Mont-Cauvaire abrite une école qui a traversé les siècles et les révolutions. Depuis la fin du 17e siècle, des générations d'enfants ont appris à lire, à écrire et à compter dans ces murs chargés d'histoire.
Tout commence avec le sieur Vaultier, maître d'école et clerc, qui reçoit 20 livres de gages en 1746 pour instruire les jeunes du village.
70 ans plus tard, en 1828, l’assemblée des marguilliers accorde au sieur Jean-Baptiste Hélouis, une somme de 40 francs sur le Trésor, pour lui tenir lieu d’attachement. Il donne aussi instruction aux indigents. L'école est alors probablement installée dans une chaumière près de l'arbre du souvenir, non loin de l'église.
En 1833, la loi Guizot oblige les communes de plus de 500 habitants à entretenir une école primaire. Mont-Cauvaire n'en compte que 423, mais le conseil municipal décide de fixer les émoluments de l'instituteur à 200 francs et de solliciter l'aide de la préfecture pour payer l'indemnité de logement. La rétribution scolaire est alors à la charge des familles, selon leur richesse, et 15 enfants sont admis dans la classe des indigents.
La maison de l'instituteur étant trop petite, insalubre et menaçant ruine, en 1840, la municipalité achète une petite ferme au sieur Lemonnier, sur l'actuel emplacement de l'école. En 1844, on restructure le bâtiment en première mairie-école : nouvelle salle de classe au rez-de-chaussée, ainsi qu'une cuisine pour l'enseignant et la salle de la mairie au 1er étage.
L'école est mixte, mais la fréquentation reste faible, car les enfants partent travailler dans les filatures ou aux champs dès l'âge de 10 ans.
Les lois Jules Ferry, en 1881 et 1882, rendent l'enseignement gratuit et obligatoire pour les filles comme pour les garçons de 6 à 13 ans. L'école se laïcise et se modernise. La laïcisation du personnel enseignant et des contenus scolaires suit ces deux lois.
Dans les premières années de l'école gratuite, Monsieur Capelle apprend à lire au jeune Placide Alexandre, futur maire et conseiller général.
Il faut attendre 1885 pour voir la construction de l’actuel bâtiment sur rue, avec à l’arrière une salle de classe, bâtiment en briques à 2 travées de fenêtres.
En 1913, la classe est agrandie d'une travée. C’est en 1923 que l'éclairage devient électrique. 1938 voit la création d’un deuxième poste d’enseignant, mais la guerre retarde la construction de la seconde classe. Il y a une dizaine d’années de gêne dans les locaux : une classe dans la salle du foyer rural, puis dans la mairie, puis classe coupée en deux par un refend donnant deux locaux trop exigus.
La mairie est aussi un témoin des heures sombres.
elle n'est pas seulement un lieu de réjouissances. Durant la Seconde Guerre mondiale, c’est ici qu’est transporté le corps de Gaston Levasseur, jeune résistant assassiné par les Waffen-SS en août 1944 (voir panneau “Les maquisards).
Il faut attendre 1950 pour inaugurer la nouvelle classe et le vestiaire, qui sert de cantine dès 1958.
En 1964, le chauffage central est installé.
La cantine, construite en 1970, est mise aux normes en 2021 puis agrandie en 2023.
En 1976, la classe enfantine est créée. Puis, en 2014, une quatrième classe est construite.
En 2024, l'école primaire compte 5 classes : 3 élémentaires et 2 maternelles, pour plus de 110 élèves.
L'école de Mont-Cauvaire a su s'adapter aux évolutions de la société et de la pédagogie, tout en gardant son charme et son authenticité. C'est une école qui a une âme, celle de tous les enfants qui y ont grandi et appris.