Ils n’auraient pas su le nom de Justice si ces choses-là n’étaient pas. Fr. 23.
Pour Dieu, belles sont toutes choses, et bonnes et justes ; mais les hommes tiennent certaines pour injustes, d’autres pour justes. Fr. 102.
Nous observons que tout le monde entend signifier par justice cette sorte de disposition qui rend les hommes aptes à accomplir les actions justes, et qui les fait agir justement et vouloir les choses justes ; de la même manière, l’injustice est cette disposition qui fait agir injustement et vouloir les choses injustes. 1129 a.
Le juste, donc, est ce qui est conforme à la loi et ce qui respecte l’égalité, et l’injuste ce qui est contraire à la loi et ce qui manque à l’égalité. 1129 a-b.
Un acte est juste ou injuste en général dans la mesure où il est conforme ou contraire au devoir, le devoir lui-même pouvant alors, dans son contenu ou dans son origine, être de quelque espèce que ce soit.
Paul Valéry, Le cimetière matin
Ce toit tranquille, où marchent des colombes, / Entre les pins palpite, entre les tombes ; / Midi le juste y compose de feux / La mer, la mer, toujours recommencée !
Au midi de la pensée, le révolté refuse ainsi la divinité pour partager les luttes et le destin communs. Nous choisirons Ithaque, la terre fidèle, la pensée audacieuse et frugale, l’action lucide, la générosité de l’homme qui sait. Dans la lumière, le monde reste notre premier et notre dernier amour. Nos frères respirent sous le même ciel que nous, la justice est vivante. p. 381.
La justice est une valeur, une vertu, une institution. Avec une majuscule, la Justice est une allégorie.
La justesse est une qualité, une conformité à une norme.
Ce qui est juste est conforme à une norme, qu’elle soit religieuse, morale ou juridique. Une personne juste est celle qui juge autrui et lui-même impartialement. C’est aussi celle qui agit moralement, guidé par sa volonté.
Larousse étymologique
Latin justitia.
Gaffiot
[Justitia :] 1. Justice, conformité avec le droit. 2. Sentiment d’équité, de justice, esprit de justice.
Larousse étymologique
Latin justus, juste.
Gaffiot
[Justus :] 1. Qui observe le droit, juste. 2. Qui est conforme au droit, juste, équitable. 3. Juste, fondé, légitime. 4. Équitable, raisonnable. 5. Régulier, normal. 6. Qui convient, qui est bien.
Lalande
Caractère de ce qui est juste ; ce terme s’emploie très proprement, soit en parlant de l’équité, soit en parlant de la légalité.
Caractère de celui qui est juste [qui juge de ses rapports avec autrui comme il jugerait de deux personnes étrangères ; et qui, lorsqu’il juge entre plusieurs autres, ne se laisse guider par aucune faveur ni aucune haine préexistantes], [qui possède un bon jugement moral et la volonté de s’y conformer].
Acte ou décision servant à faire régner la justice.
Pouvoir judiciaire ; magistrats.
Morfaux
On ne confondra pas la justice comme a) idée, idéal, principe d’action, valeur ; b) vertu, disposition de l’homme juste ; c) institution, ensemble des tribunaux, des juridictions, qui rendent des décisions dites “de justice”. Beaucoup de faux problèmes naissent de leur confusion.
Godin
Le terme a deux sens selon qu’il renvoie à une institution ou à une valeur idéale.
En tant qu’institution (hommes de justice, palais de justice, décisions de justice…), la justice est l’expression du droit comme jugement et comme sanction.
En tant que valeur idéale, la justice est l’une des plus belles formes du bien collectif. Dans les sociétés anciennes, la justice correspondait au respect des hiérarchies. Dans les sociétés modernes, au contraire, elle est inséparable de l’égalité.
CNRTL
Principe moral impliquant la conformité de la rétribution avec le mérite, le respect de ce qui est conforme au droit.
Manière de concevoir, de promouvoir la justice ; sa mise en application.
Académie 9e édition
Principe par lequel on reconnaît ce qui est juste et conforme au droit ; exigence morale qui fait que l'on rend à chacun ce qui lui appartient, que l'on respecte les droits d'autrui.
Action de reconnaître le bon droit de quelqu'un, de lui accorder ce qu'il est juste qu'il obtienne ; caractère de ce qui est conforme au droit, à l'équité.
Pouvoir de faire droit à chacun, de récompenser et de punir ; exercice de ce pouvoir.
L'autorité judiciaire, l'institution comprenant l'ensemble des tribunaux, des magistrats et des officiers, qui est chargée d'administrer la justice.
Souvent avec une majuscule. La figure allégorique, généralement une femme aux yeux bandés, par laquelle on représente la justice.
Littré
Règle de ce qui est conforme au droit de chacun ; volonté constante et perpétuelle de donner à chacun ce qui lui appartient.
Terme de théologie. La justification que Dieu met dans l'âme par sa grâce. Persévérer dans la justice.
CNRTL
Qualité de ce qui est justement fondé.
Conformité d'une réalisation à son objet, sans excès ni défaut.
Beaux-Arts. Conformité à la nature, à une norme esthétique, à un modèle.
Musique. Conformité aux règles de l'harmonie musicale.
Qualité qui permet d'appréhender la réalité, d'exécuter un geste, une tâche, selon la logique, selon la norme.
[En parlant d'un mécanisme] Qualité qui lui permet de fonctionner avec précision, conformément à sa destination.
Académie 9e édition
Qualité de ce qui est juste, exact, parfaitement approprié à sa destination.
Qualité par laquelle une personne accomplit ce qu'elle veut exécuter avec exactitude, avec précision, sans faute ni écart.
Lalande
1° En parlant des choses :
Qui est conforme à un droit, soit naturel, soit positif. Étymologiquement, le mot s’est d’abord appliqué au droit positif (latin justus, venant lui-même de jubeo ; cf. justa, les formalités, les cérémonies obligatoires) ; mais actuellement, quoiqu’il n’ait absolument perdu ce sens, il se dit plutôt de ce qui équitable que de ce qui est légal.
Par suite, ce qui est exact, correct, rigoureux, précis. Le substantif correspond est alors justesse.
2° En parlant des hommes :
(Au sens restreint, où ce mot s’oppose plus spécialement à charitable) : Qui juge de ses rapports avec autrui comme il jugerait du rapport de deux personnes étrangères ; et qui, lorsqu’il juge entre plusieurs autres, ne se laisse guider par aucune faveur ni aucune haine préexistantes. Être juste, en ce sens, est donc une qualité essentiellement formelle, qui consiste à s’abstenir d’agissements égoïstes et de jugements partiaux.
(Sens général) : qui possède un bon jugement moral et la volonté de s’y conformer. - Est juste, dans cette acception, l’homme capable de reconnaître jusqu’à quel point il est légitime de faire respecter autrui dans ses idées, ses sentiments, sa liberté, sa propriété ; de bien apprécier les mesures générales, par exemple les lois, qui tendent à permettre ou à défendre certains actes, à rendre plus ou moins favorable la situation de certaines personnes ; enfin de bien attribuer, avec à-propos et au degré convenable, les avantages ou les peines dont on dispose. Le Juste est l’homme de bien, celui dont la volonté est conforme à la loi morale (primitivement et surtout, à la loi conçue comme divine).
Morfaux
Substantif. Se dit d’une personne qui agit selon la loi religieuse, morale, juridique.
Adjectif. S’applique à toute assertion, raisonnement, décision, doctrine conforme aux normes admises de la vérité ou de la justice. Couramment, juste a le sens d’exact (un calcul juste) ou de précis (midi juste).
CNRTL
(Qui est) conforme à une norme (abstraite ou concrète).
Qui est conforme à la réalité de son objet, sans excès ni défaut.
Académie 9e édition
Conforme à la justice, au droit, à la raison.
Qui a de la justesse.
Patrick Moulin, MardiPhilo, septembre 2024.
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