LE guide touristique du Médoc – Patrimoine du Médoc


le fort du Verdon au Verdon-sur-Mer


Description

Le fort est un ouvrage de forme polygonale à cavalier, de type Séré de Rivières. Il est entouré d’un fossé et d’un mur d’escarpe.

Sur les saillants de la face nord-est, deux caponnières protégeaient l’envahissement du fossé.

Sur la face arrière (sud-ouest), une entrée était défendue par un haha et un pont-levis. Deux corps de garde étaient placés de chaque côté de la porte d’entrée. Le flanquement des fossés était assuré par une batterie de flanquement de pièces Reffye de 5 placée de chaque côté sur des bastions en hauteur. A chaque extrémité de cette face, deux bastions en angle contrôlaient l’arrière du fort avec des pièces de 5.

La cour d’honneur donnait accès aux différentes rampes de communication du cavalier et des bastions, aux latrines, à la cuisine et au puits, à la poudrière et au magasin à munitions. La partie basse du cavalier abritait le casernement composé de neuf travées qui accueillaient les chambrées et les magasins d'artillerie et du génie. Dans sa partie supérieure, cinq traverses abris encadraient sept plateformes d’artillerie. De chaque côté de la traverse centrale se trouvait un canon de 27 C, puis derrière la traverse suivante un canon de 24 C et derrière la traverse suivante deux autres canons de 24 C.

[Ces éléments de description ont été communiqués par Marc Mauvais (Le Verdon-sur-Mer)].


Historique

Le fort du Verdon est l'héritier d'une succession d’ouvrages défensifs construits à cet emplacement stratégique de l’embouchure de l’estuaire depuis le 18e siècle.

Une carte de 1756 indique l’emplacement prévu pour la construction de la batterie de la Pointe de Grave et celle de Guette l’Amy à Royan. Édifiée en 1757 mais aussitôt menacée d'engloutissement par l’érosion de la côte, elle est ainsi décrite dans un document daté 1768 : "La batterie de la pointe de Grave est aussi ruinée, mais on en découvre encore quelques vestiges comme des fascinages, palissades dont il ne paraît plus que les pointes. Le fossé qu’on dit y avoir été fait est entièrement comblé". Entre 1772 et 1793, la batterie est reconstruite à plusieurs reprises. En 1799-1800, un ouvrage est établi sur les plans de Joseph Henri Ménaud de Bazignan, lieutenant-colonel du Génie de Bordeaux.

La carte de Belleyme levée en 1774-1775 n’indique que les ruines de la batterie de Girofle, qui défendait la passe sud côté océan, et celles de Chambrette, côté rade du Verdon. Sur une autre carte dressée par Clavaux en 1772, la redoute de la Pointe de Grave est en revanche bien indiquée. Selon un mémoire de 1793 de Daux de Lescout et Bazignan, "pour défendre l’entrée de la rivière l’ancien gouvernement avait fait construire dans cette partie trois batteries : la première à la pointe de Gérofle [...], la deuxième à la pointe de Grave et la troisième établie à la Chambrette". Or, il semble que le maréchal de Thomond ait construit une importante batterie à la Pointe de Grave, mais qu'il n’ait pas eu de temps de la palissader avant sa mutation en Languedoc. Il aurait alors construit deux petits ouvrages pour empêcher les attaques par débarquement.

Devant la menace anglaise, les décrets du 17 août 1811 réorganisent la défense de la Gironde. La redoute de la Pointe de Grave est en cours de construction dans les années 1810-1811 ; elle complète les défenses de la rive droite à Suzac, Royan, Terre Nègre et la Coubre. Encore inachevée, elle fait l'objet de modifications : le rempart maçonné est très largement agrandi et une enceinte maçonnée et crénelée est ajoutée. Elle est également équipée d’une tour-modèle n°1 servant de réduit. Ces dispositifs pouvaient être complétés par des navires rapides et armés, voire par une batterie flottante.

Le 10 décembre 1813, le mur d’enceinte n’est pas tout à fait terminé, il arrive juste au niveau des créneaux. La tour est également inachevée.

En application d’une décision du maréchal Soult, prise le 11 février 1814 à Sauveterre, le général Baron L’Huillier donne l’ordre d’entreprendre les derniers travaux de mise en défense.

L’entrée des navires anglais dans l’estuaire a lieu le 27 mars 1814. Les bâtiments du fort de Grave sont incendiés. Le site est évacué par les artilleurs, qui emportent un maximum de matériel, enclouent les bouches à feu et brûlent le mât de communication au sommet de la tour. Une deuxième intervention en 1815 laisse l’ouvrage saccagé.

De cet ouvrage défensif du début du 19e siècle sont conservés des vestiges de la tour-modèle n°1 dissimulés sous la dune de la Pointe.

Le fort du Verdon, situé au sud-ouest de port-Bloc, est construit selon le système Séré de Rivières en 1877-1881 et modernisé à plusieurs reprises. Il assure la première ligne de défense de Bordeaux avec les forts du Chay et de Suzac, établis sur la rive droite de 1873 à 1878. Les dates 1877 et 1888 sont inscrites sur une arcade dans la cour d'honneur. Deux batteries auxiliaires sont venues compléter ses défenses et les moderniser. Un poste photo-électrique et une batterie de semonce de 4 canons de 95 mm sont construits avant la Première Guerre mondiale.

Le fort est intégré par les Allemands dans leur dispositif des Arros pendant la Seconde Guerre mondiale. Il devient le Stützpunkt 332 avec une batterie de DCA.

Il a longtemps accueilli les colonies de vacances des enfants de militaires.


Source : Inventaire Nouvelle Aquitaine



Le Verdon sur Mer