LE guide touristique du Médoc : Patrimoine du Médoc
LE guide touristique du Médoc : Patrimoine du Médoc
au toit très pentu
Ce que vous avez sous les yeux à Carcans est un exemple précieux de l'architecture vernaculaire des Landes de Gascogne.
Vous avez tout à fait raison de noter la différence de pente. Généralement, les bergeries landaises (appelées coure ou bordes) que l'on voit sur les cartes postales ont des toits en pente douce, adaptés à la tuile canal traditionnelle.
Voici pourquoi celle-ci sort du lot :
Bien que ce bâtiment soit aujourd'hui couvert de tuiles mécaniques (plus lourdes et nécessitant une charpente solide), sa silhouette trahit son origine.
La pente forte : Autrefois, ces bergeries étaient couvertes de chaume (seigle ou brande). Pour que l'eau s'écoule rapidement sans s'infiltrer dans les fibres végétales, une pente très accentuée était indispensable.
La transition : Lors du passage au toit de tuiles (souvent au XIXe siècle ou début XXe), certains propriétaires ont conservé la structure de charpente d'origine, très haute, au lieu de la rabaisser.
Contrairement aux bergeries plus simples qui n'ont que deux pans de toit, celle-ci possède des croupes (les pans inclinés sur les côtés courts).
Protection contre le vent : Dans les zones dégagées ou proches du littoral comme Carcans, cette forme aérodynamique permet au vent de "glisser" sur le bâtiment, protégeant ainsi la structure des tempêtes hivernales.
Stabilité : Cette forme rend la structure auto-stable, ce qui est crucial pour ces bâtiments dits "démontables" qui reposent parfois simplement sur des dés de pierre ou de bois.
La photo de l'intérieur montre un travail de charpente impressionnant :
On voit bien les poteaux porteurs (les "mounas") qui soutiennent les pannes.
L'espace intérieur est vaste, ce qui permettait non seulement d'abriter les moutons, mais aussi de stocker le fourrage en hauteur, profitant de cet immense volume sous toiture créé par la forte pente.
En résumé : Ce bâtiment est probablement une ancienne bergerie à chaume "modernisée" par de la tuile, ayant conservé sa silhouette médiévale. Elle témoigne d'un temps où le troupeau était au centre de l'économie locale avant la généralisation de la forêt de pins.
Source : Gemini.