Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l’a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s’allumant en mesure et s’éteignant en mesure. Fr. 30.
On ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve. Fr. 91.
Tout s’écoule. [Panta rhei]. Fr. 136.
Celui qui dit : je perçois une figure, marque par là qu’il conçoit une chose déterminée et comprise en de certaines limites. Or cette détermination n’appartient pas à la chose même prise dans son être ; mais elle exprime plutôt son non-être. La figure n’étant donc qu’une détermination, et la détermination qu’une négation, il s’ensuit que la figure n’est au fond qu’une négation. Lettre 50.
[Principe de la permanence] Tous les phénomènes contiennent quelque chose de permanent (substance), constituant l’objet même, et quelque chose de changeant, correspondant à une simple détermination de cet objet, c’est-à-dire à un mode de son existence. Analytique des principes, Analogies de l’expérience, p. 253.
C’est sur cette permanence que se fonde aussi ce qui vient légitimer le concept de changement. Naître et périr ne sont pas des changements de ce qui naît et périt. Le changement est un mode d’existence qui succède à un autre mode d’existence du même objet. En ce sens, tout ce qui change se trouve demeurer, et seul son état connaît une transformation. [...] Le changement ne peut donc être perçu qu’à l’égard de substances, et la naissance ou la disparition absolues, telles qu’elles ne concernent pas seulement une détermination du permanent, ne correspondent à aucune perception possible, puisque c’est précisément ce permanent qui rend possible la représentation du passage d’un état à l’autre et du non-être à l’être [...]. Ibid., p. 257.
L’enseignement fondamental du bouddhisme est l’enseignement de l’impermanence, du changement. Tout change, cela est fondamentalement vrai pour chaque être et chaque chose. [...] Étant donné que chaque phénomène est constamment en changement, il n’existe pas d’entité individuelle permanente. En fait, la nature propre de chaque phénomène n’est autre que le changement même - c’est la nature propre de tout phénomène. [...] Nous devrions trouver l’existence parfaite à travers l’existence imparfaite. Nous devrions trouver la perfection dans l’imperfection. p. 129-130.
Êtes-vous déjà resté à veiller la nuit pour regarder s’ouvrir une fleur de cactus Cereus ? Cette fleur s'épanouit et meurt en quelques heures, mais en le sachant, nous apprécions sa beauté et sa fragrance merveilleuses. Nous pouvons avoir un contact réel avec la fleur, sans être tristes ou déprimés lorsqu’elle se fane, parce que nous savions avant son éclosion combien sa vie était éphémère. / Les personnes aimées qui vivent avec nous, et les êtres magnifiques, si précieux, qui nous entourent, sont tous de merveilleuses fleurs de cactus. Si nous pouvons voir autant leur vraie nature que leur forme extérieure, nous saurons apprécier leur existence dans l’instant présent. p. 62.
Aucune forme n’est permanente. [...] Un cycle peut durer de quelques heures à plusieurs années. [...] Mais rien ne dure dans cette dimension où les mites et la rouille détruisent. Soit les choses se terminent, soit elles changent. [...] La même situation qui vous comblait alors de bonheur, vous rend maintenant malheureux. [...] Ou bien alors une situation donnée prend fin et c’est son absence qui vous rend triste. Quand une circonstance ou une situation à laquelle l’esprit s’est attaché et identifié se modifie ou prend fin, l’esprit ne peut pas l’accepter. Il voudra s’y accrocher et résistera au changement, comme si on lui arrachait un bras ou une jambe. / Ceci veut donc dire que le bonheur et le malheur ne font qu’un. Seule l’illusion du temps les sépare. p. 106-107.
Dire que le fond des êtres est la nature, c’est dire que ce qui est le Premier et le plus ancien, antérieur à tout, non pas comme dépassé mais comme toujours présent au fond de tout être, n’est pas l'éternité mais le temps, n’est pas la permanence mais l’impermanence, que l’assise de toutes choses n’est pas le roc mais le sable, ou, en d’autres termes, n’est pas l’Essence mais le phénomène, non le phénomène-de ou le phénomène-pour, mais le phénomène en soi, le phénomène absolu. Qu’est-ce que la nature ? L’éternelle mobilité de la métaphysique, l’éternel mouvement de la physique, le feu qui en changeant se repose d’Héraclite. p. 98-99.
L’impermanence caractérise ce qui, dans un être ou une chose, ne dure pas dans le temps qui s'écoule, ce qui change, par opposition avec ce qui est permanent, qui ne change pas malgré le temps qui passe.
[Permanent :] latin permanens, participe présent de permanere, durer.
[Permanere :] 1. Demeurer jusqu’au bout (d’un bout à l’autre), rester de façon persistante. 2. Rester, persister, persévérer.
[Permanence :] Caractère de ce qui demeure le même malgré l’écoulement du temps.
Principes de permanence. Principes qui énoncent le caractère invariable d’un élément, et plus spécialement d’une grandeur déterminée à travers des transformations observables : principe dit “de la conservation de la masse”, principe dit “de la conservation de l’énergie”, etc.
[Permanence :] Caractère de ce qui demeure le même à travers le temps.
[Impermanence :] Caractère de ce qui n’est pas permanent, de ce qui ne dure pas.
[Impermanence :] Qualité de ce qui n’est pas permanent. L’impermanence d’un état de choses, d’un équilibre.
Patrick Moulin, MardiPhilo, septembre 2024.
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