“Par Héraclès ! dit-il, la voilà bien la feinte ignorance, habituelle aux questions de Socrate* ! Voilà ce que je savais et que j’avais prédit à ces messieurs : que tu ne consentirais pas à répondre, mais que tu feindrais l’ignorance et que tu ferais tout plutôt que de répondre aux questions qu’on te poserait !” I, 337 a.
[*] [OC] : Sens propre et primitif du grec eirôneia. De la manière railleuse dont Socrate a manié ce procédé est dérivée la signification qu’a prise le mot ironie. Familièrement on dirait : c’est faire l’âne pour avoir du son.Quant à Socrate, se rabaissant lui-même, il donnait la plus grande place dans la discussion à ceux qu’il voulait réfuter. Ainsi, lorsqu’il disait une chose différente de celle qu’il pensait, il usait volontiers de ce genre de dissimulation que les Grecs appellent eirôneia [ironie]. II, 15.
Ironie socratique. Action d’interroger en simulant l'ignorance, pour démontrer l’ignorance réelle de son interlocuteur.
Latin ironia, du grec eironeia, interrogation ; le sens figuré vient de la méthode socratique.
Sens primitif : action d’interroger en feignant l’ignorance à la manière de socrate. On dit le plus souvent en ce sens “ironie socratique”.
Au sens moderne et courant, espèce d’antiphrase : figure de rhétorique qui consiste à faire entendre ce que l’on veut( dire en disant précisément le contraire, avec une intention de moquerie ou de reproche.
On trouve au Moyen Âge un sens, aujourd’hui tombé en désuétude : l’acte de se déprécier par un mensonge, soit pour se faire valoir par contraste, soit pour tromper les autres et en tirer avantage. [...] Le sens se rattache peut-être à ce que Cicéron disait de l’ironie socratique.
Ironie socratique. Pratiquée par Socrate, dans les dialogues de Platon, l'ironie est une démarche interrogative affectant l’ignorance. Les sens ultérieurs du terme en dépendent largement.
En rhétorique, figure qui fait entendre le contraire de ce qu’on dit, et par là ébranle les croyances irréfléchies et les conventions sociales.
Manière décalée de parler. L’ironie est une espèce de feinte qui prend de manière légère des choses et des situations graves, dramatiques. [...]
Suivant l’étymologie grecque du mot, qui signifiait “interrogation”, l’ironie est un élément central de la méthode pratiquée par Socrate pour débusquer le faux savoir des sophistes et des prétendus spécialistes.
Ignorance simulée, s’exprimant par des interrogations naïves, que Socrate employait pour faire découvrir à ses interlocuteurs leur propre ignorance.
Ironie socratique ou, simplement, ironie, art de questionner en feignant la naïveté, l’ignorance, dont usait Socrate, dans sa maïeutique, pour amener peu à peu ses interlocuteurs à se contredire et à découvrir leur erreur.
Proprement, ignorance simulée, afin de faire ressortir l’ignorance réelle de celui contre qui on discute ; de là l’ironie socratique, méthode de discussion qu’employait Socrate pour confondre les sophistes.
Platon, Oeuvres complètes, Editions de la Pléiade ; ouvrage désigné par l’abréviation [OC].
Émile Bréhier, Les Stoïciens, Tome I, Gallimard.
Dialectique, Maïeutique.
Patrick Moulin, MardiPhilo, septembre 2024.
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