René Descartes naît le 31 mars 1596 à La Haye, village situé en Touraine, qui a pris le nom de Descartes en 1967, en hommage au philosophe. Il est le troisième enfant d’une famille de gentilshommes : son père, Joachim Descartes, est conseiller au Parlement de Bretagne. La famille dispose d’une fortune qui va permettre à René de consacrer la majorité de son temps à son projet de science universelle et à la philosophie. Sa mère, Jeanne Brochard, meurt d'une fièvre puerpérale (maladie infectieuse suite à l'accouchement) le 13 mai 1597. Voici comment l’abbé Baillet, son historien, décrit la santé de René Descartes, ainsi que sa vision de la médecine :
II regardait la santé du corps comme le principal des biens de cette vie après la vertu. Il ne l'avait pas reçue fort entière en naissant, et elle lui fut assez mal conservée tant qu'il fut soumis à la conduite des médecins. Il avait été travaillé durant son enfance d'une toux sèche qu'il avait héritée de sa mère, et il fut fort infirme jusqu'à l'âge de 13 ans. / A l'âge de 19 ou 20 ans, il se crut assez habile pour prendre lui-même l'administration de sa santé, et il se passa de médecin jusqu'à sa maladie mortelle. Il avait aversion non seulement des charlatans, mais des drogues des apothicaires et des empiriques, et il prit un train de vie si égal et si uniforme qu'il ne fut jamais malade que de la cause étrangère qui le fit mourir en Suède. Cité dans l’article de X. D’Haucourt (Cf. bibliographie).
En 1604, Descartes est placé à huit ans au collège des Jésuites qui vient d’ouvrir à La Flèche (dans le département de la Sarthe). Il y étudie durant huit à neuf ans, puis obtient son baccalauréat et sa licence en droit en 1616 à Poitiers.
De 1618 à 1628, Descartes mène d’abord une carrière militaire dans l’armée de Hollande jusqu'en 1622. Il s’intéresse aux questions scientifiques, mathématiques et philosophiques. En 1619, il fait un songe prophétique (voir “Histoires particulières”) et découvre “les fondements d’une science admirable”. Il passe l’hiver en Allemagne “enfermé seul dans un poêle” (Discours de la méthode, II) et commence à élaborer son projet d’une science universelle et d’une méthode “pour chercher la vérité dans les sciences”. Il voyage en Italie, puis revient en France.
En 1629, il s’installe en Hollande pour une vingtaine d’années. Il poursuit des recherches dans différents domaines : optique, mathématiques, physique, métaphysique, etc. Vers 1627 ou 1628, il rédige les Règles pour la direction de l’esprit, ouvrage inachevé. Il commence en 1632-1633 la rédaction du traité du Monde, qui comprend le Traité de l’Homme. Il renoncera à publier ce traité en apprenant la condamnation de Galilée en 1633. Il publie de manière anonyme le Discours de la méthode en 1637.
En juillet 1635, naît Francine, fille de René Descartes et d'Hélène Jans, une servante. La seule fille de Descartes mourra à l’âge de cinq ans, en 1640. Un mois plus tard, c'est son père Joachim qui mourra.
En 1639, il commence à rédiger en latin les Méditations métaphysiques. L’ouvrage sera publié pour la première fois en 1641, suivi en 1647 de la publication en français. La même année seront publiés, en français également, les Principes de la philosophie (publiés auparavant en latin en 1644). En 1649 paraît le traité des Passions de l’âme, dernier ouvrage publié de son vivant. La même année, il part en Suède, à l’invitation de la reine Christine.
Descartes meurt à 54 ans le 11 février 1650 à Stockholm, d’une infection de ce poumon déjà altéré dès sa naissance. Et c’est peut-être la soif de connaissance qui a pu jouer un tour à celui qui avait pour projet de fonder une science universelle.
L’auteur du Discours de la méthode dormait volontiers douze heures par jour, la reine [Christine de Suède] était plus ou moins insomniaque. Une nuit, en plein hiver, elle fit venir Descartes pour un problème de mathématiques. Le philosophe, qui avait prévu qu’en se soignant convenablement lui-même, l’homme pourrait vivre si vieux qu’il en deviendrait immortel, attrapa froid et ne se rétablit pas. C. Godin, La Philosophie pour les Nuls.
S’il n’y avait qu’un mot à retenir de la doctrine de Descartes, il serait en latin : c’est le Cogito. C’est le premier principe de la philosophie cartésienne : je pense, donc je suis, donc j’existe. C’est la première certitude éprouvée par Descartes. Il l’énonce de deux façons différentes : “Je pense donc je suis” en français dans la quatrième partie du Discours de la méthode, “Ego cogito, ergo sum” en latin dans les Principes de la philosophie ; “Je suis, j'existe”, dans la seconde partie des Méditations métaphysiques.
Le Cogito (l’acte de penser) vient après l’Ego (le “Je” qui pense) : la philosophie de Descartes est une philosophie du sujet, de la conscience de soi. C’est une philosophie rationaliste : c’est la raison, le propre de l’homme, qui guide Descartes. Il appelle aussi la raison la “lumière naturelle”, pour la distinguer de la “lumière surnaturelle” liée à la révélation dans la religion.
La philosophie de Descartes est rationaliste, mais sa métaphysique se fonde sur la religion chrétienne. Dieu existe, et il le prouve de deux façons. La première preuve est a posteriori. Nos pensées prennent la forme d’idées, que Descartes classe en trois catégories : les idées qui nous viennent de l’extérieur, pas nos sens ; les idées factices élaborées par notre propre esprit ; les idées “nées avec moi” (Méditations, III, nous dirions aujourd’hui “innées”), que Dieu a créées dans notre esprit. Ces idées innées sont les seules vraies, claires et distinctes : l’idée de Dieu, d’un être souverainement parfait, infini. Elles sont la preuve de l’existence de Dieu, seule cause des effets que sont les idées vraies. La Seconde preuve est a priori. Si Dieu est un être souverainement parfait, il possède toutes les perfections. La faculté d’exister est une perfection, donc Dieu la possède comme toutes les autres perfections. Dieu existe par son essence d’être parfait : c’est la preuve ontologique de l’existence de Dieu (du grec ontos, être ; c’est ainsi que Kant la dénomme, et la critique).
Descartes a le “projet d’une Science universelle qui puisse élever notre nature à son plus haut degré de perfection” (c’est le titre qu’il envisage un temps pour le Discours de la méthode). Cette connaissance universelle vise à unifier les diverses sciences, afin d’être le plus utile au “bien général de tous les hommes” (Discours, VI). C’est l’allégorie de l'arbre de la philosophie.
Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences, qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale ; j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse. Descartes, Lettre-Préface des Principes de la philosophie.
Ce projet, malgré sa composante métaphysique chrétienne, se heurte au contexte religieux de l’époque. L’Église condamne Galilée en 1633 pour hérésie, ce qui a pour effet sur Descartes de le faire renoncer à publier son traité du Monde, et de faire naître en lui une crainte de la censure et extrême prudence vis-à-vis des “doctes” de la Scolastique, qui se traduisent dans ses oeuvres par de multiples exposés de raisons qui le conduisent à présenter ou non ses thèses et ses découvertes.
Il exposera ainsi dans la cinquième partie du Discours de la méthode sa théorie d’un monde né à partir d’un chaos, et se composant peu à peu selon les lois naturelles, en lui donnant toute l’apparence d’une fable. Cette théorie s’oppose à la Genèse de la Bible, où Dieu crée le monde en sept jours, en lui donnant d’emblée son aspect définitif. Il présente par ailleurs (et peut-être par sécurité personnelle) la version officielle des théologiens sous la forme de la thèse de la “création continuée” : Dieu crée tout ce qui est lors de la Genèse, et le conserve par la suite de la même façon, en le créant à chaque instant, en continu.
Une méthode, quatre préceptes : quoi de plus simple pour atteindre la vérité ? Avant même d’user de la méthode, d’abord douter de tout : de ce que nous percevons par les sens, de tout ce qu’on nous a appris. Ce doute “hyperbolique” va jusqu’à douter, rien qu’un instant seulement au vu des risques de censure, de Dieu : c’est l'hypothèse rapidement évacuée du “Dieu trompeur”. Mais alors, qu’est-ce qui nous trompe ? Un Malin Génie ? En réalité, nous nous trompons tout seuls, et c’est même le signe de notre liberté. Dieu, toujours lui, a mis en nous la capacité de nous tromper : c’est pourquoi nous disposons du libre arbitre. Nous pouvons choisir comme bon nous semble, jusqu’à choisir n’importe quoi : c’est la liberté d’indifférence, le “plus bas degré de la liberté” (Méditations, IV). Le bon usage de ce libre arbitre, c’est-à-dire “l’attitude consistant à bien juger pour bien faire” est, selon Descartes, la vertu de générosité (S. Manon, Cf. bibliographie).
Et voilà la méthode pour appliquer bien son bon sens et découvrir l’indubitable, autrement la vérité. Quatre préceptes ou règles la composent :
Règle d’évidence : ne juger vrai que ce qui se présente clairement et distinctement à l’esprit ;
Règle d’analyse : décomposer le problème à résoudre jusqu'à parvenir à ses éléments les plus simples ;
Règle de la synthèse : recomposer les éléments en établissant des liens entre eux, selon l’ordre de la raison et non selon leur seul ordre naturel ;
Règle du dénombrement complet : vérifier que tout a bien été examiné de façon exhaustive.
Dans l’attente de découvrir la vérité sur tout, y compris sur “la plus parfaite morale”, “dernier degré de la sagesse”, il faut bien vivre. Descartes forme donc une “morale par provision” (Discours, III), provisoire comme son nom l’indique. Elle comprend trois maximes et une conclusion :
Obéir aux lois, aux coutumes, et à la religion ;
Être ferme et résolu dans l’action, en se fondant sur les opinions ayant le plus de probabilité d’être vraies (mise en veille du doute hyperbolique : l’action prime ici sur la connaissance) ;
“Tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l’ordre du monde” [cette troisième maxime rappelle la doctrine stoïcienne d’Épictète : "N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites; décide de vouloir ce qui arrive comme cela arrive et tu seras heureux.” (Manuel, VIII)] ;
Faire une revue des “diverses occupations qu’ont les hommes dans cette vie” et choisir les meilleures, pour pouvoir continuer à avancer vers la connaissance grâce à la raison (et à la méthode cartésienne, la quatrième maxime de la morale provisoire s’inspirant directement du quatrième précepte de la méthode).
L’autre élément majeur de la métaphysique de Descartes, après Dieu, est l’âme. Descartes est dualiste : il distingue l’âme, substance pensante, du corps, substance étendue. Pourtant, ces deux substances ne sont pas totalement séparées : “il ne suffit pas [que l’âme] soit logée dans le corps humain ainsi qu’un pilote en son navire” (Discours, VI). Les deux sont ainsi étroitement unies par l’intermédiaire d’une petite glande placée au milieu du cerveau : la glande pinéale. Celle-ci transmet des informations via les esprits animaux, similaires à un influx nerveux : l’âme (active) agit sur le corps en le faisant mouvoir, le corps agit sur l’âme (passive) en lui faisant éprouver des passions. Le pilote conduit le navire, mais est aussi sensible aux changements de ce dernier. Cette dissociation de l’âme et du corps peut nous faire naturellement juger que l’âme est immortelle : Descartes ne cherche pas à démontrer l’immortalité de l’âme comme une certitude.
Descartes se démarque comme souvent des Scolastiques adorateurs d’un Aristote formolisé. Le philosophe grec décrit l’âme sous trois formes : végétative (les plantes), sensitive (les animaux), rationnelle (l’homme). Pour le découvreur du Cogito [le mot à retenir !], seul l’homme dispose d’une âme, et elle est le siège de la raison. L’animal est comme une machine, il ne dispose pas de la raison. Descartes donne pour preuve le langage et de la communication : ni un perroquet, ni un singe n’égaleront l’homme le plus insensé ou l’enfant au cerveau troublé, pour communiquer de façon adaptée à n’importe quelle situation. Le langage, comme la raison, est le propre de l’homme. Le corps humain, séparé de l’âme, est également identique à une machine à la mécanique complexe. Seule l’âme pense.
L’âme qui pense, c’est l’esprit. Et Descartes démontre sa puissance à l’aide de deux exemples, décrits dans la deuxième Méditation. Enfermé seul dans un poêle (rassurez-vous, c’est le nom donné à l’époque à une pièce chauffée par l’appareil du même nom), Descartes examine un morceau de cire froid, puis observe les changements lorsqu’il l’approche du feu : sa perception lui montre deux objets très différents, par la couleur, la forme ou encore l’odeur, et pourtant c’est bien la même cire qui demeure dans ces deux objets. Descartes fait ensuite une expérience de pensée. Il regarde par la fenêtre des hommes qui passent dans la rue. Mais il ne voit que des chapeaux et des manteaux, qui pourraient tout aussi bien couvrir des spectres ou des automates mûs par des ressorts. S’il s’arrête à ce qu’il perçoit par les sens, donc par le corps, il ne peut pas juger avec certitude de ce qu’il voit, que ce soit le morceau de cire comme les automates chapeautés. Seule la puissance de juger de son esprit lui permet de savoir que c’est la même cire qui demeure, et que ce sont bien de vrais hommes qui passent dans la rue.
Le projet cartésien d’une Science universelle a donc pour finalité le “bien général de tous les hommes” (Discours, VI). Grâce aux connaissances acquises à l’aide de sa méthode, il espère passer d’une philosophie spéculative, figée par la Scolastique, à un savoir pratique qui pourrait “ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature” (Discours, VI). Il ne s’agit peut-être pas de parvenir à une domination totale de la nature dans son ensemble, illusoire comme nous le démontrent aujourd’hui les effets de l’activité humaine sur la planète. Descartes cible les progrès en santé, et cela a sans doute un lien avec sa propre constitution physique, fragile depuis la naissance (Cf. les éléments biographiques). Le développement des connaissances en médecine pourrait ainsi nous libérer “d’une infinité de maladies, tant du corps que de l’esprit, et même aussi peut-être de l’affaiblissement de la vieillesse” (Discours, VI). Descartes se veut utile à tous, “plus loin que le temps présent” (Discours, VI). Il y est parvenu, clairement et distinctement.
[Note : les éléments ci-après sont issus de l’ouvrage La vie de M. Descartes, d’Adrien de Baillet. Le récit des trois songes peut y être retrouvé in extenso (Cf. bibliographie.]
Au soir du 10 novembre 1619, Descartes s’endort plein de l’enthousiasme “d’avoir trouvé ce jour-là les fondements de la science admirable”. Sa nuit va être agitée à la hauteur de cette découverte, puisqu’il va faire trois songes consécutifs. Le premier songe le fait croiser des fantômes et se réfugier dans une église, poussé par le vent d’un “mauvais Génie”. Le second rêve le laisse épouvanté par un coup de tonnerre. Mais c’est le troisième songe qui va s’avérer prophétique.
Descartes rêve qu’il trouve d’abord un dictionnaire sur sa table. puis un recueil des Poésies de différents auteurs, intitulé Corpus poetarum. Par curiosité, il l’ouvre et tombe sur ce vers : “Quod vitae sectabor iter” [“Quel chemin suivrai-je en cette vie ?”]. Un homme lui présente une pièce en vers, commençant par “Est et Non”; puis il disparaît. Alors qu’il dort encore, Descartes doute de ce qu’il a vu, et décide d’interpréter son rêve, sans se réveiller.
Le dictionnaire représente “toutes les Sciences ramassées ensemble”. Le recueil de Poésies symbolise “la Philosophie et la Sagesse jointes ensemble”. Le vers “Quod vitae sectabor iter” figure la “Théologie Morale”.
Une fois réveillé, Descartes continue son interprétation. La pièce en vers correspond au Oui et Non de Pythagore, c’est-à-dire “la vérité et la fausseté dans les connaissances humaines et les sciences profanes”. Plus précisément, cela se réfère au chapitre XVII “Le Oui et le Non des Pythagoriciens” de la pièce Idylles d’Ausone, dont est aussi extrait le vers “Quod vitae sectabor iter” (chapitre XV, Cf. bibliographie).
Voyant que l'application de toutes ces choses réussissait si bien à son gré, il fut assez hardi pour se persuader que c'était l'Esprit de Vérité qui avait voulu lui ouvrir les trésors de toutes les sciences par ce songe. A. Baillet, Op. cit.
Dans ce songe, nous retrouvons le projet d’une Science universelle, unifiant toutes les sciences, accompagné d'une philosophie enfin réunie avec la sagesse, fondant une nouvelle morale, en accord avec la théologie. Par le vers d’Ausone, [“Quel chemin suivrai-je en cette vie ?”], l’Esprit de Vérité choisit Descartes, et lui montre la voie qu’il doit suivre désormais.
Signalons, pour l’anecdote, que le biographe de Descartes, ecclésiastique de son état, veut absolument préciser que cette révélation due “à la divinité de l’enthousiasme, et à la force de l'imagination" n’est aucunement liée à un excès de boisson au dîner. L’abus d’alcool est donc aussi dangereux pour la santé et la pensée du philosophe.
Cette dernière imagination tenait assurément quelque chose de l'enthousiasme, et elle nous porterait volontiers à croire que M. Descartes aurait bu le soir avant de se coucher. En effet, c'était la veille de Saint-Martin, au soir de laquelle on avait coutume de faire la débauche au lieu où il était, comme en France. Mais il nous assure qu'il avait passé le soir et toute la journée dans une grande sobriété, et qu'il y avait trois mois entiers qu'il n'avait bu de vin. Il ajoute que le Génie, qui excitait en lui l'enthousiasme dont il se sentait le cerveau échauffé depuis quelques jours, lui avait prédit ces songes avant que de se mettre au lit, et que l'esprit humain n'y avait aucune part… Ibid.
Le père de Descartes, Joachim, eut trois enfants issus de son premier mariage avec Jeanne Brochard. L’aîné, Pierre, devint conseiller au Parlement de Bretagne, comme son père. Jeanne, la seconde enfant, entra dans une famille de parlementaires par son mariage. René, le fils cadet, poursuivit ses études jusqu’à obtenir “ses grades en droit”. Mais il délaissa ensuite le droit pour s'intéresser aux sciences et à la philosophie, au grand dam de son père, qui déclara ceci à propos du projet de son fils d’écrire et de publier des livres.
“De tous mes enfants”, confessait-il avec quelque mélancolie, “je n'ai de mécontentement que d'un seul ! Faut-il que j'aie mis au monde un fils assez ridicule et futile pour écrire et se faire relier en veau !” Xavier d'Haucourt, Une dynastie de « non-originaires » au Parlement de Bretagne, la famille Des-Cartes (1585-1736), p. 417.
Pour le “rigoriste conseiller”, la publication en 1637 du Discours de la méthode en français et non dans le latin des doctes fut assurément un coup dur. Pourtant, quelques éléments semblent montrer l’attachement particulier que Joachim portait à son fils fragile, rebelle, mais si curieux de tout.
Malgré les précautions et les soins de sa nourrice et de son père, le jeune René n'avait qu'une santé faible et jusqu'à vingt ans il conserva un teint pâle et une toux sèche qui faisait mal augurer pour ses jours. / Mais cet enfant pâle et maladif avait un esprit à la fois vif et réfléchi; il demandait à chaque instant le pourquoi des choses, et son père ne l'appela bientôt plus que son petit philosophe. J. Millet, Histoire de Descartes avant 1637, p. 39.
Peut-être ce surnom affectueux joua-t-il un rôle inconscient dans le destin, et sur l’ego du futur découvreur du Cogito ? Toujours est-il qu’après son décès en 1640, le père n’ayant pas voulu “exclure l’enfant prodigue de sa succession”, René se trouva à la tête de sept à huit mille livres de rente, soit plus de 200 000 euros de nos jours, auxquelles s’ajouta une pension royale (d'Haucourt, Op. cit.). Descartes a pu ainsi disposer de tout son temps pour se consacrer pleinement à ses recherches dans les sciences et la philosophie.
René Descartes :
Règles pour la direction de l’esprit, Vrin.
Discours de la méthode, Livre de Poche.
Méditations métaphysiques - Objections et réponses, GF Flammarion.
Principes de la philosophie - Texte en ligne (Lettre-Préface et première partie).
Ausone, Idylles [pièce dont est extraite le vers du troisième songe de Descartes, “Quod vitae sectabor iter”, au chapitre XV “Imité du grec ; d’après les Pythagoriciens : sur l'incertitude où l'on est de choisir un état.”] Texte en français.
Adrien de Baillet, La vie de Monsieur Descartes. Extraits en ligne.
Émile Bréhier, Histoire de la philosophie.
Xavier d'Haucourt, Une dynastie de « non-originaires » au Parlement de Bretagne, la famille Des-Cartes (1585-1736).
Dominique Folscheid, Les grandes philosophies, Que sais-je ?
Christian Godin, La Philosophie pour les Nuls - De l'âge classique à nos jours, First Éditions.
Laurent Jaffro, Monique Labrune, Gradus philosophique, GF Flammarion.
Simone Manon [Philolog.fr], La vertu de générosité. ; Descartes: La morale provisoire. Discours de la méthode, III.
Louis-Marie Morfaux, Jean Lefranc, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines.
Patrice Rosenberg, La Philosophie - Retenir l’essentiel, Nathan.
Robert Silhol, Les rêves de Descartes.
Wikipédia : René Descartes ; Descartes (Indre-et-Loire) ; Joachim Descartes (père) ; Collège Henri-IV de La Flèche ; Adrien Baillet.
« De Socrate à Descartes - Philosophie - Fiches de lecture, tome 1 » Fichie n° 5 : Discours de la méthode, Descartes.
Patrick Moulin, MardiPhilo, août 2024.
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