L'histoire du bâtiment qui abrite aujourd'hui la mairie de Mont-Cauvaire s'étend sur plus d'un siècle et demi. À l'origine, dès 1845, une querelle oppose les communes de Clères et de Mont-Cauvaire au sujet du presbytère du Tôt, une ancienne commune devenue un hameau de Clères en 1826. Ce bâtiment hébergeait le curé en charge de Mont-Cauvaire, du Tôt et de Cordelleville. Jugeant cette demeure trop éloignée de l'église du Mont-Cauvaire, le Conseil de Fabrique décide d'en construire une nouvelle plus proche, au Mont-Cauvaire. Pour réunir les fonds nécessaires, l'ancien presbytère est vendu aux enchères le 25 septembre 1849 pour 6 000 francs à M. Riqueur, propriétaire du moulin de la Chapelle au Tôt.
La commune fournit alors un terrain de 25 ares près de la mairie-école pour la nouvelle construction. Le 10 février 1850, l'entrepreneur Antoine Lerue remporte le marché, et les travaux sont réceptionnés par l'architecte rouennais M. Desmarest. Le premier occupant de ce nouveau presbytère est l'abbé Fauconnet, un ecclésiastique très apprécié et affectueusement appelé « notre bon père curé » par ses paroissiennes. Il y mène une vie animée aux côtés de sa sœur, Mademoiselle Domérie, et de son neveu Raoul, une figure marquante des milieux socialistes de l'époque. L'abbé reçoit aussi régulièrement la visite de son ami Eugène Noel et de l'instituteur célibataire, M. Cardon.
Après la mort de l'abbé Fauconnet en 1881 et le passage de l'abbé Brubert, d'autres prêtres se succèdent. Au début du XXe siècle, sous l'égide de l'abbé Sanson, le presbytère nécessite des réparations importantes financées par la commune, et un bail de dix-huit ans est signé le 10 mars 1907. L'abbé Glatigny prend ensuite le relais en 1909, avec des baux successivement renouvelés en 1917, 1927 et 1933. En 1951, le loyer est fixé à 570 francs pour couvrir les impôts et les assurances à la charge de la municipalité. Cependant, un tournant majeur survient à la fin de l'année 1968 : l'administration diocésaine ne renouvelle pas le bail, la nomination d'un nouveau curé dans la commune étant définitivement exclue. Dès le 1er avril 1969, la bâtisse est alors louée de manière précaire pour dépanner de jeunes ménages du pays dans l'attente d'un logement définitif.
Le 24 octobre 1974, la municipalité informe les locataires de la reprise des locaux à la fin de l'année pour les transformer en mairie avec logement, un projet validé en décembre. Ce chantier, d'un montant de 91 787,54 francs, est financé par un emprunt, des fonds communaux et une subvention du ministère de l'Intérieur, pour s'achever en novembre 1976. Dans les années 1980, le premier étage de la mairie sert encore de logement temporaire pour les habitants.
L'édifice continue ensuite de s'adapter aux besoins administratifs croissants. En 1987, une restructuration est adoptée, suivie en 1989 par un projet d'extension des bureaux au premier étage et l'aménagement du grenier pour les archives. Enfin, pour répondre aux normes modernes, des travaux d'agrandissement de la mairie et de la salle des fêtes visant l'accessibilité des personnes à mobilité réduite (PMR) sont votés en octobre 2018 et achevés en 2020.