Ce nom vient peut-être de l'expression du dialecte local associant les mots haies (l'aych) et arbre (aube, suivant la prononciation en patois local du mot arbre). Le mot ay(e) désigne en effet un petit bois et chaube vient de l'ancien calidus qui désigne un buisson, un champ ou une terre exposés à la chaleur, ce qui est le cas ici puisque ce versant où le rocher affleure est orienté plein sud.
1635: desoub layaube, la grande terre desseur layaube
1647: au pred de l'ayaube, au terne de Layaube, sur le terne de Laijaube
1733: au terne de la aube
1740: au lieu dit ayhaibe, au terme de laiobe
1749: terre appellée a layaube
Ce lieu dit est rarement mentionné dans les archives. On pourrait identifier cette appellation avec celle du grenier que l'on retrouve dans un ancien testament d'un habitant de Soulme.
Le nom semble une création du début du XXe siècle. En effet, un paysan de Soulme y avait établi une aire de grange afin de pouvoir battre son grain sur le terrain même.
1740: la terre à la grene
Terrains envahis par des broussailles et des buissons de ronces.
1652, 1698, 1740: la grosse haye
1788: a la grosse haïe
Les formes anciennes du nom de ce lieu dit étaient cocriamont et coqriamont et proviendraient de coqueriau qui désigne un jeune coq. On retrouve par exemple coquereaumont et coqueriaumont dans la toponymie de Wiers.
Ce nom de lieu pourrait aussi provenir du mot cucca qui signifie hauteur ou même petit moulin et qui pourrait très bien se rapporter à cet endroit, l'un des plus hauts de Soulme et donc aussi des plus venteux.
1363: à la saison de kocriamont, en kokriamont
1647: a croqriamont
1652: un preit et montant de cocqriamont
1698: a cacriamont
1709: lieu nommé coiveamont
1740: la grande terre de Cocriamont, au bout de cocriamont, une terre à Coquiamont
Le mot haye désigne ici une portion de forêt réservée au seigneur ou, dans le cas présent, à Sainte-Colombe, patronne de la paroisse, c'est-à-dire à la fabrique d'église de Soulme. Ce mot haye se retrouve dans de nombreuses toponymies, comme par exemple à Chimay.
1740: la haye Sainte Colombe
1749: au courtil Sainte Colombe
Désigne un des nombreux terrains caillouteux de Soulme
1697: la terre au pierre
La roche affleure sur le haut ce terrain.
1638: au preit del rochette
1740: a la rochette
Le mot courtil désigne un terrain clos dépendant d'une ferme. On est situé ici dans la partie haute d'une petite vallée dans laquelle un ruisseau se forme et coule vers l'Hermeton.
1701, 1782: nommé vulgairement le courtil d'Enhaut
Fonciau et foncia désignent des terrains situés dans un fond, dans un creux. Ce terrain a peut-être appartenu à la famille Andry qui est très ancienne à Soulme. Un certain François Andry a même été échevin et bourgmestre de Soulme.
1697: le fonceaux Andry
1698: le fonciau Andry, le foncia Andry
1740: aux fossiendre, au fossiendré
Le mot falmagne aurait la même racine que Famenne et famine. Il désignerait donc un terrain assez pauvre ou, éventuellement, un terrain ou le vent souffle fort, ce qui est effectivement le cas à certains moments dans cette zone qui constitue en quelque sorte un col entre les vallées de l'Hermeton et de l'Omeri.
1698: la terre de falmaigne
1702: pré nommé Falmagne
1740: terre des falmagne
Cette dénomination date de la fin du XVIIIe siècle lorsque ce terrain fut vendu pour trois bouteilles de vin
Marlière est probablement une déformation de marnière qui désigne une terre d'où on extrayait la marne, roche sédimentaire que l'on extrayait sous forme de blocs de pierre à destination de la construction. Il est vrai qu'en haut de la colline, dans la bois au bout du chemin qui monte à côté de ce terrain, on extrayait jadis la pierre pour construire les maisons du village.
1363: les hayes delle marlière, desos la marlier
1595: ung trieu dict dessoub la marliere
1607: alle marlier
1660: al marlier
1697: a la marler
1709: a la marliere
1740: deseur la marlier, un trieu a la voye delle marlière
1749: une terre a la marliere
1779: marlier, saison de la marlière
Ce fond de terrain a sans doute appartenu à une certaine Marie qui pourrait l'avoir reçu d'un héritage après une division.
Ce lieu dit constitue l'extrémité d'un ensemble de grands terrains incultes désignés par le nom tris ou parfois trieux.
1633: au cul des grand trieux
1660: au cul des grands try
1732, 1740: au cul des grands trieux
Terrain ayant probablement appartenu à une demoiselle.
1740: le courtil à la demoiselle
Probablement un ancien verger avec des poiriers: derrière les jardins potagers du village, des vergers de pommiers ou de poiriers servaient jadis pour élever et laisser pâturer le jeune bétail.
1740: la terre au poirie
Le mot couture ou coulture, dérivé de culture, désigne un terrain cultivé délimité par des haies. Ce terrain aurait appartenu à un certain Nicot.
1691: au fond de la coulture lez le prez Nicot
Pré ayant appartenu à un certain Nicot.
1660: le mitan du preit Nico, at le mitant du prez Nicolle
1705: prez Nicot
1740: au pret Nicot
1776: le preit Nicot
1779: le prez Nicot
Désigne des terrains très pauvres, complètement retondus, c'est-à-dire où rien ne pousse.
1363: au restondute
1740: de la haye de faliotte a retondu, 1er lot d'arretodu la parte vers Soulme, une terre a artondu
Ce promontoire rocheux dominant la vallée de l'Omeri est une ancienne carrière de marbre abandonnée. Selon une croyance locale, le marbre exploité à cet endroit aurait servi à la construction d'une église à Louvain.
Néanmoins, la dénomination de L'ouvincastial existant dans les cartulaires de l'abbaye de Waulsort dès le XIVe siècle, c'est-à-dire bien avant l'ouverture de la carrière, celle-ci semble plutôt désigner un sommet rocheux (castial - château) près duquel on faisait paître les moutons (ouvin - ovins).
A l'époque romaine, ce promontoire aurait d'ailleurs pu servir d'endroit légèrement fortifié (château) pour contrôler les déplacements vers la Meuse depuis le plateau de Vodecée où on exploitait le minerai de fer.
1363: item desous L'ouvincastial 40 verges (Cartulaire de Waulsort T.29 fo 119/121)
Il semblerait que l'Omeri se soit jadis dénommé Omesi, ce qui semble normal puisque celui-ci coule depuis le village d'Omezée. Le suffixe ri (riu - rivus - ru - ruisseau) se serait surajouté en raison de la ressemblance du son prononcé et de la définition du mot ri qui désigne un petit ruisseau.
De plus, en patois local, la prononciation fond d'Omeri est très semblable à vaux d'Omeri, les deux mots signifiant que nous nous trouvons ici dans le fond d'une vallée où coule un ruisseau. Les vallées formées par le croisement des fonds de l'Omeri et de l'Hermeton sont d'ailleurs appelées localement d'un nom générique de fonds de vaux, appellation que l'on retrouve aussi à Landelies.
1363: les fons domery
1606: a Aumery
1650: au rieu d'Omeri
1658: le fond Omery
1660: au fond domery
1697: terre au fond Omery
1698: par delà Oumery
1740: sur le terne d'Omery, au fond d'Omery, fons domery, sus le terne d'Omery
1749: une terre a Omeris
1779: une terre a Omery
Cet endroit est encore dénommé Bois de Louis parce qu'ayant appartenu à Jean Louis Dubois.
1363: encontre votimaison cent verges
Ce pré aurait jadis appartenu à la famille Rosette de Soulme. D'autres voient dans le nom de l'endroit les roseaux qui bordent l'Omeri ou encore une sorte de pomme très savoureuse qui était récoltée dans cet ancien verger à l'abri des vents.
Sur la droite du vieux chemin qui conduit de Soulme à Omezée, se trouve une fontaine qui porte le nom de Saint Gobiet. D'après la légende, ce saint, pauvre et loqueteux, serait venu à Soulme mais n'aurait pas trouvé à se loger. Il aurait passé la nuit à cet endroit et, plantant son bâton, aurait fait jaillir une source. Son bâton aurait pris racine et aurait donné naissance à un tilleul...
1644: desuer la fontaine St.Gobye
Ce lieu dit prend successivement les formes de folie, fouille, fouillet, feuillet... Ces noms font penser à des carrières (fouilles) d'ardoise (feuillet) qui était exploitée à certains endroits de la région. Mais cette explication est sans certitude...
1363: item thanp Folie
1633: au champ fouille
1637: au lieu dit piece fouillets
1643: a fouillet
1644: a feuillet, champs fouillet
1650: bois et terres a feuillet
1658: bois del pisse a fouillet
1659: a fouillet
1715: le parche a fouillet
1740: terre du champ fouillet
1779: a la piece a fouillet
Dans le patois local, le mot traux (trous) que l'on retrouve dans les archives désigne des fonds, des ravins remplis d'eau. Il s'agit sans doute ici d'un ensemble d'adugeoirs, trous dans le sols dans lesquels se perdent les eaux de ruissellement.
Juste en contrebas, sur la rive droite de la vallée de l'Omeri, on peut en effet apercevoir des failles rocheuses, petites grottes qui laissent présager que les eaux peuvent parfois ressortir en résurgence au niveau du ruisseau.
1633: sur les traux
1697: terres desseur les traux
1703: desuer les traux, Bois nommé les traux de Soulmes
1726: au-dessus de boit dit Le troz
1740: une terre desseur les traux
En patois local, la roye désigne un long sillon. Dans ce cas, le lieu dit est une terre large et étroite dans laquelle on doit creuse de longs sillons.
1566: les longues voies
1643, 1652: des longues royes
1652, 1660: des longues royes
1697: Longue Roye
1703: a long royes
1732: a la longue roye
1740: terre de la longue roye, les longues royes
1779: la longue roïe
1779: une terre dans la campagne de Riz nommée la longue roye
Voilà un nom bien curieux qu'il est difficile d'expliquer. Ce terrain aurait-il fait jadis l'objet d'une tromperie? Ou tout simplement y aurait-on joué de la trompette lors d'un événement quelconque? Nous sommes en effet ici à proximité d'un ancien sentier, aujourd'hui disparu, qui était un raccourci vers le moulin d'Omeri.
1643: le courti al trompette
1740: communément nommée la trompette
1773: jardin situé à Soulme appellé trompette
Le nom figurant aujourd'hui au cadastre laisserait croire que ce terrain aurait appartenu à une famille Delcroix. Néanmoins, une tradition locale remontant à la première partie du XIXe siècle rapporte qu'on aurait planté à cet endroit une croix en pierre afin de commémorer une visite épiscopale, événement assez rare. Cette dénomination apparaît cependant dès le XVIIe siècle et la tradition serait donc beaucoup plus ancienne. Nous nous trouvons en effet ici le long d'un ancien sentier aujourd'hui disparu qui était un raccourci vers Surice et Omezée via le moulin d'Omeri. Ce sentier est repris à l'inventaire Balnam sous le n°25.
A noter aussi que, dans la région, on plantait parfois des croix peintes en rouge afin de signaler la limite des territoires infectés par une épidémie et inviter le passant à se détourner...
1671: le pres del croix
1740: la terre à la croix; au terne de la croix; au terne delle croix
1749: une terre appelée la Croix
Ce pré était jadis accessible par un petit pont rustique en planches (ponsia en patois local) sur l'Omeri.
1565: le preitz le ponceau
1697: une terre au ponsiaux
1740: poncia
1779: une terre appelée poncia
Ce terrain est situé devant le lieu dit Falize (voir ci-dessous sous le N°53).
Ces terres se situent derrières les jardins (cortis ou courtils en patois local). Souvent ces terrains, situés à proximité des habitations, servaient de vergers et on y faisait paître le jeune bétail afin de mieux pouvoir le surveiller.
1749: une terre derrière les jardins
1774: une terre derrière les courtils
Terrain situé à l'extrémité du lieu dit Falize (voir ci-dessous sous le N°53).
1697: au bout de falize
Ce nom semble une déformation de l'expression c'est bien ou si bien car ce champs est vraiment bien exposé au soleil.
1697: au terne de Sibien
1703: dessoub Silben
1740: la petite terre de Sebins; vers la terre de Sobin
1779 un trieu a Sebins; un trieu à Sesbins
Falize provient de falisa en ancien haut allemand et a donc donné le mot falaise en français. Ce mot désigne donc des rochers abrupts. On se trouve ici sur un point culminant, aujourd'hui couvert de forêt, où se trouvaient jadis d'anciennes carrières de pierre en vue de construire les maisons de Soulme.
Les pelouses calcaires qui se trouvaient ici furent ensuite pâturées par les chèvres et les moutons qui empêchaient la repousse des arbustes qui ont aujourd'hui envahi le site.
1363: drier les falize (Cartulaire de Waulsort T.29 fo 119/121)
1607: une certaine terre située devant falize
1633: saison de falize, devant falize
1652: icindant de midi sur falize, joindant de midy sur falise
1654: ruelle de falize
1658: terre tenant a falize
1660: a la campagne de falize
1691: piece derier falise
1697: a saison de falige
1740: saison de falise
1774: la saison de falise
1779: le montant derrière falise
1779: une autre terre derrière falise
Cette terre aurait-elle appartenu à un certain Sivlet? La question reste posée...
1740: une terre au fond desivlet
1749: une terre appelée le fond Sivlet
Il y avait peut-être jadis des trous dans ce bois comme il y en a à d'autres endroits de la vallée de l'Omeri. Ce nom se retrouve d'ailleurs souvent dans la région où des infiltrations apparaissent dans les rochers calcaires.
1644: desuer les traux
1654: bois des traux
1729: au bois des truaux
1740: au bois des traux
Il semble qu'il y a parfois une confusion dans la prononciation du nom de ce lieu qui est parfois Inzeboeuf et parfois Inzebu. Cette dernière appellation fait penser à la présence de sources à cet endroit. Mais elles ont peut-être disparu lors de la construction de la route vers Surice...
1633: la saison d'auzaibu
1740: une parte du pret nommé enzebu
Au bout des bâtis, des bâtiments formant le village... Située derrière les Falizes par rapport au village, cette dénomination désignerait ici un ancien terrain vague sans doute réservé à l'usage de tous (voir "le Batty", désignant la place communale de Soulme)
1363: a Batize (Cartulaire de waulsort, T.29 fo 119/121)
1552: vers l'orient aux battys
1633: la terre dau batty
1636: le lieu jardin ordinairement appellé au bati
1660: presche le baty
1667: au lieux condit au bout de baty
1691: une terre au bout de Baty
1694: au debout du bathy
1740: une terre au bout de baty
Drifalize, c'est-à-dire derrière Falize (voir ci-dessus sous le N°53).
1652: derier falize
1740: a la saison derriere falize, a la terre derrers falize, saison derrier falise
1779: une autre terre derrière falise ditte la grande terre
Cet endroit, parfois dénommé La Touerre, possède une source intermittente qui était encore visible dans la première moitié du XXe siècle. Selon un document de 1643, un puits y aurait même été établi.
Le nom de ce lieu aurait peut-être un lien avec le verbe tuer puisqu'il se rapproche de la prononciation de ce mot en patois local (touwè). Selon une tradition encore vivace au début du XXe siècle, lors d'une guerre locale très ancienne, un corps d'armée aurait établi à cet endroit un camp de prisonniers et de condamnés qui auraient été massacrés. Cet événement serait au moins antérieur au XIVe siècle puisque le nom du lieu apparaît dans les archives dans la Cartulaire de Waulsort en 1363.
Cependant, il faut être prudent avec une telle interprétation qui a été rapportée une vingtaine d'année après le massacre dans le village voisin de Surice, perpétré dans des circonstances similaires par les troupes allemandes le 25 août 1914. Dans les traditions locales, il est en effet fréquent d'assimiler erronément des événements qui se sont déroulés à des époques très différentes.
1363: a L'tuwire (Cartulaire de Waulsort, T.29, p.119/121)
1633: au trieux deseur la thuerre
1640: la truwers
1643: un puit au lieu dit alle tuaire
1691: pret la truere
1697: delatuer
1726: au-dessus du bois dist les tuez
1729: au lieu dit a la tuerre
1740: a la voye de la thuere: un petit pret alatuer
Cette dénomination laisse penser que le terrain à cet endroit serait ferrugineux.
1749: un trieu nommé a ferauche
1779: un trieu au ferauge; un trieu nommé a ferauge
Inzeculot signifie dans le culot, c'est-à-dire au bout des terres du plateau, juste avant la descente dans la vallée de l'Hermeton.
1697: petitte terre dans le culot
1765: en l'endroit appellé enzeculot
Cette colline (tienne) est située dans la vallée de l'Omeri (de l'vaux - de la vallée) mais a aussi appartenu à un certain Noël Delvaux au moins avant la fin du XVIIe siècle. Une double raison pour lui garder ce nom...
1658: le terne de vaux
1697: sur le terne de vaux, sur le terne devaux, le pret noel Delvaux
1698: le pret de vaux
1703: le cortil devaux, a prez devaux
1726: tienne de faulx
1740: au près noel Delvaux
1779: une partie de prairie a Harzée appellée Noel Delvaux; au terne de vaux
L'ancienne dénomination de Richautienne fait penser au tienne du richot c'est-à-dire à la colline du ruisseau. Nous nous trouvons en effet ici au confluent de l'Hermeton avec le ruisseau de l'Omeri. La dénomination plus récente de Rouge Tienne fait plutôt penser aux reflets rouge donné par le fer à la roche ou au marbre rouge de la région.
En toponymie, il est assez fréquent de rencontrer dans un même nom de lieu une telle juxtaposition de significations par cette sorte de jeu de mot.
1363: azichatienne; de la Laiwe a richatienne; en rogiethiene (Cartulaire de Waulsort, T.29 p.119/121)
1637: a la terre de Richauterne
1657: une autre terre a Rogitien, le pret Richautienne
1658: une pièce de terre estant a Rotitienne
1694: une terre a Richauterne
1703: a Richatienne; a Richautienne
1740: la terre de rougiterne, la terre de richatenne, une terre a Richauterne, un trieu a Richauterne
1753: prairie appartenant a Jean Roland dans le mêm lieu dit Roche au terne
1774: terre située a Richeauterne
Cet endroit est probablement dénommé d'après le nom de famille d'un ancien propriétaire, antérieur à la fin du XVIe siècle.
Il aurait existé à cet endroit une fontaine d'eau tiède: le schiste affleure le sol à ce lieu particulièrement bien orienté au sud et il semble normal que les eaux de surface qui affleurent soient rapidement tiédies par le soleil.
Par assimilation de nom, certains voient cet endroit, proche de l'Omeri, couvert de roseaux.
1697: le pret Robaux
1709: lieu nommé Chemin de Robau
1725: l'une desquelles prairies s'appelle le prez Robaux
1726: une petite prairie qui s'appelle Robaulx; le prez Robaux; le prez Robaulx
1728: le prez Robaux
1740: le pret Rebeau
1749: une terre nommé a Robeaux
Localement dénommé Dorelu mais repris au cadastre sous le nom de Deroly, le nom de ce lieu viendrait du latin dorus-dorina qui désigne une terre sèche et épineuse. Pour d'autre, cette expression resterait assez mystérieux mais a probablement créé une confusion avec un nom de personne.
1609: a dorredu
1644: a dorelu
1654: un petit trieux a dirhelu
1703: de dorhelus
1725: ceulx dit derhulu
1740: un trieu à dorhelut
Tienne du Fir signifie tout simplement la colline du fer et témoigne de la présence de roches ferrugineuses à cet endroit et peut-être de son exploitation. La dénomination Dufy est postérieure, probablement assimilée au nom d'une personne.
En 1863, les frères Puissants essayèrent d'exploiter le marbre noir chargé de taches blanches dans le bois situé à cet endroit mais ils durent bien vite déchanter, ce marbre noir brunâtre étant de mauvaise qualité, probablement en raison de la présence du fer.
1363: ens en fize desos (Cartulaire de Waulsort T.29 fo 119/121)
1652: trois petittes pises de terres l'une au fir
1654: aux fir
1659: pour le fir, pour le sort du fir
A l'roc ou à la roche désigne les rochers qui surgissent dans la colline en bord de l'Hermeton.
1698: le pret Rock
1703: le prez al Rolgz
1722: au lieu dit alle Roche
1740: le petit pret arroche
Ce toponyme est assez fréquent dans la région puisqu'on le retrouve par exemple en France, à Givet (Petite Herbatte, Grande Herbatte, Herdal d'Herbatte) et à Foisches (Prairie d'Herbatte). Il désigne chaque fois des prés entourés de haies et arrosés d'un ruisseau.
La racine latine herba qualifie un lieu où l'herbe est abondante et le mot wallon batte désigne une digue ou un quai retenu par un gabion, c'est-à-dire par un tressage de branches de saule soutenant un enrochement de gravats et de terre.
Cette toponymie est apparue au XIIe siècle dans le Namurois: il est mentionné pour la première fois à Namur en 1192. On le retrouve pour la première fois dans les archives de Soulme en 1363 dans le cartulaire l'abbaye de Waulsort. A l'époque, il désignait à chaque fois une plaine herbeuse drainée par un cours d'eau et bordée d'escarpements rocheux, ce qui est tout à fait la description du lieu ainsi dénommé à Soulme, situé en bordure de l'Hermeton et à proximité de la colline boisée dénommée A l'roc (voir ci-dessus au N°67).
Le Pré Herbatte, près de Malonne, était un lieu également célèbre à Namur puisque la foire d'Herbatte s'y déroulait chaque année en octobre et durait quelques jours. Cette foire remontait - semble-t-il - à une époque assez reculée. Elle avait un grand succès au XIIIe siècle, époque à laquelle apparurent les premiers renseignements précis sur ce lieu-dit de Namur. On désignait sous le nom de Herbatte de vastes prairies s'étendant en bordure de la Meuse, entre les murailles de la ville et les premières collines de la vallée. La "feste" de Herbatte devait, sans aucun doute, sa naissance à la situation géographique de Namur.
Par association d'idée, certains habitants de Soulme imaginèrent qu'un marché était jadis organisé au bord de l'Hermeton à mi-distance de Soulme et de Vodelée, mais ce n'est là que pure fantaisie... C'est vrai que le lieu-dit ressemble à celui de Namur...
1363: a herbade (Cartulaire de Waulsort, T.29 fo 119/121)
1586: lieu quon dict a herbatte
1622: Erbatte
1632: ung petit bocquet a herbatte
1633: preries de herbattes
1652: fond de herbatte
1654: au fond de herbatte; la piece de herbatte
1660: la saison de herbatte
1662: au fond de herbatte
1697: saison de Herbat
1702: une terre aux pauvres en lieunommé herbatte, une prairie audy Herbatte
1703: un petit pret a Herbatte
1719: une pièce de terre a herbatte
1726: le prez Robaulx ou Herbatte
1731: une pièce de terre herbatte
1732: au lieu dit Erbatte; au royage de herbatte
1771: rebattes Herbatte
1774: au lieu dit Herbatte
1779: une terre a herbatte
Références: J.Haust: Etymologies wallonnes et françaises - 1923 - Notes d'étymologie wallonne Première série - Bulletin du Dictionnaire général de la langue wallonne - 1923 - Romania 1925 - Volume 51 n°203 - pages 426-443
Cette dénomination reprise au cadastre est sans doute une déformation de inzeval, c'est-à-dire dans le val.
Sources: Le Patois dans la vie rustique de Soulme (Entre-Sambre-et-Meuse) - Essai d'enquête linguistique - Mémoire de licence en philologie romane présenté par Jean Fabry (juin 1937) - Autographie G.Delporte, Mons.
Pour de plus amples informations cartographiques, consulter:
Balnam - inventaire des chemins et sentiers de Wallonie: https://www.balnam.be
Cadastre en ligne: http://www.cadastre.be/Cadastre/Cadastre_en_ligne