LE guide touristique du Médoc : Patrimoine du Médoc
LE guide touristique du Médoc : Patrimoine du Médoc
⬆️ Photos de mai 2026 : Denis Sens
L'histoire de l'ancienne forge (ou haut-fourneau) de Lacanau est un pan fascinant et méconnu du patrimoine industriel de la Gironde. On associe souvent Lacanau à ses plages ou à ses forêts de pins, mais la commune a abrité une activité métallurgique intense au XIXe siècle.
Le contexte : la métallurgie dans les Landes de Gascogne
Pour comprendre la présence d'une forge à Lacanau, il faut savoir que le sous-sol des Landes et du Médoc regorgeait de garluche (ou mine de fer des Landes). Ce minerai de fer de piètre qualité (faible rendement), mais très facile d'accès en surface, s'est formé dans le sable sableux et marécageux.
Pour extraire le fer, il fallait trois éléments que Lacanau possédait en abondance :
La garluche (le minerai).
Le bois des forêts environnantes (transformé en charbon de bois pour atteindre les températures de fusion).
L'eau, indispensable pour actionner les soufflets et les martinets (gros marteaux) via des moulins ou des canaux de rétention.
L'activité s'est développée principalement dans la première moitié du XIXe siècle (jusque vers les années 1850). Un haut-fourneau y avait été construit pour fondre le minerai trouvé sur place.
La production : Le haut-fourneau transformait la garluche en fonte, qui était ensuite purifiée pour obtenir des barres de fer. Ces barres étaient expédiées pour être travaillées plus tard. Comme la garluche locale s'est vite épuisée ou s'est révélée trop pauvre, l'usine a dû faire importer du minerai d'autres régions.
Le transport : Les matières premières et les lingots de fer étaient acheminés dans des conditions très rudes par des charrettes tirées par des bœufs, ou via de petits réseaux de wagons de type Decauville.
Les conditions de travail : Le travail y était extrêmement pénible, dangereux et insalubre (fumées, chaleur extrême, manipulation de métal en fusion). À cette époque, une main-d'œuvre locale (parfois très jeune) y était employée de longues heures durant.
L'activité s'est éteinte au milieu du XIXe siècle, incapable de rivaliser avec l'arrivée du charbon de terre (la houille) et la montée en puissance des grands centres sidérurgiques du nord et de l'est de la France.
Ce qu'il en reste aujourd'hui
Le site est aujourd'hui caché au fond de la forêt canaulaise, repris par la nature. Si vous vous aventurez sur place (le site est très sauvage, souvent encombré d'ajoncs et de végétation), on peut encore deviner la structure de cette époque industrielle :
Une cheminée en brique impressionnante, qui tient encore debout au milieu des arbres.
Les fondations en pierre des anciens bâtiments administratifs ou des logements ouvriers.
Les vestiges du système hydraulique (canaux de dérivation, digues et bassins de rétention d'eau) qui servaient à capter la force du ruisseau pour faire tourner l'usine.
Source : Gemini
-ATTENTION RISQUES D'ÉCROULEMENT-