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LE guide touristique du Médoc – Patrimoine du Médoc -
la Forteresse du Nord-Médoc

 

 

La Forteresse du Nord-Médoc.

 

L'association du Mémorial de la forteresse de la pointe du Médoc veut rappeler, avec l'ouverture d'un musée et l'organisation de visites des bunkers, l'histoire de cette place forte allemande, durant la Seconde Guerre mondiale, et l'action menée par les Forces françaises de l'Intérieur pour l'anéantir

 

29 juin 1940 : les Allemands franchissent l'estuaire par le bac "Cordouan". C'est le début de l'Occupation. De 1941 à 1943, l'organisation Todt édifie le Mur de l'Atlantique. La forteresse de la pointe du Médoc, la Festung Gironde sud, qui compte 350 bunkers, bloque la Gironde avec celle du nord, installée à Royan.

 

Elle sera l'un des derniers réduits allemands sur le territoire français, libérée en avril 1945 par les Forces françaises de l'Intérieur emmenées par le colonel de Milleret – dit Carnot – après huit mois de siège.«Tous les bunkers de la forteresse de la pointe du Médoc existent encore. Ils ont souvent été ensablés volontairement ou par les vents. Mais contrairement au reste du littoral, où ils doivent être détruits, car devenus dangereux, ils sont restés protégés de l'érosion dunaire par les ouvrages de protection du Port autonome qui avaient été édifiés vers 1930, de Soulac à l'extrême pointe. Avec la présence de tous ces bunkers encore en état, il décide de créer, fin 1999, le Mémorial de la forteresse de la pointe du Médoc. «Je l'ai voulu au nom du devoir de mémoire, pour que les jeunes générations puissent connaître et n'oublient pas cette période de l'histoire du Médoc, souligne le président-fondateur de l'association Jean-Claude Souan.

 

Le Mémorial sera articulé autour d'un Musée du souvenir (ouverture au printemps 2005) et de visites guidées des points d’appui allemands.» Le musée est installé dans un local mis à disposition par la municipalité, au nord du front de mer, près de la statue de la Liberté... et de la position de défense côtière 308 A, dont l'un des bunkers est en cours de restauration.

 

«Les forteresses de l'Atlantique étaient destinées à empêcher les Alliés d'utiliser les ports, à repousser d'éventuels débarquements et, en cas de renversement de situation, à permettre aux troupes allemandes de se redéployer. Celle de la pointe du Médoc, construite de début 1942 à fin 1943, s'étendait de Soulac à Talais, au sud, avec une ligne de défense avancée de Montalivet à Jau, en passant par le pont du Gua. Le sud de la forteresse était protégé par un fossé antichars.

Celui-ci comprenait une partie naturelle, un chenal de drainage, de l'estuaire jusqu'à la route de Bordeaux, large de 6 m, profond de 2 à 4 m selon les marées et empli de vase. Au-delà, le fossé était creusé dans le sable et maintenu par des troncs d'arbres, avec des mines et des barbelés.»

 

Les "Cerbères de la Gironde"

 

Les 350 bunkers* de la forteresse, de taille variable selon leur fonction (poste de combat, de commandement, soute à munitions, abri, réserves de vivres, etc.), étaient répartis en ensembles de 10 à 25 pour former un point d’appui. «Les Allemands avaient de quoi tenir un siège d'au moins deux ans, raconte Jean-Claude Souan. Ils étaient surarmés, avec trois armes minimum par homme...»

 

Au nord de Soulac, le point d’appui S307(Les Arros) était l'un des principaux points d'appui, avec une importante station radar à la position 305 A équipée du " radar Mammut", un appareil portant à 300 km à la ronde.

 

A la pointe de Grave, à la Chambrette, deux énormes canons Krupp de 280 mm, les "Cerbères de la Gironde", surveillaient l'estuaire. Montés sur une plate-forme, ils pouvaient tourner à 360°. Mais ils n'ont pu être utilisés lors de la bataille finale, car ils avaient été expédiés auparavant en renfort vers le nord de la France.

 

600 000 mines

 

Le dispositif comprenait aussi de nombreuses défenses de plage anti-débarquement (tétraèdres en béton équipés d'explosifs, pieux en bois...). Près de 600 000 mines avaient également été enterrées sur tout le territoire de la pointe du Médoc.

 

Le 25 août 1944, juste avant l'évacuation de Bordeaux, les Allemands s'enferment dans la forteresse, tandis que les FFI commencent à remonter vers le Nord-Médoc. Le siège a duré huit mois, au cours d'un hiver particulièrement rigoureux qui a durement éprouvé les jeunes combattants du Médoc. L'opération de libération de la poche du Médoc est décidée le 13 avril 1945. «L'opération a débuté le 14, à 6h du matin, et s'est achevée le 20 en fin de journée, avec la reddition du capitaine de corvette Birnbacher et ses marins du Narvik Bataillon, réfugié au point d’appui S305.»

 

Le Musée de la forteresse  présente de nombreux panneaux, des cartes, photos d'époque et objets, illustrant la vie quotidienne des Médocains à l'époque, la construction progressive de la forteresse, le harcèlement des Maquisards à partir de sa fermeture en août 1944, puis toute l'histoire de la libération du Nord Médoc sans oublier les origines de la Seconde guerre mondiale et la défaite de la France en juin 1940.

 

«Tous les objets sont d'ici, souligne Jean-Claude Souan. Mais il n'y a pratiquement plus de mobilier dans les bunkers, mis à part quelques lits. Les habitants ont tout récupéré après la guerre.» Le président et quelques membres de l'association organisent toute l’année des visites, avec explications techniques et historiques, des imposants bunkers des points d’appui S307, S305A et S305.

 

* un bunker est un abri souterrain en béton armé (du nom de la soute à charbon située sous les cuisines des Allemands avant la guerre).

 

* un blockhaus (qui signifie maison en bille de bois) est un abri en bois, une casemate dans le vocabulaire français.

 


 

voir également "le mur de l'Atlantique" par René Magnon








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