Raymond Depardon (1942) photographe français, né à Villefranche-sur-Saône, issu d'une famille d'agriculteurs.

« Il faut aimer la solitude pour être photographe. » Raymond Depardon

Raymond Depardon, a plus d'une flèche à son arc, photographe, réalisateur, journaliste, scénariste, il est l'un des plus grand documentariste français avec un style direct, transparent, dépouillé, ses films sont un engagement total, il cherche à changer la face du monde.

Il touche à tous les genres, en portant son regard humaniste sur le Tchad aussi bien que sur les asiles psychiatriques, aux urgences hospitalières, pénètre les palais de justice, explore ses origines du monde paysan avec les problèmes qu'il engendre et s’intéresse à la photographie politique, qui selon lui, l'age d'or se situe entre mai 1968 et 1982, en étant l'ère de « la photo de contact ». Photographe empathique, il traite avec la même passion l’ordinaire et l’exceptionnel.

« Jamais ne s’arrête l’idée d’une photographie, d’une image à faire, la mémoire d’une lumière, la surprise d’un cadre, jamais de repos pour la quête d’un bonheur photographique. » Raymond Depardon

Son travail repose sur le talent, l'intégrité, l'énergie et la force, un des traits les plus caractéristiques de son œuvre est la revendication de la subjectivité, avec une volonté de photographier des « temps morts », ce qui le détache de l'école du reportage humaniste à l'européenne de Henri Cartier-Bresson, son travail se rapproche plus de l'école américaine, des photographes tels que Walker Evans ou Robert Frank.

« Il faut être agressif avec soi-même et discret avec les gens qu'on photographie. » Raymond Depardon

Sa photographie respire la curiosité, est pleine d’énergie et est le résultat de penser différemment, il la mène sur une multitude de fronts, démultipliant les sujets, les approches et les esthétiques.

Il sait trouver la bonne distance pour capter la souffrance humaine, il est attiré pour l'enfermement. Toute sa carrière il déroule les thèmes qui lui sont chers, ceux de la justice, de la prison, de la psychiatrie, et des hôpitaux.

« Plutôt que témoin, je me sens davantage passeur. Les témoins sont rarement optimistes pour l’avenir. Moi je veux passer le relais. Au fond, je suis un passager de mon époque. » Raymond Depardon

Il hésite toujours longuement avant de prendre une photo, quelle soit soit en couleur ou en noir et blanc, réagit d’une manière impulsive à un choc visuel qui pour lui devient une bonne image, une sorte d’entre d’eux ou l’intime apparait au coin d’une rue ou dans un visage. Il construit ses clichés en quelque chose de cinématographique, mêle la photo au documentaire, avec une vision très claire du réel, sans aucun filtre émotif, conservant une distance pour éviter le piège de la dramatisation. Ses vues sont généralement verticales pour mieux éviter le blanc dans les ouvrages.

« J’ai été en colère, je suis resté trop longtemps en silence, en résistance, en lutte contre la lumière, contre l’icône qui ne venait pas et que tout le monde attendait. J’ai raté beaucoup de choses. Mes photos ne sont peut être que des ratages, mais quelle chance ! Les photos réussies, c’est terrible. » Raymond Depardon

Il couvre pour la première fois les JO en 1964 à Tokyo, puis ceux de Grenoble en 1970, à Montréal en 1976, en captant la joie, l’effort sur les pistes, les tapis ou les bassins comme le suspense ou la liesse dans les tribunes. Il est à travers ces jeux, le témoin de la grande Histoire, comme celui du poing levé des athlètes afro-américains à à Mexico en 1968, la placidité satisfaite de Leonid Brejnev à Moscou en 1980, il photographie tous ceux qui, pour le meilleur ou pour le pire, participent à la grande geste olympique.

« le sport est peut-être la spécialité qui apprend le mieux à bien voir. Un photographe de sport est armé pour s'aventurer sur n'importe quel autre terrain. Au bord des stades olympiques, j'ai un peu eu l'impression de devenir moi-même un athlète. Avant une grande course ou un grand concours, je ne mangeais plus, je ne buvais plus, je ne parlais plus. » Raymond Depardon

« Le réel possède un avantage considérable sur la fiction, c'est d'être unique. » Raymond Depardon