Né le 25 juillet 1640, Gabriel découvrit le Nouveau Monde peu de temps après sa sœur aînée Renée Hervet et son beau-frère Hypolite. Il ne semble pas qu’il ait été de la même traversée que sa sœur en 1662[1]. A-t-il dû attendre sa majorité[2] avant de venir les rejoindre ? On peut le penser. Quoi qu’il en soit, il n’est probablement plus en France en février 1665, car il n’assiste pas au mariage de sa sœur Anne à Blois. On le retrouve en Nouvelle-France à l’aveu et dénombrement de 1666 alors qu’il est recensé chez les Thibierge à « Sainte-Famille de l’Isle d’Orléans »[3]. On compte déjà alors quatre cent soixante et onze personnes sur l’île.
On peut affirmer qu’il devait être débarqué à Québec en 1665 puisque les glaces du Saint-Laurent empêchaient les navires de se rendre dans la colonie avant avril et que l’aveu de dénombrement[4] de 1666, exécuté sous l’intendance de Jean Talon, fut tenu en février et mars 1666[5].
On se souviendra qu’au début des années 1650, Gabriel avait choisi de devenir tanneur et était entré en apprentissage chez Sébastien Aubert, un mégissier blésois[6]. Il sera donc tanneur en Nouvelle-France[7].
À la naissance du troisième enfant de sa sœur Renée né en Nouvelle-France, une petite Catherine baptisée le 18 avril 1667, Gabriel est le parrain du nouveau-né à « Sainte-Famille de l’Isle d’Orléans »[8].
Alors que sa sœur et son beau-frère se préparent à quitter l’île pour partir vivre à Québec, Gabriel fait l’acquisition d’une terre à Saint-Jean de l’Isle d’Orléans le 22 juin 1667 et il s’y s’installe à l’automne (J32)[9]. Cette terre, « au passage du sud dans l'île d'Orléans », lui est concédée par « François de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique en la Nouvelle-France et seigneur de Beaupré et de l'île d'Orléans ». De fait, cette terre est située dans ce qui sera connu comme le bourg Saint-Jean [10] à partir de 1676, mais pour l’instant le secteur est toujours compris dans Sainte-Famille, la « Paroisse de l’Île », bien qu’il soit situé à huit kilomètres du côté sud de l’île[11].
À l’aveu et dénombrement de 1667, conduit au début de l’automne, Gabriel, dont le patronyme est noté « Ernet », est toujours fermier pour son beau-frère, le « sieur Hyppolite Thibierge », sur la terre de ce dernier à « Sainte-Famille de l’Isle d’Orléans », un domaine de sept arpents en valeur[12]. Ce n’est plus pour longtemps cependant, car sa sœur Renée et son beau-frère résident maintenant à Québec avec leur famille[13] et signeront ce même automne deux baux à ferme à des étrangers qui occuperont les deux terres qu’ils avaient acquises en 1662[14]. Employé de son beau-frère, il aura demeuré avec eux jusqu’à ce que ces derniers partent s’établir à la basse-ville. On présume que c’est après l’affermage des deux terres par son beau-frère, qu’il part, au cours de l’automne, vivre dans la maison et sur la terre dont il vient de faire l’acquisition en juin.
Gabriel veut agrandir sa concession initiale et il le fera dans peu de temps. Le 15 mars 1669, il acquiert la terre de François Marandeau (1629-1711) située non loin de sa concession. Cinq mois plus tard, il l’échange contre une terre attenante à la sienne (J31), celle de Martin Poisson (1633-1700)[15].
Quelques mois ont suffi à Gabriel Hervet pour agrandir sa terre. Cette qualité dans le commerce, on le verra, est un trait familial chez les Hervet, mais pas le seul. En effet, à la signature devant notaire de ces transactions, Gabriel, tout comme sa sœur Renée et son frère Sébastien, signa « Hervet ». Gabriel avait reçu une bonne éducation ; il savait lire et écrire et ses signatures porteront toujours le trait familial du « t » final au patronyme[16].
Simon Chamberland naquit à Saint-François de l’île d’Orléans, mais il fut baptisé par l’abbé Gaultier le 29 janvier 1674 à Sainte-Famille de l’île d’Orléans. Gabriel Hervet est dans les parages puisqu’il est choisi pour parrain ; dans sa tâche, il est accompagné de la marraine, la jeune Marguerite Landry (1660-1725) qui a épousé Esprit Carbonneau dit Provençal (1643-1715) alors qu’elle n’avait que douze ans. Ces derniers sont des voisins de la famille Chamberland[17].
Le 24 janvier 1675, Gabriel Hervet est parrain de Catherine Dumont (1675-1757), la fille de Julien Dumont dit Lafleur (c.1646-1715) et de Catherine Topsan (c.1642-1693). La cérémonie se déroule à la « Paroisse de l’Île », en l’église de Sainte-Famille[18]. La marraine Périnne Terrien (1640-1693) est une jeune veuve depuis deux ans ; elle a également trente-cinq ans tout comme Gabriel. Les Dumont-Topsan sont un couple de Normands parmi les voisins de Gabriel. Le couple tente-t-il de caser ces âmes seules ? Gabriel n’en aura pas la chance…
Gabriel est toujours célibataire après dix ans passés dans la colonie. Cependant, il n’est pas pour autant toujours seul. Des événements futurs nous permettront d’apprendre que sa vie à l’île n’était pas particulièrement un objet de fierté pour sa sœur et son beau-frère devenus bourgeois à Québec. Après sa mort, dans une affaire relative à une dette de Gabriel, son beau-frère déclarera à la cour que ladite dette découlait « des debauches que le dict deffunt Herué a faites auec des femmes ».
Quoi qu’il en soit, Gabriel ne laissa aucune descendance, car célibataire à trente-cinq ans, il fut assassiné en décembre 1675 et abandonné dans la neige par son assassin. Il fut trouvé environ huit jours plus tard. Gabriel fut inhumé le 29 décembre suivant dans le cimetière, tout à côté, de la chapelle Saint-Jean-Baptiste comme nous le révèle Benoit Duplein, le missionnaire desservant à l’époque la paroisse Sainte-Famille :
« Le 29 décembre de l’an mil six cents soixante et quinze a esté inhumé dans un cimetière près de l’Eglise de St. Jean-Baptiste le corps de feu Gabriel Hervet vivant habitant de la paroisse de St. Jean-Baptiste âgé d’environ trente et neuf ans, dont le corps fut trouvé dans les neiges quelques huit jours après son décès qui fut à ce qu’on pense vers le dix septe du mesme mois.
B Duplein, pre. »[19].
On ne connaît pas exactement les circonstances du meurtre, mais, après la lecture de ce qui nous est parvenu, on peut conclure qu’il s’agit d’une autre histoire de femmes. Une certaine Geneviève Longchamps (1637-1718) y est impliquée. Cette dernière était arrivée seule en Nouvelle-France le 16 juillet 1654 sur le navire La Fortune en provenance de Nantes[20] à l’âge de quinze ans comme « filles à marier »[21]. Elle épouse dès l’automne 1654 ou 1659[22] un certain Jacques Billaudeau (1632-1712), le parrain de Jacques Thibierge (1664-1732), le septième fils de Renée Hervet. Jacques Billaudeau et Geneviève Longchamp demeuraient à un jet de pierre de chez Gabriel Hervet, sur la première terre voisine de la chapelle Saint-Jean-Baptiste construite en 1675[23].
Cette affaire de meurtre concernant un parent de notre lignée a été portée devant le Conseil Souverain à plusieurs reprises sur une période de trois ans.
Le sixième, septième et dixième jour de mars 1676, l’intendant fit conduire une enquête. Le 18 mars 1676, Jacques Duchesneau de la Doussinière et d’Ambault (1631-1696), alors l’intendant (1675-1682), ordonne au nom du Conseil souverain que Simon DuVerger (1637 — ), volontaire[24] et vagabond[25], déjà prisonnier, soit écroué et mis aux fers, pour être entendu et interrogé par le sieur Louis Rouer de Villeray (1629-1700), premier conseiller au Conseil souverain[26]. Simon DuVerger est effectivement interrogé le jour même. Malheureusement, l’assassin réussit à s’évader le lendemain avant de subir son procès. Ses geôliers sont à leur tour interrogés puisque les fers dudit DuVerger avaient été retrouvés[27].
Le 23 mars 1676, Rouer de Villeray dépose son rapport de l’interrogation de Simon Duverger, interrogation qu’il a faite avant l’évasion de ce dernier. Deux autres procès-verbaux sont aussi déposés cette journée-là, celui du concierge et geôlier des prisons et celui du commis de l’application des fers, lequel avait reconnu les fers en question.
Puis, alors que l’enquête progresse lentement en coulisse, il ne se passe plus rien pendant un an.
Pendant ce temps, la mort de Gabriel continuera de hanter sa sœur Renée et même pour quelques années encore. En août 1676, à titre d’héritière du défunt, elle est condamnée par la cour à « payer la somme de vingt livres dix sols »[28] pour une dette que son frère avait contractée. Lors de la comparution son mari Hypolite Thibierge (1629-1700) pour cette affaire, devant le Conseil souverain, ce dernier prétendra que ce dont il a hérité de lui (Gabriel Hervet) n’est pas suffisant pour payer les dettes qu’il a laissées après son décès. Rappelons que, de son vivant, Gabriel possédait une maison et deux terres sur l’île d’Orléans. Le Conseil souverain ne retiendra donc pas l’argument du mari de Renée[29]. La demanderesse dans cette affaire, Charlotte de la Combe (1640-1710) deviendra, dix ans plus tard, la belle-mère du père de tous les Harvey du Québec, Sébastien Hervet, frère de Renée. Pour l’instant, elle est toujours la femme d’Antoine Caddé (1644-1688), maître d’hôtel de l’Intendant, sur le point de devenir le Seigneur de la « Rivière de la Magdelaine estant au dessous des Monts Notre Dame du costé du sud, laquelle se décharge dans le fleuve St. Laurens »[30] en Gaspésie.
Mais revenons au procès pour meurtre de Simon DuVerger…
Lors du Conseil souverain du 22 février 1677, Geneviève Longchamps, du comté St-Laurent (île d’Orléans), est assignée à comparaître personnellement pour être entendue et interrogée. Ainsi le treizième et seizième jour de mars 1677, elle est interrogée.
Le vingt-troisième jour d’août 1677, sur les recommandations du procureur général du Roy, le Conseil Souverain ordonne que le procès soit continué et que Jacques Billaudeau comparaisse avec sa femme Geneviève Longchamps pour l’instruction du procès de Simon DuVerger[31]. À nouveau le 31 août, le couple doit comparaître devant le Conseil Souverain pour y être cette fois admonesté[32] publiquement :
« … Le Conseil pour les cas résultant du procès, a ordonné et ordonne que ledit Billondeau (sic) et sa dite femme seront présentement mandés pour être ladite femme en présence de son mari, admonestée a bien vivre et ne causer point de scandale à l’avenir, et enjoint à son mari d’y tenir la main sur peine d’en répondre en son propre et privé nom, à eux permis de se retirer ou bon leur semblera… »[33].
Billaudeau, absent à la chasse au moment du meurtre, s’en tire donc avec un sévère avertissement de surveiller les mœurs légères de sa femme à l’avenir. Il n’y parviendra sans doute pas puisque quelques années plus tard, en 1686, tandis que Jacques est encore absent à la chasse, Geneviève loue une maison de 10 pieds par 20 de Pierre Parent (1617-1698) sur la Rue Sault-au-Matelot, dans la ville de Québec, alors qu’elle vie sur l’Isle d’Orléans lorsque son mari n’est pas à la chasse.
Simon DuVerger sera pendu en effigie à une potence à la Basse-Ville. En effet, après cette longue enquête le Conseil souverain condamne Simon DuVerger :
« volontaire vagabond du comté de Saint-Laurent[34], à être pendu et étranglé tant que mort s’en suive, en cent livres d’amendes envers le Roi, ses biens acquis et confisqués à qui il appartiendra sur icelle préalablement pris ladite somme de cent livres, et cependant attendu sa fuite et évasion sera exécuté en effigie attachée à une potence qui à cet effet sera dressée sur la place de la Basse-Ville de Québec »[35].
Pour la période d’Ancien Régime, qui a vu naître et mourir la Nouvelle-France, on ne compte, en moyenne, qu’une condamnation à la peine capitale par an, et de ce nombre, plus de la moitié l’ont été en effigie puisque les condamnés, accusés généralement d’homicide, s’échappaient avant le procès. C’est donc dire que l’efficacité du système répressif d’Ancien Régime reposait en bonne partie sur la punition publique des criminels et cela même en leurs absences, par une pendaison en effigie, imprégnée de l’idée que tout sujet doit obéissance à son roi[36].
Pour en finir avec cette affaire, ce même 31 août 1677, le Conseil souverain de la Nouvelle-France proclame[37] également un : « arrêt qui enjoint à François Genaple (1643-1709), concierge des prisons de Québec, de mieux veiller à la garde des prisonniers, et qui le condamne, vu l’évasion des dites prisons de Simon DuVerger, à 100 soldes d’amende envers le roi ». Genaple n’en était pas à ses premiers blâmes dans sa gestion des prisons de Québec. Habitant avec sa famille dans les prisons du palais, il fut plusieurs fois réprimandé par le Conseil souverain pour avoir laissé s’échapper des prisonniers[38].
Et que dire de Françoise DuVerger ?[39]
Comme si ce n’était pas assez pour Renée Hervet, le Conseil souverain dans sa décision du 31 août 1677, par l’entremise de l’intendant Duchesneau, émet un arrêt ordonnant la comparution du mari de Renée en son nom parce qu’il s’est saisi des biens délaissés par son beau-frère, feu Gabriel, habitant de l’île et du comté de Saint-Laurent. Toute cette affaire tournait autour du fait que le « procureur général du Roy » avait été obligé de poursuivre et faire faire procès à Simon DuVerger, sans que Renée Hervet ne se soit « mise en peine desdites poursuites ».
Cette démarche de l’Intendant nous révèle sans doute les relations qu’entretenait Renée avec son frère Gabriel à la fin de sa vie tumultueuse puisqu’à la suite de sa mort, la couronne avait dû faire procès à Simon DuVerger à défaut de parents et d’héritiers apparents pour Gabriel.
Lorsque l’Intendant apprend que Renée s’est saisie des biens délaissés par Gabriel sans avoir contribué aux frais du procès, il considère alors les agissements de Renée comme « l’effet d’une ingratitude qui mérite une punition exemplaire », requérant que son mari en son nom soit assigné à comparaître pour se voir dire que faute d’avoir poursuivi et fait les diligences nécessaires à l’encontre de Simon DuVerger, il sera déchu et privé de la succession de Gabriel et « icelle adjugée aux pauvres de l’Hôtel-Dieu de cette ville, sur iceux, préalablement pris la somme » couvrant les frais du procès et de l’exécution par effigie. Renée venait de perdre la maison, ses bâtiments et les terres de son frère[40].
L’époux de Renée Hervet, Hypolite Thibierge est un commerçant prospère. L’esprit mercantile de ce dernier le motiva sûrement à présenter une requête au Conseil Souverain pour faire réviser la décision de vendre l’habitation de feu Gabriel pour payer les frais du procès à l’encontre de Simon DuVerger et de la décharger de tout autres demandes et poursuites qui lui pourraient être faites à l’avenir tant pour frais de justice qu’autrement. Renée et Hypolite avaient appris depuis l’affaire impliquant Charlotte de la Combe que Gabriel avait d’autres dettes qu’ils durent payer à divers particuliers et que ce dernier pouvait avoir çà et là, d’autres redevances non encore connues.
Hypolite au nom de sa femme « a aimé mieux payer… la somme de quatre-vingts quelques livres » plutôt « que de souffrir la vente de ladite habitation quoiqu’elle ne vaille pas ladite somme… ». Le Conseil Souverain dans sa décision accepta le payement proposé par Hypolite et lui adjugea l’habitation. En revanche, le Conseil ne déchargea Hypolite, au nom de Renée, que des « poursuites qui lui pourraient être faites à l’avenir pour raison des frais de justice du procès faits à l’encontre dudit Duverger » seulement[41].
Le conseil n’ayant pas voulu aller plus loin, Renée demeura donc responsable de toutes autres dettes que Gabriel aurait pu contracter pour ses plaisirs.
Au cours des deux années que traînera l’affaire devant les tribunaux de la Nouvelle-France, le Conseil souverain ne sera jamais mis au fait qu’il existait, en Nouvelle-France, un second héritier au défunt, c’est à dire Sébastien Hervet[42]
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[1] NAVIRES VENUS EN NOUVELLE-FRANCE. Des origines à la Conquête, autres immigrants de 1662, Répertoire des autres passagers de Hertel à Huot, [En ligne]. http://www.naviresnouvellefrance.net/html/vaisseaux2/autrespassagers/autrespassagersHertHuo.html#herverenee [page consultée le 30/12/2014]. Rien ne permet d’affirmer qu’il soit venu en Nouvelle-France en même temps que sa sœur et son beau-frère. La première mention de sa présence au pays fut lors du recensement de Jean Talon de 1666.
[2] L’âge de la majorité, du temps de Gabriel, était à vingt-cinq ans. Elle ne passa à vingt et un ans qu’à la Révolution française en 1792.
[3] Centre des archives d’outre-mer (France) vol. 460, recensement de la main de Jean Talon, intendant 1666, page 81.
[4] L’aveu et dénombrement est l’information à propos de sa seigneurie (population, superficie des tenures, droits et coutumes juridiques de la seigneurie, etc.) qu’un seigneur doit remettre à l’État, donc l’Intendant, durant toute la période où la Nouvelle-France était considérée province française, soit entre 1663 et 1760.
[5] LAFONTAINE, André. Recensements annotés de la Nouvelle-France 1666 & 1667. Sherbrooke, A. Lafontaine, 1985, 414 pages.
[6] LE MAUFF, Ghislaine. « Des Hervet blésois aux Harvey québécois », Mémoires de la Société généalogique canadienne-française, Volume 62, numéro 2, (été 2011), cahier 268, pages 139.
[7] THIVIERGE, Robert. 1662 de Blois à l’île d’Orléans. Montréal, À compte d’auteur, 2021, page 75.
[8] BAnQ., Registre de la paroisse Saint-Famille de l’Isle d’Orléans, 18 avril 1667.
[9] A.N.Q., GN. Minutier Paul Vachon dit Pomerleau, 22 juin 1667. Gabriel Hervet est mentionné comme étant le tenant au sud-est de la terre J33 concédée également en 1667 à Jean Jouanne par Mgr de Laval. Cette terre est la J32.
[10] BOIS, Louis-Édouard. L’île d’Orléans : notes sur son étendue, ses premiers établissements, sa population, les mœurs de ses habitants, ses productions. Québec, Imprimerie générale Augustin Coté & cie, 1895, pages 146-147.
[11] Le 6 avril 1676, l’île devient un comté, « la (sic) comté de Saint-Laurent en la Nouvelle-France » et est divisée en quatre bourgs, soit : Saint-Pierre, Saint-Jean, Sainte-Famille et Saint-Paul qui deviendra Saint-Laurent en 1698. Les habitants de l’île étaient alors réputés habitants de l’île et du comté de Saint-Laurent.
[12] LAFONTAINE, André. Recensements annotés de la Nouvelle-France 1666 & 1667. Sherbrooke, A. Lafontaine, 1985, p. 99.
[13] LAFONTAINE, André. Recensements annotés de la Nouvelle-France 1666 & 1667. Sherbrooke, A. Lafontaine, 1985, p.211.
[14] Voir la section consacrée à Renée Hervet.
[15] A.N.Q., GN. Minutier Paul Vachon dit Pomerleau, 25 août 1669. Les deux transactions sont citées dans le document ; échange entre Martin Poisson et Gabriel Hervet. Les terres sont la J29 et la J31. Celle qui lui reviendra est la J31.
[16] ROY, Pierre-Georges. « Noms propres au Canada-Français », Bulletin des recherches historiques : bulletin d’archéologie, d’histoire, de biographie, de bibliographie, etc. Volume quinzième, numéro 4 (avril 1909), page 112.
[17] CHAMBERLAND, Gilles. Les Chamberland : Monographie familiale. Édition privée, Lévis, 2011, page 370.
[18] BAnQ., Registre de la paroisse Saint-Famille de l’Isle d’Orléans, 24 janvier 1675.
[19] Ibid., 29 décembre 1675. Une chapelle en bois nommé en l’honneur de Saint-Jean-Baptiste avait été construite sur le site de l’église actuelle en 1675 avant la fondation de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste en 1679. La sépulture est inscrite au registre de la paroisse Sainte-Famille, car il s’agissait encore de l’unique « Paroisse de l’Île » au décès de Gabriel.
[20] NAVIRES VENUS EN NOUVELLE-FRANCE. Des origines à la Conquête, autres immigrants de 1654, Répertoire des autres passagers, [En ligne]. http://www.naviresnouvellefrance.net [page consultée le 30/12/2014].
[21] Selon l’historien Jacques Lacoursière « De 1634 à 1663, plus de 200 filles célibataires viennent s’établir en Nouvelle-France. Prises en charge par les communautés religieuses, elles portent le nom de fille à marier. En 1654, c’est la reine Anne d’Autriche, mère de Louis XIV, qui s’occupe de l’envoi d’une dizaine de filles à la colonie sous la conduite de religieuses. Ces filles se distinguent des Filles du roi parce que le voyage et leur établissement au sein de la colonie ne sont pas financés par le roi de France ».
[22] BAnQ., Registre de la paroisse Notre-Dame de Québec. Le mariage est inscrit à deux dates différentes au registre, la première inscription qui semble être une copie est datée du 24 octobre 1654 et la seconde est inscrite à la date du 28 octobre 1659. Si le mariage à bel et bien eu lieu en 1659, le couple aurait eu quatre enfants hors mariage. L’Association des Bilodeau considère que l’année 1654 est la bonne.
[23] Hommage de l’Association des Bilodeau, 2005, plaque commémorative dédiée à Jacques Billaudeau et Geneviève Longchamps.
[24] Immigrant venu en Nouvelle-France sans être lié par un contrat d’engagement et qui était libre de s’établir au pays ou de retourner en France. Il est généralement un travailleur libre et sans qualification particulière, qui louait ses services pour remplir des tâches diverses.
[25] Ici, vagabond n’est aucunement péjoratif. Au XVIIe siècle, on appelait vagabond un artisan qui n’avait pas acheté une terre et continuant de s’engager à la journée, à la semaine, au mois ; sa situation correspondait à celle d’un journalier actuel. Par contre, souvent, il vivait en marge de la société et s’adonnait à la contrebande des fourrures avec les Amérindiens. D’ailleurs, le statut de Simon DuVerger semble avoir été le même depuis longtemps, car lors du recensement de Talon de 1667, on le retrouve déjà parmi les domestiques sur la ferme de la seigneurie Denis. On ne sait pas quand et comment ce dernier est arrivé dans la colonie. Le Fichier Origine est muet à son égard. Le Fichier Origine est le répertoire des actes de l’état civil et des actes notariés trouvés dans le cadre du projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865.
[26] BAnQ., Registre no 1 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (18 septembre 1663 au 19 décembre 1676), f. 267.
[27] BAnQ., Registre no 1 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (18 septembre 1663 au 19 décembre 1676), f. 267-267v.
[28] Onze livres.
[29] BAnQ., Registre no 1 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (18 septembre 1663 au 19 décembre 1676), f. 258v, le 14 août 1676. Hypolite Thibierge, au nom de son épouse Renée Hervet, est condamné.
[30] FRÉCHETTE, Édouard-R. Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale, Demandés par une adresse de l’Assemblée législative, 1851. Québec, Imprimerie E. R. Fréchette, 1852, pages 332-333.
[31] BAnQ., Registre no 2 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (11 janvier 1677 au 25 avril 1678), f. 31v.
[32]Faire une sévère réprimande à quelqu’un en avertissant de ne pas recommencer.
[33] BAnQ., Registre no 2 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (11 janvier 1677 au 25 avril 1678), f. 32v-33.
[34] En 1675, l’Isle d’Orléans appartenant à François Berthelot fut érigée en comté noble, sous le nom d’Ile et comté de Saint-Laurent. À partir de cette époque et jusque vers 1770, elle a porté alternativement le nom Saint-Laurent et d’Orléans. Dans : TURCOTTE, Louis-Philippe. Histoire de l’Ile d’Orléans. Québec, Atelier typographique du Canadien, 1867, page 12.
[35] BAnQ., Registre no 2 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (11 janvier 1677 au 25 avril 1678), f. 33v.
[36] GARNEAU, Jean-Philippe. « Rendre justice en Nouvelle-France : les voies et les limites de l’obéissance. » Bulletin d’histoire politique. Volume 18, numéro 1 (automne 2009), page 87.
[37] COLLECTIF. Jugements et délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France/Législature de Québec. Québec, Imprimerie Coté et cie, 1885-1891. 6 volumes, 1887, Volume 2, page 1064.
[38] VACHON, André. « Genaple de Bellefonds, François ». Dictionnaire biographique du Canada. 1re édition 1969, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 2003, 15 volumes, volume II (Décès de 1701-1740).
[39] SÉGUIN, Robert-Lionel. La vie libertine en Nouvelle-France au XVIIe siècle. (2 volumes), Ottawa, Les Éditions Leméac Inc., 1972, pp. 241-243. Françoise DuVerger est arrivée au pays avec sa sœur Suzanne en 1659 à bord du Saint-André. Fille du musicien de Paris Jean-Jacques DuVerger et de Suzanne De Laval, elle fut pendue le 17 novembre 1671. On ne trouve plus trace de sa sœur Suzanne dans la colonie après 1666. Fichier Origine, Fédération québécoise des sociétés de généalogie et Fédération française de généalogie. Fiches 380032 et 380033. Robert-Lionel Séguin, tout comme plusieurs autres sources, mentionne l’arrivée des deux sœurs comme engagés, filles à marier, amenées de Paris par Jeanne Mance en 1659. Léonard Bouchard, écrivain et historien, mentionne que les parents de Françoise et Suzanne seraient arrivés au pays aux environs de 1645 ; il n’y a pas de preuve historique supportant cette affirmation.
[40] BAnQ., Registre no 2 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (11 janvier 1677 au 25 avril 1678), f. 34-34 v, le 31 août 1677. La décision ne traite que de l’habitation de Gabriel Hervet. Rien n’est mentionné à l’égard des deux concessions qui furent siennes.
[41] BAnQ., Registre no 2 des arrêts, jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France (11 janvier 1677 au 25 avril 1678), f. 40-40v, le 20 septembre 1677.
[42] Le nom de Sébastien n’est mentionné dans aucune de la dizaine de décisions de justice rendue à Québec reliées au meurtre de son frère et aux démarches de reconnaissance d’héritage entamée par le beau-frère.