Toute construction nécessite un soubassement appelé solin, composé de pierres et de silex. Sa hauteur de 60 à 80 cm permet d’éviter les remontées d’humidité et sert d’assise solide à la sablière basse (pièce de chêne supportant les colombages).
L’ossature est faite de poutres et de colombes. Entre les colombes, il s’agit de monter une âme de clayonnage servant d’armature. Sur cette armature en sapin sont disposées horizontalement des gaulettes, ordinairement de jeunes pousses de châtaigner, de façon à former un treillis de bois. Le torchis, constitué de terre argileuse et de fibres végétales (paille de blé, d’orge, …) remplit l’ossature en bois de la construction.
Pour un torchis de qualité, l’argile est mélangée avec de l’eau, on y ajoute la même quantité de paille et le tout est malaxé aux pieds. D’une solidité remarquable, le torchis est un excellent isolant thermique et humidifuge.
Les anciens se fournissent sur place pour les matériaux comme le silex, le bois de chêne, la terre argileuse, les fibres, la terre des marnières pour le badigeon de chaux.
Pour terminer la construction, il convient de lui donner un toit. Constitué de paille de blé ou de seigle que l’on fait sécher avant de la débarrasser de ses grains résiduels, le toit de chaume allie le charme au naturel. La paille est serrée en bottes que l’on dispose sur les pentes du toit. Au préalable, la charpente est conçue avec une forte pente des versants. Les chevrons débordent largement pour rejeter l’eau de pluie loin du solin. Ainsi, nul besoin de gouttières. Lorsque le faîte du toit est atteint, le chaume est couvert d’un joint d’argile tassée et plantée de bulbes d’iris. “ Le jour de faîte est jour de fête “ disait-on autrefois.
La grange comprend souvent 2 parties. L’aire de rangement désignée en termes de « tas, tassant, tasserie ou culas » pour stocker les gerbes et l’aire à battre appelée « battière » où les grains sont battus au fléau, vannés et criblés pour ôter les impuretés. Les grains récoltés sont conservés dans les greniers. Au 19e siècle, la faucille est remplacée par la faux et a pour conséquence une augmentation du volume récolté. En effet, les céréales sont fauchées beaucoup plus près de la terre et augmentent considérablement le volume à stocker. La place manquant dans la grange, les gerbes restent en plein air. Arrive une innovation au cours de ce siècle, la batteuse mécanique ou moissonneuse. Le matériel agricole est remisé dans la grange.
Le cellier est une cave non enterrée. Idéalement situé au nord et constitué de murs très épais (70 cm ici) pour conserver la fraîcheur et une température stable, il comporte le moins possible d’ouvertures. Ce dernier servait de lieu de conservation du cidre.