De l'ouverture du collège en 1902 jusqu'aux années 1930, les élèves se rendent à l'église du village pour toutes les célébrations religieuses. Le curé de la paroisse, l'Abbé Glatigny est également aumônier et professeur du collège jusqu'en 1938. M. Dedet, directeur, rêve de créer un lieu de culte. Une souscription est lancée auprès des familles des collégiens. L'autorité diocésaine donne l'autorisation d'implanter une chapelle à condition que celle-ci soit accessible aux paroissiens du village en cas de nécessité.
Sur l'emplacement retenu pour la construction se trouve une maison de jardinier dont les matériaux seront réemployés. Une buanderie et un cellier vestige d'une ancienne chapelle St Julien sont également démolis.
Le projet est confié à l'architecte rouennais Pierre Chirol à qui l'on doit déjà l'église d'Eslettes et qui sera chargé de la réhabilitation de l'église St Nicaise de Rouen après la guerre. L'entreprise Léon Lagnel de Bosc-le Hard est choisie pour la construction.
Le 17 mai 1930, Mgr Dubois de la Villerabel, archevêque de Rouen, vient bénir la première pierre. Celle-ci est transportée processionnellement du petit château (aujourd'hui disparu) jusqu'au lieu de l'implantation de la chapelle. Quatre élèves, deux protestants et deux catholiques, portent la civière sur laquelle est disposée la lourde pierre. De nombreuses personnalités sont présentes, notamment M. Georges Leverdier président de la chambre de commerce de Rouen et l'écrivain Paul Toutain-Revel.
L'Archevêque reviendra à Mont-Cauvaire le 22 novembre 1931 pour bénir le nouvel édifice.
Les cinq rosaces donnent à cette chapelle un caractère exceptionnel. Elles sont le fruit d'une technique innovante pour l'époque puisque réalisées en béton armé. C'est sur place que l'entreprise Lagnel en a réalisé les moulages. M. Dedet avait imaginé garnir ces rosaces de vitraux représentant des scènes de la Bible ayant un caractère sportif. On se contente alors de verres colorés qui seront soufflés par des bombes en 1944.
Comme l’écrit Placide Alexandre : « la charpente apparente, inspirée des églises nordiques dont les assemblages à l'entrée du chœur constituent un petit chef-d'œuvre, est remarquable ». L'autel de pierre blanche est surmonté d'une large croix derrière laquelle se trouve une tribune pour les choristes.
Au début des années 1970, la chapelle reste la propriété des anciens élèves du collège alors que le domaine est acquis par l'Association Médico-Éducative Rouennaise qui s'est donnée pour mission de proposer une pédagogie adaptée à des enfants et adolescents porteurs d'un handicap.
La dernière cérémonie, exceptionnelle, est célébrée dans la chapelle pour un mariage le 13 septembre 1975.
Au début des années 2000, l’édifice est sauvé de la ruine grâce au rachat par un particulier qui la transforme en habitation.
A noter : elle a obtenu une inscription partielle à l’inventaire des monuments historiques en 1975.