En 1650, sous l'impulsion de l'abbé Pierre Beaudouin, curé de Claville, la vie spirituelle du village prend un tournant décisif avec l'érection de la confrérie de Notre-Dame de Consolation. Cet acte de dévotion, validé par le vicariat général de Rouen, vise à offrir aux fidèles une participation active aux « grâces et faveurs divines » par l'intercession de la Vierge.
Une organisation rigoureuse et solennelle
La confrérie n'est pas qu'un simple groupement de prière ; elle possède une structure administrative précise. Le curé en assure la direction, assisté de deux paroissiens conseillers. Un secrétaire-trésorier veille sur le patrimoine, parant l'autel et conservant les ornements dans une armoire à clef. L'adhésion est ouverte aux hommes et aux femmes menant une vie exemplaire. Lors de leur réception, les nouveaux membres reçoivent un livret et une petite couronne bénite de la Vierge qu'ils portent sur eux en signe d'appartenance.
Le rythme de la vie confraternelle
Le calendrier de la confrérie est ponctué de moments forts. Chaque quatrième dimanche du mois, ainsi que lors des fêtes de la Vierge (Conception, Nativité, Purification et Annonciation), une messe solennelle est célébrée. La fête de l'Assomption constitue le sommet de l'année liturgique, offrant aux confrères des indulgences plénières. Les membres manifestent leur foi publiquement lors de processions où ils défilent, un cierge blanc à la main, derrière une image de la Vierge.
Une mission de charité et d'entraide
L'engagement des confrères dépasse le cadre de l'église. Les statuts les obligent à des actes de charité concrète : loger les pauvres, œuvrer à la réconciliation des ennemis et assister aux funérailles des membres décédés. En cas de maladie ou d'affliction, le membre peut avertir le sacristain pour solliciter les prières de toute la communauté. Pour financer ces services et l'achat de luminaires, un tronc à deux clefs recueille les oblations libres des fidèles.
Un héritage brisé par l'Histoire
L'abbé Beaudouin dote également l'église de statues de sainte Anne et saint Roch en 1650 pour stimuler la piété locale. Bien que la Révolution française en 1793 brise cette institution durable, le souvenir de cette « belle confrérie » subsiste à travers les siècles. Elle est remplacée plus tard par la dévotion à Notre-Dame de Bonsecours, mais les vieux parchemins des statuts demeurent le témoignage d'une ferveur qui a façonné l'identité de Claville-Motteville.