La famille de La Londe du Thil : un pilier de la notabilité cauchoise
Au cœur du hameau du Thil, à Claville-Motteville, a résidé une lignée dont l'histoire se confond avec celle de la région : la famille de La Londe du Thil. Originaire de la Basse-Normandie, et plus précisément des environs de Caen, cette famille s'établit à Claville bien avant d'autres grandes maisons seigneuriales, marquant le territoire par son engagement public et social.
Une ascension au service de l'État Le XVIIIe siècle illustre la réussite de cette lignée au sein de la haute administration. Pierre Romain Delalonde (1746-1791) incarne cette élite : Conseiller du Roi, il occupe les fonctions prestigieuses de contrôleur et garde en la monnaie de Rouen, tout en étant vice-consul de Suède. Son fils, Charles Louis de La Londe du Thil, marque la période post-révolutionnaire en devenant une figure centrale de la vie communale. Maire de Claville-Motteville de 1828 à 1848, il est également le président dévoué du Comice agricole de Cailly, où il œuvre pour le progrès de l'économie rurale. Son sens du devoir et sa bienveillance lui valent d'être qualifié d'« Homme de bien » par ses contemporains.
Un ancrage local et spirituel La famille possède la terre du Thil, où la maison d'habitation, restaurée avec soin, s'élève au milieu d'un jardin rayonnant de fleurs. Au-delà de leur domaine, les de La Londe participent activement à la vie de la paroisse. Bien que longtemps restés en dehors des affaires de l'église, ils intègrent le conseil de fabrique en 1821 et en deviennent de généreux donateurs. Leurs sépultures, situées dans la chapelle des Mages au sein de l'église, témoignent de cet attachement spirituel et historique au sanctuaire local.
Une identité gravée dans le marbre L'histoire de la famille est aussi celle de son nom. À la suite d'un jugement du tribunal civil de Rouen en 1840, le patronyme « Delalonde » est officiellement rectifié pour s'écrire en trois mots : « de la Londe », affirmant ainsi une identité plus conforme à leurs racines.
A la fin du 19ème siècle, Louis de La Londe et ses sœurs, Henriette et Constance, occupent toujours la propriété du Thil, la famille continue d'incarner une noblesse de cœur et d'action. Par leurs bienfaits et leur présence constante, ils demeurent l'un des trois piliers de la commune, aux côtés des domaines de Claville et de Gouville.