L'abbé Jules Cellier (1843-1913) curé de Claville-Motteville de 1871 à 1872, auteur des Annales de la paroisse (AD76)
Vitrail offert par M. Despresle (maire) et son épouse en mémoire du baptême de la cloche Eugénie en 1953
Dans le village de Claville-Motteville, l'église placée sous le patronage de Marie abrite une mémoire forgée par le dévouement de ses pasteurs successifs et les échos de son clocher.
Cette histoire s'incarne d'abord dans la figure de maître François Duquesnay. Nommé en 1742 à une trentaine d'années, il transforme les lieux : il sollicite l'architecte Dieulois pour embellir l’édifice, restaure les murs du cimetière et la sacristie, et inventorie dix-neuf contrats de fondations. En 1767, il bénit la cloche « Catherine », nommée par Michel de Monfiquet et dame Catherine de Motteville. Après un demi-siècle de sacerdoce célébré en grande pompe, la Révolution bouleverse son ministère. Bien qu'il prête serment en janvier 1791 en réaffirmant sa fidélité à la foi catholique, deux cloches sont réquisitionnées et l'église est fermée. Reclus dans son presbytère, l'abbé Duquesnay s’éteint de chagrin le 7 avril 1794, à 85 ans. Il est inhumé secrètement de nuit derrière la chapelle de la Sainte-Vierge, ne laissant à ses héritiers déçus qu'une succession vide.
Au XIXᵉ siècle, la paroisse retrouve sa vitalité à travers des figures marquantes. Installé en février 1872 après des ministères à Argueil et Morville, l’abbé Jules Cellier ne demeure que deux ans à Claville-Motteville mais y laisse une empreinte durable. On lui doit l'installation de nouvelles statues, la création d'une bibliothèque paroissiale, la pose des précieux fonts baptismaux du XIIIᵉ siècle issus de Gouville — remarqués par l’abbé Cochet —, ainsi qu'un manuscrit précieux retraçant les annales locales.
Quelques années plus tard, en novembre 1875, Pierre-Delphin Caron prend la direction de la cure. Sous sa charge, le 18 juin 1876, la vieille cloche « Catherine » — seule rescapée de 1767 — est refondue et alourdie à 900 kilos par les ateliers Cartenet, avant d'être solennellement bénie grâce au concours de notables de la commune.
Fêlée en 1944 pour avoir trop sonné la Libération, la cloche doit être remplacée. Le 1ᵉʳ mars 1953, l’abbé Tocqueville accueille sous une tente une foule nombreuse réunie autour de Monseigneur Lemonnier pour le baptême de la nouvelle cloche, prénommée « Aline-Eugénie ». Face au portail, un vitrail offert par le parrain et maire, M. Depresle, rappelle encore aujourd'hui la ferveur de cette journée.