Photo noir et blanc non datée, depuis la croix a été réinstallée face au carrefour.
Au carrefour névralgique où convergent les routes de l'Église, de Cailly, de Clères et du Capendu, se dresse le calvaire de Claville-Motteville. Situé à l’origine sur une petite place publique en face de la mairie et de l'ancienne école des filles, ce monument en bois constitue un repère historique et spirituel essentiel pour la commune.
Une édification née de la piété populaire
L'histoire de ce calvaire commence sous le ministère de l'abbé Capron, curé du lieu entre 1834 et 1837. L'édification coûte alors 500 francs, une somme couverte par une souscription dont les traces n'apparaissent pas dans les registres officiels de la Fabrique. Toutefois, la structure originelle se révèle fragile : dès 1838, des gelées rigoureuses ou un défaut de construction obligent la paroisse à engager des réparations. C'est le nouveau châtelain, M. Frédéric Letellier, qui avance les 200 francs nécessaires à cette première restauration.
Le vœu de 1852 et les grandes restaurations
Un événement marquant transforme le calvaire en 1852. Pour honorer un vœu de Jacques Carpentier, son fils Frédéric et son gendre M. Vassier offrent un nouveau monument au village. La bénédiction du Christ est célébrée en grande pompe par l'abbé Motte, curé de Saint-Gervais, accompagné par les douze musiciens de l'Emulation Chrétienne.
Plus tard, en 1867, l'abbé Cerveau constate que la peinture et les dorures du Christ sont usées par les ans. Il lance alors un appel à la générosité des habitants lors du mardi de Pâques. Le succès est immédiat, et les travaux sont confiés à l'habile Siméon Brard.
Une ferveur villageoise intacte
Le 8 septembre 1867, jour de la Nativité de la Vierge, le Christ restauré est replacé solennellement. Une procession mémorable réunit les habitants et les paroisses voisines. Le Christ est porté sur une civière fleurie par des jeunes filles en blanc, au son des hymnes et des cloches. L'abbé Baudet, curé de Clères, y prononce une allocution devant une foule recueillie, marquant ainsi l'attachement profond des Clavillais à leur patrimoine.
En 1872, la structure bénéficie encore des soins de la famille Letellier, qui fait réparer à ses frais la base maçonnée du monument, alors en dégradation. Aujourd'hui, ce calvaire demeure le témoin silencieux des vœux et des sacrifices d'une communauté rurale dévouée à sa protection.