-être préférons-nous cela, car ainsi nous pouvons imaginer mourir par substitution, mettre en scène notre propre agonie, sans débourser un centime de notre si précieuse existence. "C'est sans danger", répète inlassablement le médecin nazi de Marathon man. Bon an mal an, nous vivons de la mort, et elle nous le rend bien, et même au centuple.
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Source :
Patrick Moulin, MardiPhilo, avril 2025.
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