Les voies sont utiles à la compréhension notamment de l’histoire militaire et des relations économiques dans l’Empire romain. Il est à noter que la Normandie se situe dans la périphérie de l’Empire romain, son réseau routier est ainsi en marge des grands axes. L’étude des voies romaines est complexifiée par des spécificités régionales, telle que l’absence de témoignages de l’existence de bornes milliaires ou leugaires.
Cette voie serait un tronçon de la voie antique reliant Rouen à Arques (capitale du Talou), avec les territoires occupés par le peuple celtique des Vellocasses au sud et par le peuple des Calètes au Nord.
Plusieurs indices révèlent l’ancienneté du chemin des fées.
En premier lieu, son tracé en ligne droite, caractéristique des voies romaines. Le chemin des fées s’inscrit dans la continuité d’un tronçon découvert en Forêt Verte et de l’actuelle départementale D100. Sur cette dernière se trouve à une vingtaine de kilomètres au nord la commune de La Chaussée. Il s’agit de l’un des toponymes les plus fréquents pour les voies romaines. Le tracé rectiligne du chemin des fées et des voies la prolongeant est visible sur les photos aériennes.
Dans un second temps, le toponyme de la voie, son nom, serait un indicateur de sa datation. Une idée largement répandue veut que les voies « des Fées », désignent les routes en ligne droite menant à des lieux dotés d’une signification particulière tels que des vestiges protohistoriques ou des cours d’eau
La construction du chemin des Fées a été décrite comme suit par J. GRIVAULT en 1962 : « […] formée de deux couches de silex séparées par un feutrage de petits galets « morainiques » (des « galets ronds généralement bleutés », il s’agit d’un matériau local pouvant provenir d’ Hautot-Mesnil où se trouve de vastes excavations.) En effet, il semblerait que les constructeurs de voies s’adaptent aux ressources locales des zones traversées.
Ces galets se retrouvent dans les champs et ont pu être déplacés par les labours selon P.-C. DUVAL. La couche de silex supérieure serait encore visible à la surface du champ de nos jours, notamment à l’entrée du Bois de la Motte.