L'église romane Ste-Colombe a été bâtie par les moines de l'abbaye de Florennes. Sa tour romane fortifiée du XIIe siècle a été percée d'un portail néo-classique en 1811. Le chœur roman à chevet plat date du XIIIe siècle. La nef et les collatéraux gothiques datent du XVIe siècle: ils ont été reconstruits sur les ruines de l'église du XIIIe siècle et rehaussés au XIXe siècle. L'église a été classée en 1947 et le site constitué par l'église, les marronniers et le presbytère a été classé en 1979.
Le Batty est une grande surface, initialement en terre battue (d'où son nom), qui avait l'usage de place communale. C'est ici que l'on faisait le battage des céréales et que l'on se réunissait pour la fête annuelle, l'orchestre s'installant sur un chariot.
L'allée de marronniers a été plantée en 1898 et le tilleul en 1930 à l'occasion du centenaire de la Belgique. Menacés d'abattage en 1985, les marronniers ont été préservés grâce à une pétition des villageois.
L'ancienne ferme du XIXe siècle, implantée sur le Batty, est la seule du village à avoir sa façade au Nord. Ses étables, situées de part et d'autre du logis central et construites à des époques différentes, ont été transformées en logements.
L'église romane Sainte-Colombe.
Les marronniers sur le Batty.
La ferme du Batty, transformée en plusieurs logements.
Le bâtiment de l'ancienne école et de la maison communale a été construit au XIXe siècle. En façade se trouve l'ancienne maison de l'instituteur. L'école et la salle servant aux réunions et au rangement des archives communales se trouvaient à l'arrière; elles servent actuellement de salle communautaire et sont accessibles par la droite du bâtiment.
A l'angle de la rue Désiré Mathieu et du chemin du Moulin, sur le pignon du n°27, on remarque une plaque indicatrice en bois restaurée portant le nom du village: cette plaque a été placée par les Allemands lors de la dernière guerre mondiale.
En descendant un peu le chemin du Moulin, on remarquera à gauche une chapelle néo-classique construite par des particuliers au XIXe siècle.
Le chemin du Moulin permet de descendre jusqu'au moulin de Soulme, situé sur l'Hermeton. C'est l'un des trois moulins de Soulme et le plus ancien. Cité dès le XIVe siècle, les bâtiments actuels datent de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle, des réaménagements ayant été effectués en 1774 et 1797. Le moulin et le site ont été classés en 1976. Le pont à deux arches sur l'Hermeton, le bief et le barrage du moulin ont été classés en 1995.
L'ancienne école, salle communale et maison de l'instituteur abrite aujourd'hui le local communautaire et une habitation privée.
La chapelle "Delobbe" sur le chemin du Moulin.
L'ancien presbytère date de la première moitié du XVIIe siècle et a été réaménagé en style classique dans le seconde moitié du XVIIIe siècle. A cette époque, le curé de Soulme a creusé de nouvelles caves en-dessous du bâtiment existant, provoquant un effondrement partiel de celui-ci. Cet épisode est à l'origine de la légende des souterrains de Soulme.
Les annexes se trouvant en contrebas du presbytère et à droite du chemin de la Scierie constituaient jusqu'en 1912 la brasserie communale, alimentée par une petite marre protégée par un muret et qui se trouvait à droite dans la cour de la ferme. L'eau y était puisée grâce à une bassine pendue à un crochet dénommé "bolomave"ou parfois "bonhomme crochet". Pour que les enfants ne viennent pas souiller la marre, on disait que "le bolomave agritche", c'est-à-dire littéralement que "le bonhomme mal lavé attrape", allusion aux bohémiens qui enlevaient les enfants.
Chaque ménage pouvait louer à la commune l'usage de la brasserie pour y fabriquer sa bière. La réalisation d'un brassin durait environ 48 heures.
Le chemin de la Scierie descend vers l'Hermeton et les anciennes carrières de marbre de Richemont, aujourd'hui propriété privée. La scierie de marbre, située au bord de l'Hermeton, était actionnée par une roue de moulin. Un système de câbles et poulies permettait de scier les blocs de marbre à l'intérieur même de la carrière. Face à la scierie, on peut voir les anciennes maisons des ouvriers carriers.
L'ancien presbytère.
L'ancienne brasserie longe le chemin de la scierie.
La rue des Pachys (c'est-à-dire des prairies) s'ouvre sur une petite placette ornée d'un magnolia, arbuste décoratif très rare dans la région en raison du fait qu'il n'accepte pas le terrain calcaire local. La maison ouverte sur le pignon possède à droite des annexes desservies par une impasse où se trouvait jadis un maréchal ferrant.
En empruntant la rue des Pachys, on découvre les jardins et vergers à l'arrière des habitations et, face à une grande ferme, on découvre une superbe vue vers la vallée de l'Hermeton et le village de Gochenée. Cette rue se prolongeait jadis par un sentier conduisant à une fontaine et vers La Champelle, le hameau de Soulme situé le long de la grand-route.
Ferme rue des Pachys.
Le clocher de l'église apparaît à travers le magnolia.
Placette à l'angle de la rue Désiré Mathieu et de la rue des Pachys.
Le magnolia dissimule une impasse et une ancienne forge.
A l'angle de la rue Désiré Mathieu et de la rue Ste-Colombe, au n°14, se trouvait l'ancien café du village. Devant la façade, une aire aménagée permettait de jouer aux quilles.
L'actuelle rue Ste-Colombe, qui porte le nom de la sainte patronne de la paroisse, se dénommait jadis "Voye du Seigneur", non pas parce qu'elle conduit à l'église, mais parce qu'elle était gravie par le seigneur de Florennes, ou son représentant, lorsque celui-ci venait à Soulme pour participer aux plaids généraux (assemblée du peuple, du mayeur et des échevins) et y rendre la justice sur le parvis de l'église.
De cet endroit on remarque bien que toutes les maisons occupent un seul côté de la rue principale du village et ont leur façade orientée vers le Sud. Dans les rues perpendiculaires, les maisons sont orientées vers l'Est ou l'Ouest.
Rue Ste-Colombe.
La rue Ste-Colombe grimpe jusqu'à l'église.
La rue Sainte-Colombe au début du XXe siècle, d'après anciennes cartes postales.
En contre-haut d'un vieux mur longeant la rue Désiré Mathieu, l'ensemble des jardins était jadis dénommé "La Citadelle": c'est ici que se cantonnaient les armées qui occupèrent très souvent le village aux XVIe et XVIIe siècles pendant les guerres entre la France et les Pays-Bas.
En face, le n°10 de la rue Désiré Mathieu est une des plus anciennes maisons de Soulme: elle date du XVIIIe siècle et sa façade en pignon à rue a été refaite en 1844.
Sur la gauche de cette maison, un ancien sentier conduisait à la Fontaine du village, aujourd'hui difficilement accessible. C'est probablement à cette fontaine boueuse que Soulme doit son nom: la racine celtique du nom de Soulme désignerait en effet un endroit boueux.
La "Citadelle" est en réalité le jardin de l'ancienne Ferme des Moines.
Le sentier de la Fontaine.
Le sentier de la Fontaine descend à gauche de la plus ancienne maison du village.
L'ensemble des n° 5 et 6 de la rue Désiré Mathieu forme un alignement de 4 maisons traditionnelles réunies en une seule ferme. Les deux maisons de droite ont pratiquement gardé leur aspect initial de fermette bi-cellulaire avec un corps de logis à deux niveaux et deux travées et une étable sous fenil. On notera que les portes du logis et de l'étable sont jumelées afin de faciliter la circulation. La façade de la fermette de droite a été modifiée par obturation des baies.
En face, dans la cour de la ferme, au n°3 de la rue des Granges, on peut trouver une petite exposition permanente de matériels servant à la fabrication du beurre. La ferme propose au visiteurs des produits du terroir dont un fromage dénommé "Pernocy", nom composé à partir des premières syllabes du nom des enfants de la ferme. Des classes pédagogiques sont également organisées pour les groupes scolaires.
Un vaste ensemble d'habitations traditionnelles à l'entrée du village constituait jadis une seule ferme.
Les traditions et les produits de la ferme sont bien gardés!...
L'ancienne Ferme des Moines, aujourd'hui habitation privée, constituait jadis un vaste ensemble fermant deux côtés d'une placette en forte pente. Selon la tradition locale, cette ferme de la première moitié du XVIIIe siècle appartenait aux moines de l'abbaye de Florennes. Le bâtiment peut être daté grâce à son pignon percé d'une fenêtre à meneau, montants chaînés et petite baie rectangulaire aux piédroits à deux harpes. Ce bâtiment fut profondément modifié aux XIXe et XXe siècles. La vaste grange qui fermait la placette au Nord, le long de la rue des Granges, a été démolie en 1981.
La Ferme des Moines dans ses états successifs.
Les fermes et maisons de la rue des Granges et de la rue du Ruage datent de la première moitié du XIXe siècle. A l'angle des deux rues, on remarquera les sentiers qui conduisaient aux jardins et aux vergers; celui à gauche du n°6 permettait aux ouvriers carriers de rejoindre les carrières de marbres de Vodelée par un raccourci à travers champs et bois.
Deux des maisons de la rue du Ruage se sont effondrées de vétusté en août 1996, entraînant des dégâts à une troisième maison.
Rue des Granges.
La rue du Ruage avant la disparition de deux de ses habitations.
La petite placette située à l'angle de la rue du Ruage et de la rue Ste-Colombe, le long du mur du cimetière, était le lieu où se tenait les plaids généraux et où le seigneur de Florennes venait rendre la justice.
C'est probablement ici que fut érigé au XVIe siècle le pilori destiné à "punir les mauvais garçons".
Les avis et décisions communales étaient affichés sur le mur du cimetière à la "bretèche", nom qui désigne le panneau d'affichage dont la forme rappelle celle de la logette placée autrefois au-dessus de la porte d'entrée des châteaux pour en renforcer la défense. La tradition est toujours maintenue aujourd'hui.