Louis Marie Harvey œuvra dans le domaine de la culture une bonne partie de sa vie. Il est de la lignée de Harvey implantée dans la région de Sainte-Flavie et de ses environs depuis 1849. Le père de Louis est un conscrit de la Grande Guerre qui aurait pu facilement échapper à l’enrôlement puisqu’il avait perdu un œil en 1912, en jouant à la balle au Séminaire de Rimouski où il faisait ses études commerciales ; il préféra ne pas se présenter à l’enrôlement, présumant sans doute que l’armée comprendrait, mais il fut tout de même déclaré déserteur.
Louis naît le 8 décembre 1941 dans la municipalité de paroisse à vocation agricole de Sainte-Jeanne-d’Arc, un village du Bas-Saint-Laurent où son père est marchand. De fait, son père Antoine Harvey (1897-1975) est avant tout inspecteur dans le domaine de la foresterie, pour le compte du gouvernement dans la grande région de Rimouski. Régulièrement absent de la maison, c’est sa femme Marie Anna Lavoie (1900-1983) et les enfants qui tiendront commerce au centre du village[1]. Dans la maison construite par ses parents en 1927, l’habitation familiale occupe l’étage, laissant tout le rez-de-chaussée au magasin général.
Louis, qui est le cadet d’une famille qui compte trois enfants, apprendra très vite à commercer et à tenir boutique. Comme tout bon magasin général de village, on y vend de tout, même du carburant puisqu’une pompe à essence était déjà installée à l’avant du commerce à la naissance de Louis[2].
Il fait d’abord ses études au couvent paroissial puis, pour un temps, il poursuivra au collège de I'Islet et à celui de Saint-Pascal pour terminer un cours commercial à l’Institut Rheault de Mont-Joli. Quelques années plus tard, il entreprend un cours d’instrumentiste à I'hôpital Saint-Joseph de Rimouski. C’est lors de son passage à Rimouski qu’il fait la rencontre d’une jeune fille du lieu.
Louis a vingt-trois ans lorsqu’il épouse Rosalyne Saint-Pierre le 25 septembre 1965 dans l’église Saint-Robert-Bellarmin de Rimouski. Le couple s’établit à Maria en Gaspésie l’année suivante. Ils auront trois enfants.
Fort de sa formation de l’hôpital de Rimouski, Louis est embauché à l’hôpital de Maria dans la Baie-des-Chaleurs où il travaillera pendant de nombreuses années.
À la fin des années 1970, la Baie-des-Chaleurs manque désespérément de moyens d’information. Un petit groupe de personnes, dont Louis, se met en tête d’implanter une radio communautaire. Il en sera un des donateurs fondateurs. Le CRTC accorde un permis de diffusion et CIEU-FM entre en ondes le 28 octobre 1983. Après un cours intensif d’initiation à la radio communautaire au Cégep de la Gaspésie, Louis animera pendant quelques saisons l’émission Écoutez la chanson, mettant de l’avant la chanson francophone à texte qu’il appréciait tout particulièrement. La radio communautaire dont la programmation était assurée par quelques animateurs rémunérés, mais aussi par quelques bénévoles devient rapidement la radio de la Baie-des-Chaleurs. Son fils Rock est encore aujourd’hui, en 2025, animateur à cette station locale.
Homme de lettres, Louis réalise un rêve en 1990 lorsqu’il fait l’acquisition de la librairie Liber de New Richmond. Il peut enfin partager sa passion pour la lecture et guider tout un chacun dans leurs lectures.
Homme de théâtre, en parallèle de ses activités à la librairie pendant la décennie suivante, Louis partagea la scène avec plusieurs dans les productions de la troupe le Clan Destin.
En 2007, il écrit un roman, La traversée, racontant sur trois générations la vie d’une famille gaspésienne, exprimant sa sensibilité pour les autres et sa lucidité quant à l’organisation sociale de l’époque.
Louis Harvey s’est éteint le 31 juillet 2025 à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Il a laissé sa marque au cœur même de la vie culturelle et littéraire de la Baie-des-Chaleurs en la portant à bout de bras, comme on porte un grand rêve.
Louis Harvey a comme généalogie patrilinéaire le marchand général Antoine Harvey (1897-1975), les cultivateurs François Xavier Harvey (1861-1897), Éphrem Harvey (1824-1902), Jean Baptiste Hervé (1798-1862) et François Hervé (1760-1843) le pilote Dominique Hervé (1736-1812), l’un des premiers défricheurs de l’Isle aux Coudres Sébastien Hervé (1695-1759) chez le migrant Sébastien Hervet (1642-1714).
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[1] HARVEY, Yolande. Sainte-Jeanne d’Arc en fête. Corporation municipale de Sainte-Jeanne d’Arc, 1982, pages 310-313.
[2] MCC. Répertoire du patrimoine culturel du Québec. 177, rue Principale, Sainte-Jeanne-d’Arc [En ligne]. https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=188589&type=bien [page consultée le 12/08/2025].