Au cœur du hameau de Gouville, rattaché à la commune de Claville-Motteville depuis 1829, se dressait autrefois une silhouette architecturale singulière : le Chalet de Gouville.
Bien qu’il soit aujourd’hui détruit, cet édifice demeure un témoignage caractéristiques de l’évolution des grandes propriétés cauchoises et de l’histoire sociale du siècle dernier.
Une architecture de briques au cœur d'un « séjour enchanté »
Si le château de Gouville, reconstruit par Achille Lemasson puis magnifié par le comte Adrien de Germiny, reste le monument le plus célèbre du secteur, le Chalet occupe une place à part dans la topographie locale. Ce bâtiment, reconnaissable à ses toitures complexes, ses lucarnes travaillées et ses nombreuses cheminées, incarne l’élégance des demeures de la fin du XIXe siècle. Intégré dans ce que les contemporains décrivent comme un « séjour enchanté » au sein de la vallée de la Cailly, le Chalet participe alors au rayonnement de ce domaine d'exception.
Le temps des colonies de vacances
L’histoire du Chalet est intimement liée à une vocation sociale et éducative marquante. Durant une partie du XXe siècle, la propriété change de destination pour devenir un lieu de colonies de vacances. Les documents iconographiques de l'époque conservent l’image de groupes d’enfants s’égayant sur les pelouses, devant sa façade imposante. Cette animation enfantine apporte alors une vie nouvelle à ce territoire rural, dont l'identité est traditionnellement marquée par l'agriculture et l'élevage.
Un patrimoine évanoui
Malgré sa structure imposante, le Chalet de Gouville finit par disparaître du paysage cauchois. Sa destruction prive la commune d'un repère visuel important qui complétait l'ensemble architectural formé par le château, l'étang et les serres monumentales du domaine.
Aujourd’hui, il ne reste de ce bâtiment que des photographies, reflets d’une époque où la villégiature et l’accueil des jeunes générations marquaient le dynamisme de Gouville. Pour l’historien, le souvenir de ce chalet rappelle la fragilité des monuments privés et l'importance de la mémoire locale pour faire revivre les sites disparus de notre région.