Le Bois Royal de Belvaux porte évidemment le nom du ruisseau de Belvaux qui signifie belle vallée malgré le débit assez réduit de cet affluent de l'Hermeton.
Le Bois Royal de Belvaux est à rapprocher du Bois Royal des Culées.
Le mot royal fait évidemment penser à un roi mais est sans doute a rapprocher beaucoup plus de roy qui signifie route et désigne un longue chaussée droite ce qui est évidemment le cas ici puisqu'on n'est pas loin de la route de Morville et de la grand route Philippeville-Dinant.
L'expression pourrait aussi désigner une limite, une barrière déterminée par cette route car nous sommes ici à l'une des extrémités de l'ancienne Principauté de Liège et près d'une limite de l'ancienne commune de Soulme.
Cette colline se situe aux sources de deux ruisseaux, affluents de l'Hermeton.
1633: de desure es linner (cure)
1726: liner, limer, boit de Soulme dits de liner
1740: une terre aux arseliners
Bois de chênes et d'aubépines.
1646: le cherdine, le cherdinneix
1726: de cherdinet, le gerdinet
1740: les cherdinet, bois du chardinet
La racine ars désignerait un endroit où une rivière avance dans les terres, ce qui correspond tout à fait à cet endroit puisque l'Hermeton effectue une boucle qui pénètre dans les terres situées sur sa rive gauche.
Le mot arseis, eiz, iz proviendrait de arsea, brûler et s'appliquerait aux incendies (on trouve dans les textes anciens "arseis le mesons et le villez"). En France et en Suisse, il existe plusieurs villages dont le nom est composé de cette racine (Arcis-sur-Aube, Les Arsis, Arzé). Dans le cas qui nous concerne, ce nom désignerait un endroit où le bois a été brûlé, où il existe des amas de charbon brûlé. On a probablement fabriqué ici du charbon de bois puisqu'il existe aussi à proximité un lieu-dit dénommé Bois Brûlé (voir ci-dessous au N°77).
Selon certains, le mot arzée proviendrait de arzi qui désigne de l'argile, ce qui signifierait qu'il y aurait peut-être eu une argilière à cet endroit.
Ce lieu-dit de Soulme, constitué jadis d'un grand pré, servait à la pâture des chevaux. Le herdier les y menait pour qu'ils puissent se reposer. Selon la tradition, l'endroit était souvent fréquenté par les loups.
1363: de harziliey, en harchée, fosse aharcée
1602: le harcée
1609: à harsée
1645: les oriaux de harsée
1694: au pré appelé harsée
1698: le pret harzée
1703: prez de Harsée, au hazée
1719 -1726: a harzée
1740: de harsée, le grand trieu deharsés, un pret aharsée, à Arsée
1779: a Harzée
Ce lieu-dit doit probablement son nom à la présence de nombreuses couleuvres. Les rives de l'Hermeton étaient jadis beaucoup moins boisées qu'aujourd'hui puisqu'on exploitait le bois pour le chauffage et que l'on y faisait paître les animaux. Les pelouses calcaires étaient donc plus nombreuses pour y abriter les couleuvres.
1633: Terne des coloudes
1726: trien des coulaidres, tienne de coulaidre, tienne de coulaudre
On fabriquait sans doute à cet endroit du charbon de bois. (voir aussi ci-dessus au N°75: Arzée)
1726: taille brûlée, bois bruslé
1740: courtil brulez, courtil brulin
Ru Derrière Vémont - ruisseau derrière le colline de Vémont (voir ci-dessous au N° 81)
Ce pré était exploité par le moulin de Presles situé un peu en amont de l'Hermeton.
1643: al praisle, de praisle
1660: a praisle
1740: a praisle
Derrière la colline de Vémont (voir ci-dessous au N°81)
1635: drier Vemont
1639: derier Vemont
1646: derrier Vemont
1726: derier Waymont, trieux d'erivemont, trieux y erivemont
Le chemin de Derrière Vémont est un excellent lieu de promenade.
Désigne une colline, point culminant de la commune, où on aurait jadis cultivé le raisin sur le versant sud orienté vers le soleil. Vémont proviendrait ainsi de vinus mons, la montagne du vin.
Jusqu'au XVIIIe siècle, on cultivait beaucoup de vignes dans la région, dans les Ardennes et le long de la Meuse en particulier, jusqu'à Liège. A Givet, par exemple, un dessin de 1580 représente une vigne au pied du fort de Charlemont, en bordure de la roche qui reflétait la chaleur du soleil. Du côté du Petit-Givet, sur la rive droite de la Meuse, il y avait aussi d'autres vignes au Fort-des-Vignes qui porte bien son nom. Le cadastre de 1823, montre aussi qu'il existait encore à cette époque une vigne sur les pentes du château de Hierges.
Le commerce du vin était très florissant sur la Meuse autrefois. A la fin du XVIe siècle, on dénombre par exemple à Givet un transit de près de 750.000 litres par an alors qu'il y en avait à l'époque 850.000 litres à Bordeaux.
Mais Vémont a aussi laissé des traces dans l'histoire contemporaine: en 1914, un camp militaire allemand se serait en effet installé ici afin de creuser une tranchée et de tirer vers Givet. D'après d'autres témoignages, les Russes y auraient creusé des tranchées en 1940... mais il y a sans doute confusion car les Russes occupèrent la région de Givet entre 1816 et 1818, après la bataille de Waterloo...
1643: au trieu de Vemont
1660: Vaimont
1672: Vemont
1740: vers Vemont
1769: le fond de Vaimont
1779: ruisseau de Vemont
1782: vers Vemont
1826: Vaimont (Trieux de Vaimont)
1827: Vemont - Wemont
Sources: Alain Sartelet - Givet et sa région à travers les siècles - Editions Terres Ardennaises.
Le chemin de Vémont serpente à travers le bois, sur la ligne de crête de la colline mais permet, à ses extrémités, de découvrir des vues magnifiques sur le village et la région depuis le point de vue le plus élevé du village.
Voie Delaite - désigne sans doute une parcelle de terrain appartenant à un certain Delaite
1740: la piece delaite
Façade arrière de l'Hôtel du Coriant et vue vers Vémont.
La Champelle désigne la hameau de Soulme constitué de quelques maisons et d'un ancien hôtel, situés le long de la grand route de Biesme. Ce hameau doit sans doute son existence à la création de la route. L'endroit est probablement habité depuis longtemps puisqu'on y a découvert les restes d'un cimetière gallo-romain.
Champelle à la même origine étymologique que campagne et désigne un endroit défriché, plat, cultivé, où les troupes peuvent passer (d'où l'expression "partir en campagne")
1363: la champelhe
1650: trieu de champelle
1654: chemin del champel
1705, 1740: sur la champelle
Le hameau de La Champelle et la route de Biesmes vus par l'anciennes cartes postales.
Le mot strépys vient du latin silva extirpata et désigne un terrain défriché. Stirpus signifie défriché et stripis désigne la souche d'un arbre et ses rejetons. L'endroit fut effectivement l'un des premiers à être défriché dans la vallée.
La tradition locale rapporte que, vers 1800, un vieux sage du nom de Mallien y lisait la bible et annonçait dans d'étourdissantes prophéties les voitures sans chevaux.
1740: dessous le piedcente de Strepy
Les Strépys se trouvent dans la descente de la route de Biesmes, à hauteur du chemin conduisant au moulin de Presles.
Les Strépys vus du chemin de Vémont avec, à gauche, la vallée de l'Hermeton et, à droite, l'ancien hôtel du Coriant.
Au XVIIIe siècle désigné sous le nom de herdal, c'est à cet endroit que le herdier communal venait faire paître le troupeau de la communauté de Soulme.
1740: herdal de Sousmont
Le mot falgeotte est un diminutif de falize ou falaise. Il désigne un endroit où on exploitait la pierre pour les constructions locales. Une carrière de marbre s'est d'ailleurs ouverte à proximité et il existe aussi un lieu-dit Falize à l'opposé du village.
1363: drier falsote, les voies de falsoith
1599: a falgeote
1607: a faljotte
1660, 1689: chemin de falgeotte
1672: a faljotte
1697: a faliot, de failliot
1700: à falgiotte
1703: falgeotte
1719: a faliotte
1740: pret de Falgeotte
1740: de faliotte
1749: a falchotte
1757: a falyotte
La ferme Falgeotte vue depuis le village, avec à l'arrière la route de Biesme et la colline de Vémont.
La signification de ce lieu est nouveaux prés. Les terrains de ce lieu ont probablement été transformés en prés un peu avant 1640, date à laquelle apparaît cette dénomination. La dénomination s'est conservées en raison des partages de terrains, puis vers 1870 et 1880, par la transformation en prés des terrains avoisinants.
1640: nouveus preit
Ce nom proviendrait du germanique wazu ou warzithja qui désigne une terre marécageuse et fangeuse, une mauvaise terre, ce qi est effectivement le cas de cet endroit.
1363: le preit des weze
1628: le hasseaux
1650: les waseaux
1740: le grand hazeau, le petit haseau
Inzeruaux signifie dans le ruisseau.
1607: sur ruwart
1609: ruüage
1610: au ruage
1619: ens Ruuaux
1633: es ruaux
1650: sur les ruaux, enseruaux, ens les ruaux, les ruaux
1698: un pret end et ruaux
1740: ensruaux, enservaux, enseruaux, amorruau
Vue vers la hameau de La Champelle.
Parfois écrit de différentes manières, même à l'époque contemporaine, ce lieu s'est étendu à différents terrains et a donné son nom au moulin au bord de l'Hermeton. Prèle vient du latin pratella qui signifie petit pré.
1686: a Praisle
1703: prez au Prelle
1719: a Praisle
1720: a praille
1726: presle
Les prés de Presles longent l'Hermeton et ont donné leur nom au moulin.
Sources: Le Patois dans la vie rustique de Soulme (Entre-Sambre-et-Meuse) - Essai d'enquête linguistique - Mémoire de licence en philologie romane présenté par Jean Fabry (juin 1937) - Autographie G.Delporte, Mons.
Pour de plus amples informations cartographiques, consulter:
Balnam - inventaire des chemins et sentiers de Wallonie: https://www.balnam.be
Cadastre en ligne: http://www.cadastre.be/Cadastre/Cadastre_en_ligne