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LE guide touristique du Médoc : Patrimoine du Médoc

Le Verdon-sur-Mer


  Cette « Carte du Verdon » des années 1780 est très intéressante pour les précisions qu’elle nous apporte. Attention, elle est orientée vers l’ouest !
 
            Notons l’importante des dunes, qui recouvrent plus de la moitié du territoire du Verdon. Ces terres sont qualifiées de « vaines et incultes » ; elles ne sont pas encore plantées par l’ingénieur Brémontier. Le village de Soulac, sous les sables depuis l’abandon de la basilique en 1744, n’est mentionné que comme fanal.
 
            A la Pointe de Grave, on distingue trois fortifications, qui vont bientôt tomber à l’eau avec le recul du trait de côte sous les assauts de l’océan : 

- la batterie de Girofle,
- la grande batterie, à l’extrémité de la Pointe,
- la batterie de la Chambrette, sur l’estuaire.
 
            On note également, près de la Pointe de Grave, la mention d’un « camp des travailleurs ».
Sans doute s’agit-il du logement des ouvriers chargés de l’entretien de ces forts, en combat
permanent contre la mer. D’ailleurs, la « grande batterie », édifiée en 1757, tombe à l’eau peu
de temps après la réalisation de cette carte. Quant au fort Gérofle, s’il est difficile de savoir avec
exactitude son emplacement, il est qualifié de ruine en 1800.
 
            Le hameau du Verdon n’a qu’une faible importance ; la chapelle n’est pas mentionnée, mais elle existe depuis 1723. Les quelques maisons sont entourées de marais salants ; une grande majorité des hommes de la paroisse travaille à l’exploitation du sel.
 
Enfin, juste un mot sur la rade du Verdon, célèbre depuis la fin du Moyen Age, qui sert de refuge aux navires sortant de l’estuaire car elle est protégée de la houle.

En forme de triangle, l’extrême pointe du Médoc a été façonnée par le vent et l’océan durant les siècles avant que la main de l’homme ne réussisse à freiner l’érosion. D’ailleurs, Brémontier planta ses premiers semis à la Pointe de Grave dès 1801. C’est au milieu du XIXème siècle que cette pointe prend sa configuration actuelle. Mais le milieu est sensible, menacé par les violents courants marins. Dans combien de temps Le Verdon sera-t-il une île ?

            Longtemps, y vivre fut difficile. L’avancée des sables, l’infertilité des sols, les fortes fièvres des marais, tout devait repousser la vie humaine. Pourtant, une petite colonie s’y est implantée pour pratiquer la pêche, le cabotage, la culture du sel et la contrebande. Les marais salants sont attestés dès le XIIème siècle dans une charte reprenant des droits de la basilique de Soulac. L’exploitation du sel à grande échelle est menée par des Saintongeais huguenots fuyant les guerres de religion autour de La Rochelle.

            La rade du Verdon, vaste étendue d’eau dans l’estuaire, est protégée des vents d’ouest dominants. Les navires fréquentant le port de Bordeaux y attendaient les vents favorables avant de prendre le large.

            Le phare de Cordouan, marque l’embouchure de la Gironde. Il a été édifié entre 1584 et 1611 pour signaler l’entrée de la passe. Œuvre majestueuse battue par les flots, le phare a résisté à bien des périls et, depuis plus de quatre siècles, reste à la pointe de beaucoup d’innovations techniques dans les systèmes d’éclairage. Aujourd’hui, il est le seul phare en mer conservant une présence humaine. Plus de 20 000 visiteurs s’y pressent chaque année, à la saison estivale, pour découvrir sa chapelle où une messe était servie par des moines récollets de Royan jusqu’à la Révolution. Il a été classé monument historique en 1862.

            Un arrêté du Conseil du Roi de 1712 institua une taxe pour tous les navires entrant et sortant en Gironde. Ce prélèvement, pourtant modique (quelques sols), permit la construction d’une chapelle royale au Verdon en 1723. Les marins voulaient un secours spirituel avant de prendre la mer. En 1852, la chapelle en fort mauvais état est confiée à la commune, à condition de célébrer une messe pour les marins tous les 15 août. Cette tradition a été reprise par la Fête de la Mer que nous connaissons, chaque été.

            Le village du Verdon n’a eu, longtemps, qu’une faible importance : 300 habitants à la Révolution, c’est bien tout. Mais, blotti entre les dunes et les marais salants, ouvert sur un petit port en fond d’un chenal se jetant dans la rivière, Le Verdon a su profiter de ses atouts qui lui permirent d’obtenir, après des difficultés, la séparation de Soulac en juillet 1874.

            La période faste de la commune est, sans nul doute, les années 30. La construction d’une gare maritime moderne (le môle d’escale en avant-port de Bordeaux) permit l’accueil des plus grands paquebots du monde. Inauguré en juillet 1933, le môle d’escale, par ses prouesses techniques, fit parler du Verdon dans le monde entier.

            Détruite en 1944, la station maritime n’a pas été reconstruite et les espoirs portés par un port pétrolier dans les années 60-70 se sont éteints avec la crise économique [...].            

Ecrit par Bruno Gasteuil
 

Le Verdon sur Mer
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