Le double four à pain, une rareté en France - seuls deux exemplaires subsistent en Normandie - se dresse comme l'un des édifices principaux de ce clos masure. Les premières traces de son existence remontent au cadastre napoléonien de 1826, suggérant ainsi une origine datant du 17e siècle.
En 1990, la commune acquiert le corps de ferme, permettant ainsi la restauration intégrale du double four à pain en 1991, grâce à l'assistance de Xavier Derbanne, architecte des bâtiments de France. Occupant une superficie d'environ 20 mètres carrés, ses murs sont constitués de bois et torchis. Le toit de chaume a été rénové en 2023, tandis que les deux voûtes du double four ont été restaurées en 2024.
De 1991 à 1997, le four fut utilisé lors de toutes les festivités du village, mais faute de boulanger, il cessa de fonctionner. Ce n'est qu'en 1999 que l'association du comité des fêtes, avec l'aide de Monsieur Pierre Leboucher, entreprend sa remise en service. Depuis lors, il est activé plusieurs fois par an par deux associations locales pour la confection de galettes des rois et d'aguignettes, lors des fêtes « Palettes et fleurs », puis « la Fête des tracteurs » au printemps et lors de la célébration de la Saint Fiacre à la fin du mois d’Août.
Le fonctionnement de ce type de four exige du temps et de la patience, nécessitant au moins 5 jours pour atteindre la température idéale. Les deux premiers jours sont consacrés à la déshumidification, suivis d'une montée progressive de la température jusqu'à environ 250°C. Lorsque la température désirée est atteinte, la pierre de chauffe au fond du four change de couleur, passant du rouge au blanc. Il convient alors de débraiser à l'aide d’un râteau en bois et d'une « vadrouille » sèche (serpillère à manche), puis de nettoyer l'intérieur avec une vadrouille bien humide. Ensuite, les aliments sont cuits selon un ordre précis en fonction de la température : viandes et volailles d'abord, suivies du pain nécessitant des températures élevées, puis des pâtisseries, des plats mijotés et enfin, des meringues lorsque la température redescend.
Quand le four est « mort » (à peine tiède), on y fait sécher les plumes pour la confection des édredons, et la cendre récupérée sert à faire la lessive.
Roland, en manœuvres militaires dans les montagnes corses s’assoit sur les ruines d’une bergerie. Il aperçoit, dépassant d’un amas de pierres et de poutrelles en bois, une vieille clé qui lui fait penser à celle du four à pain de Mont-Cauvaire. Il la glisse dans la poche de son treillis pressentant qu’une nouvelle vie pourrait s’offrir à elle à la ferme…
La vieille clé a longtemps attendu, accrochée à un clou jusqu’au jour où son homologue du four à pain trop usée, ne parvient plus à remplir son office. Roland va voir son ami Pierre Poulain, habile forgeron, muni des deux clés. Depuis ce jour, la clé de la bergerie corse assure le gardiennage du four à pain de Mont-Cauvaire.