Bettina Rheims (1952) photographe française née à Neuilly-sur-Seine. Elle est la fille de l’académicien Maurice Rheims et la sœur de l’actrice Nathalie Rheims. Sa carrière débute par plusieurs corps de métier : elle est tour à tour mannequin, journaliste et galeriste, avant de se consacrer à la photographie en 1978.

Bettina Rheims, photographe à la renommée internationale se passionne pour la peau et sa vérité ainsi que pour les êtres en quête de métamorphose. Possédant un sens de la couleur, une vision intime et personnelle du corps féminin, elle a su développer un univers sensible où elle explore les différences facettes de l'âme humaine. Elle a fait scandale avec « INRI », une réinterprétation du Christ ainsi qu’avec des portraits de femmes souvent dénudés et provocants. Des stars de cinéma, de la musique, des mannequins célèbres, des artistes, des amies rencontrées dans sa vie de tous les jours, ont posé pour elle, dans des mises en scène dont elles se sont faites les complices.

Ses images révèlent la beauté secrète et la fragilité du monde de la mode et du glamour. « Portraits nus » c’est ainsi que Bettina définit elle-même l’ambivalence de son œuvre, dont le véritable mystère n’apparait que derrière l’enveloppe de chair. Elle entretien un rapport compliqué et contradictoire avec la photo de mode, fait d’ajustement et de décalages permanents. Elle cherche toujours à dérouter, bouleverser, scandaliser ou tourner en dérision les codes. Elle scrute le corps de ses modèles. Les photos de Bettina sont un sentiment de perfection formelle qui suspend le temps entre le réel et l’artificiel, un voyage dans l’univers des femmes. Elle crée un nouveau continent dans la géographie de l’érotisme. Sans peur ni vulgarité, elle respecte les règles de son maitre Helmut Newton, elle ose jusqu'à ce que le fil de l’élégance ne se brise et s’arrête juste avant. En défiant les vertiges de l’amour, la photographe et son modèle se provoquent, oublient toute pudeur, lorsqu’une femme se trouve derrière l’objectif.

Les femmes de Bettina Rheims  sont nues, provocantes et désirables. Elles se montrent sans se donner, en femmes fatales, tout en restant mystérieuses dans l'univers formidablement complexe et sophistiqué de la photographe. Chaque photographie est le résultat d'un long cheminement créatif, les images qu'elle invente semblent directement issues de son inconscient, truffées de références à l'histoire de l'art, aux rêves de l'enfance et aux surréalistes tel-que Marcel Duchamp.

Bettina Rheims abandonnera le noir et blanc et décidera d’utiliser que la photo couleur avec une couleur intense, une couleur colorée, donnant ainsi à ses clichés un coté moins passéiste.

« Chambre Close » réalisée entre 1990 et 1992, sera le premier travail de Bettina Rheims effectué en couleur, allant à l´encontre de l´esthétisme noir et blanc de ses séries antérieures pour ne conserver que la vision du réel, dans son aspect cru et audacieux. Par l´utilisation la chair apparaît vivante et d’un réalisme déconcertant. Bettina transcende ainsi le corps pour atteindre la féminité la plus primitive, celle des pulsions plus ou moins refoulées, des pulsions sexuelles. Elle conjugue la conscience de son modèle à sa peau, et la capte sur sa pellicule. Elle se place comme un homme inconnu, clandestinement pour assouvir ses convoitises féminines, elle se glisse dans la peau d’un personnage fictif pour donner vie à ses photographies et donner corps à cette obsessionnelle approche du nu.

« J'aime la chair, je suis une photographe de la peau. » Bettina Rheims

Chambre Close, ce sont autant des nus que des chambres d´hôtel. Le banal, l´impersonnel, l´effacement de toute trace d´appropriation sont l´état normal de ce genre de lieu. La photographe créée une situation exceptionnelle grâce au caractère doublement éphémère du lieu et de l´instant, de la mise en scène dans laquelle elle plonge son modèle est parfaitement maîtrisée, dans le décor elle parvient à mettre en confiance son sujet qui en oublie totalement sa situation. Cette une série de photographies sur la banalité du fantasme, du modèle et du lieu. L´originalité de Bettina Rheims est de retirer à la photographie son caractère figé et d´offrir à travers des instants uniques de vie, une nouvelle vision du monde qui l´entoure.

« J´ai voulu jouer avec les désirs et les fantasmes, travailler sur la séduction, ce qu´on montre ou ce qu´on ne montre pas et jusqu´où on va. Si l´on joue et l´on se montre aujourd´hui, c´est peut-être parce qu´il n´y a plus que ça de sûr : le voyeurisme » Bettina Rheims

« Je voulais que ces femmes ressemblent à des sculptures de Rodin, pour que le spectateur ait envie de les toucher. » Bettina Rheims