Voici sous ses bardeaux, l’humble mairie école
Fière de son Foyer, fière de son Musée
Où se presse et accourt une foule amusée
Aux jours où le sillon, du soc luisant s’allège.
Un jeune professeur du Collège de Normandie, enfant du pays, Placide Alexandre, à la sortie de la guerre 14-18 veut redonner le goût de la fête et de la culture à son village.
En 1922 il s'entoure d'une équipe pour réaliser un char des moissonneurs qui enthousiasme la population. Les années suivantes, il invite les villageois à se costumer pour une grande « Noce Normande ». L'instituteur M. Bachimont, crée une chorale qui interprète des mélodies régionales. Un samedi sur deux, il ouvre son école à toute la population pour des causeries avec projections. L'association « Amicale des anciens élèves et amis de l'école publique » est officiellement créée en 1928.
Les activités se déroulent dans les salles de classe. Le préfet et l'inspecteur d'académie autorisent même l'organisation de bals au sein de l'école. On rêve d'une salle spécifique pour l'amicale mais en cet après-guerre les conditions économiques ne sont pas favorables à la réalisation de tels projets. André Marie, député et ami personnel de Placide Alexandre fait bénéficier la commune d'une subvention sur le produit des jeux de casino et un appel aux « oboles volontaires » est diffusé dans la presse. L'architecte, Gilbert François par souci d'économie, propose d'adosser le nouveau bâtiment à l'école existante.
Le dimanche 26 février 1933, voit arriver dans le village les belles voitures des notables : le sous-secrétaire d'État à l'Education Nationale, le préfet de la Seine-Inférieure, le député, le conseiller général et l’inspecteur d'académie.
Tous peuvent admirer les peintures murales et le rideau de scène réalisé par Léon Régnat. Le tableau représente une noce normande autour des pommiers en fleur. Le public découvre également la bibliothèque, le musée et la salle de réunion.
Sur la scène du foyer, les artistes locaux interprètent des pièces du “Théâtre aux champs”, de Camille Robert Désert, auteur normand originaire de Bretteville du Grand Caux qui fut lauréat de l'Académie Française. Cette première interprétation a pour titre « R'fée sa vie ».
Grâce au concours du Collège de Normandie qui met à la disposition de l'association un projecteur « Pathé-Coq », des séances sont proposées chaque quinzaine. M. Alexandre expose l'affiche officielle en y ajoutant à la main les date et heure de la séance. Le car de la compagnie normande d'autobus dépose à l'épicerie les bobines du film. Les séances ont beaucoup de succès, Mont-Cauvaire étant la seule commune du canton à proposer du cinéma.
Dès le début de la seconde guerre mondiale, l'amicale aide les mobilisés et les réfugiés en envoyant des colis aux prisonniers. Des représentations théâtrales sont organisées pour financer ces secours.
Le foyer est bien évidemment adhérent de la fédération de Seine Maritime. En avril 1978 le foyer a l'honneur d'en organiser l'assemblée générale.
A cette époque, le foyer développe l'activité tennis de table en lien avec de nombreux foyers du département.
A la fin des années 60 une section d'anciens est créée. De 1977 aux années 90 le foyer publie tous les 2 mois : « l'Echo du Mont-Cauvaire » ouvert aux informations municipales et aux autres associations. Un jumelage avec le foyer rural breton de Garlan permet de joyeux et fructueux échanges.
En 1995 le centenaire du cinéma est célébré avec une exposition et projections parmi lesquelles un court-métrage réalisé par l'école du village Un jeu concours voit s'affronter les élèves des deux collèges voisins.
Des veillées « Histoire locale » permettent de recueillir des témoignages des anciens.
Par le passé, chaque automne une exposition de peinture présente les œuvres d'artistes locaux.
De nos jours le foyer gère la bibliothèque, organise des activités sportives et culturelles ainsi que des sorties en collaboration avec le CAS, pour les aînés.