Ce monument est typique de l'architecture commémorative de l'entre-deux-guerres. Il se présente sous la forme d’un obélisque en pierre, dressé fièrement sur un socle, et entouré d’un petit espace de recueillement.
Par délibération du Conseil municipal de Mont-Cauvaire, sous la présidence de Mr Legendre maire, en date du 8 août 1920, il est décidé d'ériger un monument à la mémoire des soldats de la commune Morts pour la Patrie. Un projet et devis montant à 3500 francs est présenté le 2 août 1920 par Mr Eugène Surget. Le plan du monument précise que la base assise et fondation seront constituées d'anciennes pierres en provenance d'un renouvellement du cimetière ; la première assise en quatre pièces au départ du monument sera en pierre de Lorraine; le socle carré en quatre pièces portera l'inscription "AUX ENFANTS DU MONT CAUVAIRE MORTS POUR LA FRANCE" ; suivra la base de la pyramide moulurée en une seule pièce ; puis la pyramide de 1 mètre 70 en une seule pièce avec Croix, Palme, 1914-1918, et la gravure du nom des soldats sur les faces latérales. Une souscription lancée dans la commune, se monte à la somme de 3780,45 Fr. le 24 août 1920 ; on notera une forte participation des habitants et de notables mais aussi une mobilisation des élèves du Collège de Normandie qui apportent 1045 Fr. à cette souscription. Le Préfet approuve le projet le 1er février 1921. Il sera ensuite approuvé par le Ministre de l'Intérieur et le Président de la République A. Millerand le 22 février 1921.
Les noms des soldats de Mont-Cauvaire morts durant les deux conflits mondiaux y sont gravés avec solennité. À travers ces noms, c’est toute une génération que le monument honore, témoignant du sacrifice consenti par la commune dans les heures sombres de l’histoire.
Albert Dubuc, Mort pour la France.
Robert Barthélémi Victor Homais, Capitaine au 1e Artillerie à Pied, classe 1886, né le 6 octobre 1866 à Rouen, décédé le 9 janvier 1916 à Rouen en son domicile. Acte transcrit à Rouen n° 49 du registre d'état civil.
Henri Célestin Houisse, 2è Canonnier Conducteur au 11è Régiment d'Artillerie Campagne, classe 1892, né le 1er juillet 1872 à St Vaast-du-Val (76), Mort pour la France le 22 juin 1915 à Erbevillers (Meurthe-et-Moselle), tué à l'ennemi. Jugement rendu le 5 novembre 1919 par le Tribunal de Rouen, transcrit le 18 novembre 1919 à Clères.
Auguste Ferdinand Langlois, caporal au 151è Régiment d'Infanterie, classe 1903, né le 5 février 1883 à Clères, Mort pour la France le 28 août 1918 devant Soissons (Aisne), tué à l'ennemi. Transcrit le 30 décembre 1918 à Mont-Cauvaire.
François Eugène Mallet, soldat de 2è classe au 224è Régiment d'Infanterie, classe 1904, né le 20 février 1884 à Mont-Cauvaire, Mort pour la France le 24 mai 1915 à Viedergwerhern (Allemagne), décédé en captivité de maladie (typhus). Jugement rendu le 9 septembre 1920 par le Tribunal de Rouen, transcrit le 22 octobre 1920 à Mont-Cauvaire.
Joseph Martin, Mort pour la France.
Joseph Ambroise Samson, soldat de 2è classe au 27è Régiment d'Infanterie, classe 1903, né le 22 mai 1883 à Thiouville (76), Mort pour la France le 22 mars 1918 à l'ambulance 9/8 (s.s. 54) à Broux Ste Lohière (Marne), suite de blessures de guerre. Transcrit le 13 juin 1918 à Mont-Cauvaire.
Ernest Vannier, Mort pour la France.
Léon Bradberry, Mort pour la France.
Georges Arbogast, Mort pour la France.
Charles Bouche, Mort pour la France.
Hippolyte Briselet, Mort pour la France.
Edouard Hippolyte Caignard, soldat de 2è classe au 21è Régiment d'Infanterie Territoriale, classe 1896, né le 1er avril 1876 à Malaunay, Mort pour la France le 4 octobre 1914 à Puisieux (Pas-de-Calais), jugement déclaratif, disparu. Jugement rendu le 12 mai 1920 par le Tribunal de Rouen, transcrit le 29 juin 1920 à Mont-Cauvaire.
Henri Patrice Cauchois, soldat de 2è classe au 55è Régiment d'Infanterie Territoriale, classe 1893, né le 7 novembre 1873 aux Authieux-Ratiéville?, Mort pour la France le 4 octobre 1916 à Bord du Gallix, noyé.
Albert Robert Coffard, soldat de 2ème classe au 405ème Régiment d’Infanterie, classe 1913, né le 15 mars 1893 à Mont-Cauvaire. N° de Matricule 14771 au Corps, 1590 au recrutement à Rouen Nord. Mort pour la France le 19 janvier 1916 à Souchez (Pas de Calais), tué à l’ennemi. Acte transcrit le 17 juin 1916 à Mont-Cauvaire.
Pascal Alfred Cottard, soldat de 2è classe au 19è Bataillon de Chasseurs, classe 1912, né le 23 août 1892 à St Georges-sur-Fontaine, Mort pour la France le 11 novembre 1914 à Wysschaite (Belgique), disparu. Jugement rendu le 12 mai 1920 par le Tribunal de Rouen, transcrit le 29 juin 1920 à Mont-Cauvaire.
Robert Joseph Delaunay, soldat de 2è classe au 340è Régiment d'Infanterie, classe 1900, né le 1er octobre 1880 à Crosville (76), Mort pour la France le 15 octobre 1918 à Bernoville (Aisne), suites de blessures de guerre. Jugement rendu le 14 juin 1922 par le Tribunal de Rouen, transcrit le 28 juin 1922 à Monville, n° registre 8020/40.
Léon François Ménard, soldat de 2è classe au 329è Régiment d'Infanterie, 2è compagnie, classe 1908, né le 29 septembre 1888 à Mont-Cauvaire, Mort pour la France le 11 mai 1915 à Neuville-St-Vaast (Pas-de-Calais), tué à l'ennemi. Jugement rendu le 15 janvier 1921 par le Tribunal de Rouen, transcrit le 3 février 1921 au Houlme.
Chaque année, à l’occasion du 11 novembre et du 8 mai, les habitants se rassemblent autour du monument pour commémorer ces disparus, perpétuant ainsi la mémoire collective. Le dépôt de gerbes, les discours officiels, et la minute de silence rappellent l’importance de ne jamais oublier ceux qui ont donné leur vie pour la paix et la liberté.
Dans le cimetière de Mont Cauvaire, non loin du monument aux morts, on trouve également une pale d’hélice d’avion. Le 16 août 1944, un avion américain est abattu dans le Bois du Tôt. Un premier occupant a réussi à sauter. Par contre, le sergent Alfredson a été retrouvé mort dans un cerisier.
Le lieutenant Parsons a brûlé dans son appareil. En 1992, une pale de l’avion, conservée par Roland Raimbourg a été érigée dans le cimetière en souvenir de cet évènement tragique.