L'église détruite en 1890
Au 16e siècle avait été érigée une église dépendant de la baronnie de Fontaine le Bourg qui relevait elle-même de l'abbaye de Fécamp. Comme la présente, elle était dédiée au double patronage de St Martin et de St Fiacre.
En 1882, la petite église devenue vétuste donne bien du souci au conseil de fabrique (groupe de clercs et de laïcs du village qui gère les affaires paroissiales) et au conseil municipal.
En décembre 1887 le curé de la paroisse, l'Abbé Chalot fait une virulente intervention auprès du conseil de fabrique qui fera définitivement pencher la balance en faveur d'une reconstruction. Tout ira très vite puisqu’en 1888 on entreprend la démolition de l'ancienne église. Des grès et silex sont soigneusement mis de côté pour la nouvelle construction. Suivant la coutume, les statues en pierre de St Martin et St Fiacre sont enterrées dans le cimetière. Un fragment de vitrail est sauvé. Il représente la crucifixion de Jésus au Mont des oliviers entouré de la Ste Vierge et de St Jean, ainsi que le portrait du donateur, Richard Ango, moine de St Ouen et curé de la paroisse. Ce vitrail sera exposé au musée des Antiquités de Rouen.
Pendant la durée des travaux, le culte continue dans une bergerie de la ferme voisine. Une cloche a été accrochée à la branche d'un poirier. Ce magnifique arbre a été coupé suite à la transformation du bâtiment en gîte.
M. Barthélemy, architecte départemental, réalise un plan et une estimation de la dépense à 41830 fr. M. Adolphe Homais offre un morceau de terrain au sud du cimetière. La commune vote un abandon gratuit du sable nécessaire à la construction sur la carrière municipale. Une souscription paroissiale produit la somme de 29000 fr. (plus de la moitié provenant de notables du village : M. Daliphard, maire, M. Homais, Mme Quesnel-Homais, Mme Morin d'Anvers du Rombosc).
Le dimanche 29 juillet 1888 a lieu la bénédiction de la première pierre en présence de nombreuses personnalités. L'archevêque Mgr. Thomas est représenté par le vicaire général, M. l'Abbé Marguerite.
La maçonnerie est confiée à l'entreprise Goupillère, la charpente à l'entreprise Farcy de Clères. Et les vitraux sont réalisés par M. Dalleinne, peintre verrier à Rouen.
Elle a lieu le 3 mai 1890 soit moins de 2 ans après le début des travaux. Cette fois, Mgr. Thomas est présent.
On mesure l'enthousiasme du curé de la paroisse M. l'Abbé Chalot à la teneur de son discours : « Monseigneur, mes chers et bons paroissiens et moi, nous attendions l'arrivée de votre Grandeur avec une religieuse impatience. Nous sommes vraiment heureux de vous posséder aujourd'hui et de vous dire cette parole de la Sainte Ecriture « Benedictus qui venit in domine domini ! » (Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur).
Le clocher abrite trois cloches qui ont pour nom : Félicité (bénie en1818), Esther (1843) et Emilie (1843).
A l’intérieur à noter : une dalle funéraire de 1512 sur laquelle est gravé le portrait d'un bourgeois de Rouen, Richard Le Caron entouré de ses 17 enfants, des vitraux d’époque (chœur) et des vitraux d’après-guerre dans la nef, le mobilier en chêne, les fonts baptismaux venant de l’ancienne église.