Il y a trois parties de la philosophie : la physique, l’éthique et la dialectique ; la physique a pour sujet le monde et les êtres qu’il contient ; l’éthique a pour sujet la vie et les affaires qui nous concernent ; la dialectique est la partie qui s’occupe des raisonnements (mis en œuvre par les) deux autres parties. Et jusqu’à Archélaos il y avait l’espèce physique ; à partir de Socrate, il y eut [...] l’espèce éthique ; à partir de Zénon d’Élée, l’espèce dialectique. Livre I, 18.
[...] il ne peut y avoir de propositions éthiques. Les propositions ne peuvent rien exprimer de Supérieur. 6.42.
Il est clair que l’éthique ne se laisse pas énoncer. L’éthique est transcendantale. [...] 6.421.
La première pensée qui vient en posant une loi éthique de la forme : “Tu dois…” est la suivante : et qu’en sera-t-il donc si je ne fais pas ainsi ? Il est pourtant clair que l’éthique n’a rien à voir avec le châtiment et la récompense au sens usuel. Cette question touchant les conséquences d’un acte est donc sans importance. [...] Il doit y avoir, en vérité, une espèce de châtiment et une espèce de récompense éthiques, mais ils doivent se trouver dans l’acte lui-même. 6.422.
Mais une religion absente ne saurait décharger l’éthique de sa tâche ; et alors qu’on peut dire de la première qu’elle existe ou qu’elle n’existe pas comme un fait exerçant une influence déterminante sur les hommes, il faut dire de l’éthique qu’elle doit exister. Elle doit exister parce que les hommes agissent et l'éthique est là pour ordonner les actions et pour réguler le pouvoir d’agir. I, IX.
[...] la responsabilité est un corrélat du pouvoir de sorte que l’ampleur et le type du pouvoir déterminent l’ampleur et le type de la responsabilité. Si le pouvoir et son exercice courant croissent au point d’atteindre certaines dimensions, ce n’est pas seulement la taille mais également la nature qualitative de la responsabilité qui se transforme de telle sorte que les actes du pouvoir engendrent le contenu du devoir, que donc celui-ci est essentiellement une réponse à ce qui arrive. [...] Kant disait : “Tu dois, donc tu peux.” Nous devons dire aujourd’hui : Tu dois, car tu fais, car tu peux”, autrement dit ton pouvoir exorbitant est déjà à l’œuvre. IV, VI, 5.
La présente étude se bornera à établir la primauté de l’éthique sur la morale, c’est-à-dire de la visée sur la norme. [...] Appelons “visée éthique” la visée de la “vie bonne” avec et pour autrui dans des institutions justes. [...] La “vie bonne” est ce qui doit être nommé en premier parce que c’est l’objet même de la visée éthique. Septième étude. Le soi et la visée éthique.
Science de la morale, philosophie morale, morale appliquée. La morale commande en distinguant le bien et le mal ; l’éthique vise à atteindre le bon en tentant de le distinguer du mauvais. La morale prescrit un ordre impératif qui oblige ; l’éthique délibère et vise à mettre en ordre qui harmonise.
Bas latin ethicus, -ca, moral, du grec êthikhos, êthikê, de êthos, mœurs. Désigne la science de la morale.
[Ethica :] Éthique, morale (partie de la philosophie).
[Ethicos :] En morale, moralement.
[Ethicus :] Qui concerne la morale, moral.
Science ayant pour objet le jugement d’appréciation en tant qu’il s’applique à la distinction du bien et du mal.
Historiquement, le mot Éthique a été appliqué à la Morale sous toutes ses formes, soit comme science, soit comme art de diriger la conduite. [...]
Il semble qu’il y a ici trois concepts distincts à séparer :
1° La Morale, c’est-à-dire l’ensemble des prescriptions admises à une époque et dans une société déterminée, l’effort pour se conformer à ces prescriptions, l’exhortation à les suivre.
2° La science de fait ayant pour objet la conduite des hommes [...], abstraction faite des jugements d’appréciation que portent les hommes sur cette conduite. Nous proposons de la nommer Éthographie ou Éthologie.
3° La science qui prend pour objet immédiat les jugements d’appréciation sur les actes qualifiés bons ou mauvais. C’est ce que nous proposons d’appeler Éthique. [...]
Sans doute, il arrive qu’en fait, les questions de Morale et celles d'Éthique, ainsi définies, sont souvent mêlées ; mais cela n'exclut pas une distinction très nette de leurs définitions.
Le mot est synonyme de morale, philosophie morale. Les distinctions proposées sont arbitraires et souvent contradictoires. Tantôt l'éthique est donnée comme plutôt théorique, tantôt comme plutôt appliquée. [...]
Éthique professionnelle, synonyme de déontologie.
Le terme désigne ou bien la morale, ou bien la théorie de la morale, ou bien encore la morale appliquée. En ce dernier sens, l'expression d’“éthique appliquée” est redondante. Les principaux domaines de l’éthique appliquée sont la bioéthique et l’éthique de l’environnement.
Alors que la morale énonce des obligations et des interdits absolus, l'éthique s’inscrit dans le relativisme des choses bonnes ou mauvaises.
Science qui traite des principes régulateurs de l’action de de la conduite morale.
Éthique + adjectif déterminatif. Cette science envisagée sous un aspect particulier. Éthique kantienne, personnelle, politique.
Par extension. Manière d’envisager la réalité en tirant d’elle des valeurs normatives liées à l’esthétique.
Réflexion relative aux conduites humaines et aux valeurs qui les fondent, menée en vue d'établir une doctrine, une science de la morale.
Ensemble des principes moraux qui s’imposent aux personnes qui exercent une même profession, qui pratiquent une même activité.
Vertu, Morale, Déontologie.
Patrick Moulin, MardiPhilo, août 2024.
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