Héraclite a dit que si le bonheur résidait dans les plaisirs corporels, on dirait que les boeufs sont heureux lorsqu’ils trouvent du pois chiche à manger. Albert le Grand, Des plantes, Fr. 4.
[C’]est là précisément pour un homme le bien le plus grand, de s’employer chaque jour à parler de la vertu et et de ce dont encore vous m’entendez m’entretenir tandis que je procède à l’examen de moi-même comme des autres, et enfin, qu’une vie à laquelle l’examen fait défaut ne mérite pas qu’on la vive. 38 a.
[C]e dont il nous faut faire le plus de cas, ce n’est pas de vivre, mais de vivre bien. [...] Or l’identité entre vivre et bien vivre d’une façon belle et juste subsiste-t-elle aussi, oui ou non ? 48 b.
[L]e bien pour l’homme consiste dans une activité de l’âme en accord avec la vertu, et, au cas de pluralité de vertus, en accord avec la plus excellente et la plus parfaite d’entre elles. Mais il faut ajouter : “et cela dans une vie accomplie jusqu’à son terme”, car une hirondelle ne fait pas le printemps, ni non plus un seul jour : et ainsi la félicité et le bonheur ne sont pas davantage l’”œuvre d'une seul journée, ni d’un bref espace de temps. 1098 a.
Le bien assure le bonheur en toute circonstance. Si tu en es persuadé et si tu es épris de la vertu; car l’aimer est trop peu, tout ce qui arrivera par elle, quoi qu’il en paraisse aux autres, sera une faveur et une félicité : la torture, si étendu et gisant tu as cependant plus de calme que ton bourreau ; la maladie, si tu ne maudis pas la fortune, si tu ne cèdes pas au mal ; enfin tous les événements qui paraissent des maux aux yeux de tous les autres hommes, mais qui auront de la douceur et tourneront au bien si tu sais les dominer. Que ceci soit donc clair : il n’y a de bien que l’honnête ; et, à bon droit, nous appelons biens toutes les incommodités que la vertu aura seulement touchées. [...] Socrate [...] disait : “Si j’ai quelque crédit auprès de toi, suis de tels hommes pour obtenir le bonheur, et laisse les gens te considérer comme un sot. Qu’un individu ait décidé de t’insulter et de te faire du tort, tu n’en souffriras en rien à la seule condition d’avoir la vertu. Si tu veux être heureux, disait-il encore, si tu veux, en tout honneur être homme de bien, accepte qu’on te méprise”. Lettre 71.
Le bonheur est la satisfaction de toutes nos inclinations [...]. La loi pratique qui prend pour mobile le bonheur, je l’appelle pragmatique (règle de prudence) ; en revanche, celle qui, dans la mesure où il en est une, ne prend pour mobile que le fait d’être digne du bonheur, je l’appelle morale (loi morale). La première nous indique ce qu’il nous faut faire si nous voulons prendre part au bonheur ; la seconde commande comment nous devons nous conduire pour simplement devenir dignes du bonheur. “Théorie transcendantale de la méthode”, chapitre II, deuxième section.
Doctrine visant l'atteinte du bonheur en tant que valeur éthique, intellectuelle, au moyen de la vertu, et par l’action morale.
Grec eudaimonismos, action de regarder comme heureux, de eudaimôn, heureux, de daimôn, destin. Théorie du bonheur comme bien suprême.
Grec eudaimonia, bonheur, d’eu, bon, et daimon, démon, au sens de destinée individuelle.
Sens d’Aristote : le fait de juger qu’un être est heureux, ce jugement étant compris non seulement comme l’énoncé d’un fait, mais comme un jugement appréciatif impliquant la valeur éthique du bonheur.
Doctrine morale ayant pour principe que le but de l’action est le bonheur (soit individuel, soit collectif).
Doctrine qui, identifiant la vertu et le souverain bien avec le bonheur, considère que la fin de l’action morale consiste dans la recherche du bonheur ; distinguer de hédonisme. Toutes les sagesses antiques sont des eudémonismes.
Conception morale qui considère que le bonheur est la plus grande valeur et le principal but de l’existence.
Les morales du devoir, comme celle de Kant, sont farouchement opposées à l’eudémonisme. Cela n’en fait pas, pour autant, des morales du malheur.
Théorie selon laquelle le but de l’action est le bonheur conçu non comme quelque chose de sensible, mais comme une valeur intellectuelle, comme le souverain bien.
Eudémonisme rationnel. Doctrine d’Aristote selon laquelle le bonheur est procuré par l’activité de la raison découvrant et contemplant la vérité.
Patrick Moulin, MardiPhilo, août 2024.
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