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Le Batty, bordé d'une belle rangée de marronniers et d'un tilleul, longe l'église romane Ste-Colombe, le cimetière et le jardin du presbytère. Cette sorte de place communale, qui est actuellement dénommée rue Sainte Colombe, est fortement en pente et était jadis une sorte de vaste usoir communal, au sol "battu" (d'où le nom de "Batty"), servant au battage et à l'entreposage occasionnel du matériel agricole.
En descendant le Batty, on remarque sur la gauche l'ancienne cure et, sur la droite, une ensemble d'habitations qui constituaient jadis une seule ferme. En arrivant dans le bas du Batty, sur la rue Désiré Mathieu, on peut voir l'ancienne école, à gauche, dissimilée par les arbres.
L'école communale fut édifiée en 1874. La seule classe de l'établissement se trouvait à l'arrière de la maison de l'instituteur et était accessible par la gauche du bâtiment. Sur la droite, on accédait au local communal. L'espace devant la maison de l'instituteur servait de cour de récréation et était utilisée pour les filles comme pour les garçons, la cour des filles, plus petite et située à l'arrière du bâtiment, étant peu utilisée à cette fin.
La maison de l'instituteur est devenue aujourd'hui une habitation privée. La classe et le local communal ont été transformé en salle communautaire pour le village.
Sur la gauche, face au presbytère et en contrebas de celui-ci, à l'angle de la rue Désiré Mathieu et du chemin de la Scierie se trouvent aujourd'hui une série d'annexes agricoles dont le premier volume en moellons de calcaire, profondément modifié, est suivi d'une construction en brique qui a été construite après le milieu du XIXème siècle (elle n'existe pas sur le plan de 1843), obturant ainsi le passage qui existait entre la brasserie et le jardin de la ferme voisine. Ces annexes appartiennent aujourd'hui à la ferme du n°26, rue Désiré Mathieu. Il s'agit de l'ancienne brasserie communale dont l'existence est prouvée depuis l'année 1621 au moins et qui fonctionna jusqu'en 1913.
Cette grosse maison en moellons de calcaire irrégulier, plus souvent dénommée "cure" que "presbytère", date de la première moitié du XVIIè siècle. Les chaînes d'angle, un soupirail et les cordons de pierre à l'est semblent en effet dater de cette époque. Le presbytère est de plus cité pour la première fois dans les archives en 1650 lorsqu'il fut vendu pour une bouchée de pain à la commune en même temps que l'église dans le cadre de la sécularisation des biens ecclésiastiques.
On oblique sur la droite par le chemin qui descend vers la scierie.
Lorsque l'on sort du périmètre du village et que l'on découvre la vue vers la vallée de l'Hermeton, on remarquera un chemin qui descend sur la droite à travers les prairies et s'arrête à une barrière. C'est l'ancien chemin qui descendait au vieux moulin de Soulme avant la construction du chemin actuel, situé un peu plus loin sur la droite. On atteignait le moulin par un gué.
En descendant vers la vallée, on pourra s'arrêter quelques instant en s'asseyant sur un banc. De là, la vue vers la vallée de l'Hermeton et vers Gochenée ne manque pas d'intérêt.
La scierie de marbre a été visitée par George Sand en 1869, lors d'un séjour qu'elle effectua dans la région afin de se documenter pour son roman Malgrétout qu'elle publiera l'année suivante. Arthur Rimbaud est peut-être aussi passé par cet endroit lors d'une de ses fugues vers Charleroi, en 1870.
L'ancienne carrière de marbre se trouve de l'autre côté de la rivièrre, actuellement dans une propriété privée. Du pont sur l'Hermeton, on peut voir les vestiges de l'ancienne roue horizontale, plongée dans l'eau, qui actionnait la scierie de marbre et les câbles qui étaient entraînés jusqu'à la carrière pour couper les blocs de pierre.
Quant aux bâtiments servant de logements pour les ouvriers de la carrière et de la scierie, ils sont typiques de l'architecture industrielle du XIXème siècle: ils sont en maçonnerie de brique traditionnellement chaulée en jaune pâle et les baies en arc en plein cintre sont fermées par des châssis métalliques. La plus grande partie du bâtiment qui s'ouvre sur une sorte d'esplanade ont servi longtemps de logement de vacance à des groupes de jeunes.
Vers 1853, alors que toutes les carrières de Soulme et que la scierie de marbre étaient en inactivité, un certain Richemont (ou Richemond), actionnaire de la scierie de marbre, loua, pour un bail de dix-huit ans et au prix de 150 francs l'are, un terrain situé sur la rive droite de l'Hermeton. Au cas où le marbre n'aurait pas été découvert, le locataire aurait dû continuer à payer le loyer pendant dix-huit années. Heureusement, le marbre dut effectivement découvert: il s'agissait même d'une veine de marbre très pure qui ne contenait pas autant de lignes schisteuses que celui des carrières de Falgeotte ou de Louvain-Chestia. Ainsi naissait les carrières de Richemont.
En remontant, à gauche, la route de Biesme depuis l'Hermeton, on passe devant l'ancien hôtel du Coriant, plus anciennement connu sous le nom moins typique d'hôtel Belle-Vue et qui fut jadis un lieu de rendez-vous très fréquenté par la bourgeoisie carolorégienne et bruxelloise.
Arthur Dumont, patron de cet hôtel, était connu pour son caractère tenace, entêté, résistant et vigoureux: un vrai coriace! Et le patois local transmit à l'hôtel le nom qui qualifiait le mieux le caractère particulier de son tenancier: le Coriant... Au début, la "Marbrerie Dumont" était établie dans la partie droite du bâtiment avant que l'hôtel "Belle-Vue" et son restaurant ne s'ouvrent dans la partie gauche du bâtiment pour accueillir à l'origine les représentants de commerce et les marchands ambulants.
La Champelle désigne le hameau de Soulme constitué de quelques maisons et de l'ancien hôtel, situés le long de la grand route de Biesme. Ce hameau doit sans doute son existence à la création de la route. L'endroit est probablement habité depuis longtemps puisqu'on y a découvert les restes d'un cimetière gallo-romain.
En remontant prudemment la grand-route, on oblique dans le premier chemin à gauche.
Soulme ne compte plus aujourd'hui que trois ferme dont la ferme Falgeotte qui se trouve à l'extérieur du village.
Cette ferme, précédée d'une vaste cour et d'un jardin clôturés, est composée d'un bâtiment initial, probablement de la première moitié du XVIIIe siècle, qui a été profondément remanié: de faux colombages et une tourelle d'angle, probablement du XVIIIe siècle, lui donne un petit air napoléonien.
Vers 1750, la commune de Soulme possédait plusieurs lieux d'exploitation de la pierre calcaire destinée principalement à la construction. Suite à l'utilisation de plus en plus fréquente du marbre dans la décoration, ce matériau fut particulièrement recherché dans la vallée de l'Hermeton. Par un acte notarié du 21 octobre 1753, la commune de Soulme décida de vendre les "carières de marbre estans à Micheau tienne".
Aujourd'hui abandonnée, la carrière est envahie par les ronces et son trou entièrement inondé. L'endroit en devenu assez dangereux.
La chapelle Gilbert se trouve à l'entrée du village, près du lieu-dit "Les Quatre Chemins".
Cette chapelle, contruite par l'entreprise L.Lejeune Delahaut de Denée, a été édifiée en hommage aux victimes de la guerre 1914-1918.
Les plus grands travaux routiers entrepris à Soulme sont ceux relatifs à la construction de la route qui relie actuellement le village à Surice.
Un premier projet fut présenté au Conseil communal le 16 mars 1874. Ce projet empruntait le tracé de l'ancien chemin qui descendait de Soulme vers le moulin d'Omeri, dénommé actuellement "vieux chemin d'Omezée", ce qui nécessitait des pentes assez raides de part et d'autre de la vallée de l'Omeri ainsi que des emprises importantes dans les propriétés voisines. Le projet fut donc rejeté.
Le tracé actuel de cette route fut finalement adopté le 20 avril 1874 et exécuté en 1880.
Le "vieux chemin d'Omezée" est aujourd'hui un simple chemin agricole encore visible à l'entrée du village et qui descendait vers le moulin de l'Omeri avant de remonter vers Omezée par un tracé qui existe encore aujourd'hui.
C'est sans doute l'un des plus vieux chemins qui va du plateau de Philippeville vers la vallée de la Meuse et est à l'origine de la formation du village.
C'est par-là qu'on se rendait aussi à Surice par un chemin qui obliquait vers la gauche avant d'atteindre Omezée et qui a aujourd'hui disparu.
Désiré Mathieu est un ancien bourgmestre de Soulme, décédé suite à son emprisonnement en Allemagne lors de la première guerre mondiale. Il a donné son nom à la rue principale du village lors de la fusion des communes en 1977. La Rue Grande devait alors être rebaptisée, ce nom étant présent dans pratiquement tous les villages de l'entité de Doische. C'est en voyant le portrait de Désiré Mathieu accroché au mur de la salle du Conseil communal que les édiles communaux choisirent son nom pour rebaptiser la rue principale du village.
Sainte Colombe est la patronne de Soulme et a donné son nom à l'église romane qui se trouve dans le haut de la rue. Cette sainte a été martyrisée par l'empereur Aurélien au IIIe siècle après J.-C. à Sens où figure toujours sa dépouille, conservé dans un reliquaire. Sainte Colombe, fêtée le 31 décembre, est invoquée pour les affections oto-rhino-laryngologiques et pour les maladies des yeux.