Si la maison rurale type se compose de trois éléments, il existe néanmoins beaucoup d'habitations qui ne comportent qu'un logis et une étable. Le faible rendement des terres et les activités essentiellement herbagères expliquent en effet que le fenil au-dessus de l'étable ait longtemps suffit à abriter les maigres récoltes.
C'est aussi la raison pour laquelle la petite exploitation prédomine dans la région et que le fermier devait recourir à des activités complémentaires comme le travail dans les carrières de marbre. Certaines maisons rurales abritaient des artisans et des ouvriers qui combinaient parfois le travail industriel et l'exploitation agricole en fonction des saisons.
La porte de l'étable sous fenil et la porte de l'habitat ont un linteau commun. Le sol de la maison est surélevé par rapport à celui de l'étable. (Rue Désiré Mathieu, n°6)
Une chambre a été aménagée dans l'ancien fenil. La porte de l'habitat, plus haute que celle de l'étable, possède une imposte. (Rue Désiré Mathieu)
La ferme tricellulaire n'apparut réellement qu'au XIXe siècle suite à l'acquisition de nouvelles terres provenant du partage des biens communaux et suite à l'amélioration des techniques agricoles. Dès lors, en fonction des moyens du propriétaire, de nouveaux espaces consacrés à l'engrangement furent souvent ajoutés aux constructions existantes. La ferme pouvait dès lors comporter trois ou même quatre cellules.
Les extensions futures de la ferme étaient d'ailleurs prévues dès la construction: des pierres d'attente dépassent parfois aux angles des façades en prévision des agrandissements possibles. Parfois, un mur pignon est réalisé en colombage dans l'attente d'une extension future du bâtiment, ce type de construction étant réservé aux cloisons intérieures.
Le fenil, au-dessus de l'étable, est accessible par une ouverture sur le pignon droit le long duquel les chariots peuvent se garer plus facilement, face à la grange, invisible sur la photo. (Rue Désiré Mathieu)
L'étable, transformée en atelier, est aérée par deux fenêtres et le bâtiment complété, à droite, complété par une forge. (Rue Désiré Mathieu)
Les deux habitations de la rue du Ruage, disparues en 1996, étaient de type bicellulaire et tricellulaire avec inversion des portes d'entrée et des différents modules en raison de la pente du terrain et de l'étroitesse d'accès aux chariots.
La maison rurale la plus répandue est constituée d'un bâtiment surmonté d'un seul toit. Elle est composée de trois unités: l'habitation, l'étable surmontée d'un fenil et la grange. C'est ce que l'on appelle la maison élémentaire unifaîtière tricellulaire.
L'étable se trouve le plus souvent à côté de l'habitation en raison des soins constants à apporter aux animaux, notamment au moment du vêlage. Lorsqu'il existe une écurie, celle-ci précède toujours l'étable des bovins, les chevaux demandant plus de soins. Il y a lieu de noter qu'à Soulme, l'écurie n'existe pas, le cheval étant placé dans l'étable. Les portes d'entrée de l'habitation et de l'étable sont très souvent jumelées, la porte de l'habitation étant souvent plus haute (parfois, elle a été surélevée postérieurement).
La grange est, la plupart du temps, placée plus loin de l'habitation, à côté de l'étable. Dans certains cas, la succession habitation - étable - grange est inversée, souvent pour des raisons de facilités d'accès du charroi. L'interposition de la grange entre l'habitation et l'étable n'apparaît qu'au XIXe siècle mais cette disposition ne connaît pas de grand succès étant donné qu'elle est peu fonctionnelle. Dans les plus grandes fermes, les différentes cellules sont plus importantes et se répartissent en plusieurs bâtiments qui restent dans la plupart des cas jointifs.
Le corps de logis, assez important, est encadré, à gauche, par l'étable sous fenil et, à droite, par la grange, située dans la partie basse du terrain. (Rue Sainte-Colombe)
Cette ferme, construite dans un espace libre entre deux autres fermes, a sans doute récupéré la grange existante de la ferme voisine. (Rue Désiré Mathieu, n°22)
Cette ferme tricellulaire est composée, de gauche à droite, d'une habitation, d'une étable sous fenil, d'une grange et d'une annexe servant de laiterie. (Rue Désiré Mathieu, n°27)
Dans les autres villages de la région, on peut trouver des fermes plus importantes où la grange se distingue du volume de l'habitation et de l'étable en faisant saillie et en formant ainsi une petite courette; parfois on trouve aussi des fermes clôturées en quadrilatère. S'il existe à Soulme quelques fermes plus importantes, on n'en trouve néanmoins aucune de ces deux types.
Enfin, suite au remembrement des terres agricoles apparu dans la seconde moitié du XXe siècle, le nombre des fermes se réduira au profit d'exploitations plus importantes. De vastes bâtiments agricoles, de style industriel, seront alors construits à proximité des fermes et de nouveaux accès devront parfois être aménagés. A Soulme, les fermes actuelles étant seulement au nombre de trois, dont une à l'extérieur du village, la construction de tels hangars à l'arrière des habitations n'a heureusement détruit en rien l'aspect du village. Quelques habitations modernes ont également été construites à l'extérieur du village, mais elles sont restées soit à l'écart, soit assez discrètes pour ne pas perturber l'harmonie de l'ensemble.
Cette ferme, plus importante, est composée d'une grange en deux volumes, de l'habitation, d'une étable sous fenil (dont les ouvertures ont été comblées) et s'est adjointe ensuite une seconde grange avec agrandissement et l'étable et déplacement de sa porte d'entrée. (Rue des Granges)
La ferme Penasse et la ferme Henry, rue des Granges.
La ferme Falgeotte, à l'extérieur du village.