Paloumayres et palombières

Quelques souvenirs de 2003 par Philippe Caminade


Depuis plusieurs années, Loulou observait les vols de palombes au dessus de notre village. Il les comptait. Il surveillait leur trajet suivant les vents, la lune, le temps et surtout si elles voulaient bien effectuer leur migration.

Il trouva un coin pas trop mal au milieu des pins au lieu dit « Tauriac ».

Il demanda au propriétaire, Mayoune, s’il voulait bien lui laisser quelques ares pour monter sa cabane au fond des bois. Pas de problème lui répondit-il, je te laisse faire. Les pins je ne les couperai pas, tu as le temps ils n’ont que 50 ans !!

En 2003, Loulou, grand architecte à ses heures perdues, établit les plans de la palombière de Sainte-Hélène Il en parla autour de lui, surtout à Guitou, son binôme de chasse, qui trouva l’idée formidable.

Aidé de sa famille et de quelques amis, le projet devint de plus en plus sérieux même si des personnes ont dû le prendre pour un fou.

Il fallait respecter 2 choses :

- qu’elle ne coûte pas trop cher

- qu’elle soit prête pour le mois d’octobre.

Pour la seconde condition, pas de problème il suffisait d’avoir du courage et surtout de l’huile de coude.

Pour la première, c’était plus compliqué. Comment faire ? Le vol : trop risqué !

C’est alors que Loulou nous présenta son meilleur ami et avec lui vive les économies : la SNPE (Site Nouveau des Palombières Economiques).

Et là, le projet était lancé.

Loulou commença à créer le dépôt de la SNPE à son domicile avec l’arrivée massive de palettes en tout genre, de divers morceaux de ferraille, des sacs, bref, plein de choses inutiles d’après son épouse.

Personne ne savait à quoi tout cela allait bien pouvoir servir, il s’expliquait, on ne comprenait pas mais tout le monde lui disait « oui » pour lui faire plaisir.

Pour commencer les travaux, il fallait ramener une cabane de chantier. Pour cela, il demanda l’aide de Monmon. Ils allèrent la récupérer pour l’amener sur le site de la palombière. Elle ne faillit jamais arriver suite à un léger incident qui aurait pu entraîner de lourdes conséquences.

A partir de ce moment là, les « fondations » de la bâtisse pouvaient commencer.

C’est alors que les occupations des week-end furent de la monter le plus rapidement possible et bien sûr dans les règles de l’art.

Le contremaître donnait des ordres stricts auxquels tout le monde se pliait sans broncher (sauf quand il n’était pas là).

Toute la semaine, il préparait les opérations du week-end futur, dans son garage, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, au grand dam de Mémène.

Le projet avançait à grands pas. De temps en temps, il n’y avait pas assez d’outils pour le personnel présent mais heureusement, jamais au grand jamais, il n’a manqué de « carburant » !!!

Loulou, fin stratège, connaissant tout de la palombe, préparait son plan d’attaque pour les berner du mieux possible : « elles ne vont pas me baiser !!! ».


Pour cela, il choisit les meilleurs pins pour placer les appeaux d’attaque, de pose et de retour. Il fallait quelqu’un de courageux pour grimper à la cime des arbres. Guitou, ayant l’habitude de la hauteur et jamais peur de rien, se fit un plaisir de le faire. Une chose est sûre, il n’a jamais autant aimé les pins…contrairement à Fifi qui, lui, regardait de l’autre côté, pour ne pas voir la scène.



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