J’aurais voulu premièrement y expliquer ce que c’est que la philosophie, en commençant par les choses les plus vulgaires, comme sont : que ce mot philosophie signifie l’étude de la sagesse, et que par la sagesse on n’entend pas seulement la prudence dans les affaires, mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l’homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les arts ; et qu’afin que cette connaissance soit telle, il est nécessaire qu’elle soit déduite des premières causes, en sorte que pour étudier à l’acquérir, ce qui se nomme proprement philosopher, il faut commencer par la recherche de ces premières causes, c’est-à-dire des principes ; et que ces principes doivent avoir deux conditions : l’une, qu’ils soient si clairs et si évidents que l’esprit humain ne puisse douter de leur vérité, lorsqu’il s’applique avec attention à les considérer ; l’autre, que ce soit d’eux que dépende la connaissance des autres choses, en sorte qu’ils puissent être connus sans elles, mais non pas réciproquement elles sans eux ; et qu’après cela il faut tâcher de déduire tellement de ces principes la connaissance des choses qui en dépendent, qu’il n’y ait rien en toute la suite des
déductions qu’on en fait qui ne soit très manifeste.
Ce qui est au commencement : la cause, la prémisse d'un raisonnement logique, la règle qui détermine une action.
Latin principium, "commencement".
[Principium :] 1. Commencement. 2. Ce qui commence. 3. Fondement, origine. 4. [militaire] Première ligne, front dune armée ; quartier général dans le camp ; officiers d'état-major.
Commencement, point de départ. [...] Le mot s'emploie surtout par métaphore, et quand il s'agit dun ordre idéal plutôt que d'une succession réelle. Il est un des plus fréquents de la langue philosophique. Spécialement :
1° Au point de vue de l'existence :
Source ou cause d'action, en tant que la cause est l'origine de l'effet. [...] Souvent appliqué en ce sens à la cause première ou aux causes premières des choses. Principe vital.
Par suite, et plus généralement : ce qui rend compte d'une chose, ce qui en contient ou ce qui en fait comprendre les propriétés essentielles et caractéristiques : "Le principe d'une institution". Quelquefois même le sens se matérialise, et principe devient alors synonyme d'élément composant et concret, dont les propriétés ou "vertus" expliquent celles du composé ; enfin, d'élément constitutif, au sens le plus général.
2° Au point de vue logique :
Proposition posée au début d'une déduction, ne se déduisant pas elle-même d'aucune autre dans le système considéré, et par suite, mise, jusqu'à nouvel ordre, en dehors de toute discussion. Dite aussi proposition première.
Plus généralement, on appelle "principes" d'une science l'ensemble des propositions directrices, caractéristiques, auxquelles tout le développement ultérieur doit être subordonné. Principe, en ce sens, et principal, éveillent surtout l'idée de ce qui est premier en importance, et dans l'ordre de l'assentiment, de ce qui est "fondamental". Très fréquent dans le titre d'ouvrages philosophiques.
3° Au sens normatif :
Règle ou norme d'action, clairement représentée à l'esprit, énoncée par une formule. [...] "En principe" se dit de ce qui doit être, conformément à une norme générale (mais annonce d'ordinaire qu'on va opposer à cette norme quelque exception justifiée ou tolérée).
Principe a le sens courant de commencement ("au principe"), d'idée directrice. En morale, le principe est une règle d'action. Un "homme à principes" s'en tient rigoureusement aux règles. En esthétique, norme ou règle admise dans une activité artistique.
Toute proposition admise par hypothèse et dont découlent par déduction les théorèmes. [...] En sciences humaines, direction donnée à la recherche à partir d'un choix théorique.
Premières causes ou fondements de la connaissance.
Le point de départ d'un discours ou d'un raisonnement qui détermine ce qui découle de lui. En sciences, le principe commande la démonstration sans pouvoir lui-même être démontré.
On accorde au principe une validité absolue, alors même qu'on ne pourrait pas l'établir par le raisonnement : ainsi la dignité est-elle un principe moral et politique. La relation du principe à sa (ou ses) conséquence(s) est volontiers comparé à celle de la cause à ses effets. Puisqu'il n'est pas démontrable, un principe n'est rigoureusement ni vrai ni faux.
Ce qui est premier dans l'ordre de l'existence (synonyme de cause), de la connaissance (synonyme de prémisse), de l'action (synonyme de règle). A partir du principe, on déduit rationnellement les conséquences.
Conséquence.
Patrick Moulin, MardiPhilo, septembre 2024.
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