Ouvrez cet itinéraire en scannant ce code QR
Cette randonnée doit de préférence être faite par temps sec. Des zones humides, toujours à l'ombre, rendent parfois la marche difficile dans la vallée. Le terrain glissant est parfois difficile, surtout lorsqu'il faut escalader les collines et lorsqu'il faut traverser des ruisseaux qui dévalent vers l'Hermeton.
La promenade peut être raccourcie si, pour le retour, on va déposer un véhicule à Hermeton-sur-Meuse avant de partir à pied de Soulme pour parcourir uniquement la vallée de l'Hermeton.
Le Batty, bordé d'une belle rangée de marronniers et d'un tilleul, longe l'église romane Ste-Colombe, le cimetière et le jardin du presbytère. Cette sorte de place communale, qui est actuellement dénommée rue Sainte Colombe, est fortement en pente et était jadis une sorte de vaste usoir communal, au sol "battu" (d'où le nom de "Batty"), servant au battage et à l'entreposage occasionnel du matériel agricole.
En descendant le Batty, on remarque sur la gauche l'ancienne cure et, sur la droite, une ensemble d'habitations qui constituaient jadis une seule ferme. Dans le bas, on prend la route à gauche.
Cette grosse maison en moellons de calcaire irrégulier, plus souvent dénommée "cure" que "presbytère", date de la première moitié du XVIIè siècle. Les chaînes d'angle, un soupirail et les cordons de pierre à l'est semblent en effet dater de cette époque. Le presbytère est de plus cité pour la première fois dans les archives en 1650 lorsqu'il fut vendu pour une bouchée de pain à la commune en même temps que l'église dans le cadre de la sécularisation des biens ecclésiastiques.
On oblique sur la droite par le chemin qui descend vers la scierie.
Face au presbytère et en contrebas de celui-ci, à l'angle de la rue Désiré Mathieu et du chemin de la Scierie se trouvent aujourd'hui une série d'annexes agricoles dont le premier volume en moellons de calcaire, profondément modifié, est suivi d'une construction en brique qui a été construite après le milieu du XIXème siècle (elle n'existe pas sur le plan de 1843), obturant ainsi le passage qui existait entre la brasserie et le jardin de la ferme voisine. Ces annexes appartiennent aujourd'hui à la ferme du n°26, rue Désiré Mathieu. Il s'agit de l'ancienne brasserie communale dont l'existence est prouvée depuis l'année 1621 au moins et qui fonctionna jusqu'en 1913.
En descendant vers la vallée, on pourra s'arrêter quelques instant en s'asseyant sur un banc. De là, la vue vers la vallée de l'Hermeton et vers Gochenée ne manque pas d'intérêt.
Les bâtiments servant de logements pour les ouvriers de la carrière et de la scierie sont typiques de l'architecture industrielle du XIXème siècle: ils sont en maçonnerie de brique traditionnellement chaulée en jaune pâle et les baies en arc en plein cintre sont fermées par des châssis métalliques. La plus grande partie du bâtiment qui s'ouvre sur une sorte d'esplanade ont servi longtemps de logement de vacance à des groupes de jeunes.
La scierie de marbre a été visitée par George Sand en 1869, lors d'un séjour qu'elle effectua dans la région afin de se documenter pour son roman Malgrétout qu'elle publiera l'année suivante. Arthur Rimbaud est peut-être aussi passé par cet endroit lors d'une de ses fugues vers Charleroi, en 1870.
L'ancienne carrière de marbre se trouve de l'autre côté de la rivièrre, actuellement dans une propriété privée. Du pont sur l'Hermeton, on peut voir les vestiges de l'ancienne roue horizontale, plongée dans l'eau, qui actionnait la scierie de marbre et les câbles qui étaient entraînés jusqu'à la carrière pour couper les blocs de pierre.
Vers 1853, alors que toutes les carrières de Soulme et que la scierie de marbre étaient en inactivité, un certain Richemont (ou Richemond), actionnaire de la scierie de marbre, loua, pour un bail de dix-huit ans et au prix de 150 francs l'are, un terrain situé sur la rive droite de l'Hermeton. Au cas où le marbre n'aurait pas été découvert, le locataire aurait dû continuer à payer le loyer pendant dix-huit années. Heureusement, le marbre fut effectivement découvert: il s'agissait même d'une veine de marbre très pure qui ne contenait pas autant de lignes schisteuses que celui des carrières de Falgeotte ou de Louvain-Chestia. Ainsi naissait les carrières de Richemont.
Aujourd'hui, les carrières ne sont pas visibles car elles se trouvent dans une propriété privée dont l'entrée, fermée par une grille, se trouve de l'autre côté du pont de la scierie.
En atteignant la route de Biesmes, on remarque, à droite, le pont sur l'Hermeton. On remonte un peu la route vers l'ancien hötel du Coriant, mais on oblique tout de suite sur la droite vers le moulin de Presles qui se distingue au loin.
On atteint le moulin de Presle, site classé, mais on n'hésitera pas à traverser la cour de cette propriété privée.
Le moulin de Presles (parfois orthographié aussi Praile ou Prèle) était anciennement dénommé "moulin Marée", du nom de l'un de ses propriétaires (et non "moulin Marie" comme sur certaines cartes postales anciennes). Il se trouve en aval des carrières de Richemont, à quelques centaines de mètres de la route de Biesme.
Selon certains documents cadastraux, il devait déjà exister un moulin à eaux en 1840, mais le moulin actuel date de 1865.
On arrive au bord de l'Hermeton que l'on suivra sur la rive gauche, en descendant la vallée. Le sentier qui longe la rivière va jusqu'au confluent avec la Meuse et aboutit à Hermeton-sur-Meuse. Mais c'est plus de 10km de marche dans une nature complètement sauvage.
Après quelques temps, on verra sur la gauche de chemin "Dri Vémont" ("Derrière Vémont") qui remonte une petite vallée. On continue tout droit en suivant l'Hermeton qui disparaît parfois mais est cependant toujours présent.
On atteint alors un pont sur l'Hermeton, que l'on dépasse en descendant toujours la vallée, sur la rive gauche de l'Hermeton.
Après plusieurs kilomètres le long de l'Hermeton, le sentier est soudain bloqué par un rocher qui plonge dans l'eau. Des cordes ont été disposées pour grimper la colline. Mais les cordes disparaissent parfois et le terrain peut être très glissant en période humide. L'ascension peut donc être assez pénible jusqu'au sommet de la colline mais elle ne requiert cependant aucun don d'alpinisme! Au sommet, on suivra le sentier vers la droite, parfois aidé de cordages pour la descente de l'autre côté du rocher. Une seconde escalade est bientôt nécessaire, mais beaucoup moins importante que la première. On distinguera parfois l'Hermeton dans le bas de la vallée, mais on restera très prudent.
Avant que ces cordages n'existent, certains promeneurs traversaient l'Hermeton à gué aux pieds du rocher. L'Hermeton semble assez profond, mais cela est dû en partie à la zone d'ombre qui règne à cet endroit. Arrivé de l'autre côté de l'Hermeton, on retraverse presque immédiatement la rivière à gué afin de rejoindre la promenade. Cette traversée à gué ne peut évidemment être tentée qu'en période de basses eaux et, si possible, quand le climat se prête à un bain de pieds...
Le sentier suit l'Hermeton, souvent en contre-haut, puis, après un long trajet dans la pleine nature, on semble enfin rejoindre la civilisation avec l'apparitoin du pont Georgine. Ici, la vallée était jadis beaucoup plus dégagée et, d'après les anciennes cartes postales, l'endroit était même fréquenté par les touristes. On y trouvait même une guinguette!
On atteint assez rapidement le moulin de "Martia", à Hermeton-sur-Meuse. Ce moulin doit son nom au fait qu'une forge y est attestée en 1627 (martia = marteau). Converti en moulin à farine en 1841, ce moulin fonctionna jusqu'en 1958.
On arrive alors à Hermeton-sur-Meuse, le long de l'ancienne route de Dinant à Givet. Le confluent de l'Hermeton et de la Meuse est invisible d'ici car il se trouve un peu plus loin et ne peut être visible qu'en parcourant la rive de la Meuse. Jadis, ici pèrs du pont, se trouvaient plusieurs cafés qui pouvaient désaltérer les touristes qui parcouraient la vallée de l'Hermeton jusqu'à Soulme. Mais aujourd'hui, on a intérêt à prendre sa gourde...
On poursuivra la route en direction du centre du village de Hermeton-sur-Meuse et de son église. On grimpera la rue de la Libération qui, après plusieurs bloucles, quitte le village et gagne peu à peu le plateau agricole qui domine le village.
Bientôt, la ferme des Hauts apparaît, mais on n'ira pas jusqu'à elle car on oblique sur le chemin qui part à gauche, vers une autre ferme.
Dans un tournant sur la gauche, la route atteint bien vite un petit bois et, après celui-ci, on oblique tout de suite sur la droite dans un chemin de campagne. Celui-ci traverse un bois et, en obliquant vers la droite, descend rapidement dans la vallée de Soumiée, affluent de l'Hermeton.
Après avoir longé la Soumiée pendant quelques instants sur sa rive droite, on traverse ce ruisseau sans difficulté particulière et on rejoint rapidement le chemin qui parcourt cette vallée.
On emprunte ce chemin sur la gauche afin de remonter vers Gochenée.
Après avoir atteint le sommet de la côte et dépassé une maison, sur la droite, on rejoint un chemin que l'on prendra à gauche, vers le village de Gochenée. C'est là, près d'une maison, que se dresse une croix en pierre qui a donné son nom à l'endroit: la "Croisette".
On atteint alors le village de Gochenée.
En atteignant le carrefour principal, au centre du village, avec l'église à gauche, on oblique vers la droite, puis lorsque la voirie s'élargit et tourne à droite, on oblique sur la gauche, le long d'un chemin plus étroit.
Après une courte distance et un tournant vers la droite, se dresse la chapelle Maudoux, construite en 1856.
Le chemin est bordé de quelques maisons puis descend vers la vallée de l'Hermeton et le vieux moulin de Soulme, situé un peu à gauche avant le pont sur la rivière.
Le vieux moulin de Soulme est parfois aussi connu sous le nom de moulin Hamoir.
L'existence de ce moulin est attestée dès le XVe siècle. En 1466, lors du sac de la ville de Dinant, les troupes bourguignonnes détruisirent le "molin de Gosegnée". Le moulin de Soulme se trouvait alors sur le territoire de Gochenée, sur la même rive de l'Hermeton. Le chemin qui le relie aujourd'hui à Soulme est plus récent.
En aval du moulin Hamoir, un pont à deux arches en plein cintre et culées en éperon a été construit vers le deuxième tiers du XIXe siècle. En descendant du village, il est suivi, sous la même voirie communale, d'un ponceau sur le bief du moulin.
Partiellement restauré après les inondations de 1960, ce pont était déjà en piteux état lorsqu'il fut vandalisé en 1995, le parapet en brique ayant été détruit pour récupérer les pierres qui le couvraient. Outre les crues qui avaient abîmé son pilier central, ce pont avait aussi souffert des poids lourds qui le traversaient lors des coupes forestières.
Ce pont a été classé le 5 octobre 1995 et a été depuis lors restauré.
On franchit le pont et on grimpe sur la droite, sur une pente assez abrupte qi remonte jusqu'au village de Soulme.
Dans un tournant de la route, un banc permet de se reposer. C'est surtout en remontant de la vallée que ce repos est le bienvenu!
En remontant du moulin et en arrivant près du village, on aperçoit, sur la droite, une petite chapelle privée précédée d'un muret et d'un portail grillagé. Elle est actuellement connue sous le nom de la famille qui en est propriétaire. Comme l'indique l'inscription sur sa façade, cette chapelle a été construite en 1879 par Joseph Hubert, Honoré Caussin et Joséphine Delobbe.
La chapelle Delobbes est aujourd'hui envahie par les brousailles et sa croix faîtière penche dangereusement.
Un ancien panneau indicateur est accroché sur le pignon de l'ancienne ferme qui forme l'angle de la rue Désiré Mathieu et du chemin qui descend au moulin Hamoir. Ce panneau date de l'occupation allemande de la seconde guerre mondiale 1940-1945.
Pour terminer la randonnée, on pourra remonter la Batty en se dirigeant vers l'église de Soulme.