Depuis le début du XXème siècle, les bâtiments constituant l'ensemble du village de Soulme ont bien sûr évolué, mais la structure du village et la cohérence de ses constructions ont néanmoins été préservées et les caractères traditionnels de l'habitat rural traditionnel sont encore bien visible. Afin de garantir l'ambiance sereine des rues de Soulme et conserver au village ses caractéristiques si appréciées, il serait nécessaire de préserver à l'ensemble une certaine harmonie. Pour y parvenir, le Règlement Général sur les Bâtisses en Site Rural, le RGBSR, édité par la Région Wallonne, peut fournir la marche à suivre sur l'ensemble du territoire d'un village. Ce RGBSR établit, pour chaque région agro-géographique de la Wallonie, une ligne de conduite qu'il faut adapter aux caractéristiques locales pour intégrer harmonieusement les nouvelles constructions et les transformations à l'environnement existant.
Dans l'une de ses publications, la Fondation Rurale de Wallonie se base sur ce règlement pour mettre en évidence quelques faiblesses relevées dans l'évolution des bâtiments de Soulme et pour donner quelques conseils en vue d'une meilleure harmonisation des constructions et des aménagements.
Qu'elle soit secondaire ou principale, la fonction purement résidentielle fait désormais partie du quotidien, avec ses erreurs d'appréciation, traduites par l'inadaptation des nouvelles constructions et, çà et là, par des aménagements non intégrés à la typologie locale, architecturale ou paysagère.
Afin de préserver la physionomie du village et de ses abords, c'est l'architecture traditionnelle née du terroir, modeste certes mais faisant partie de l'histoire du village, qui doit guider l'adaptation du bâti existant comme l'intégration des nouvelles bâtisses. Implantations, volumes et matériaux traditionnels indiquent la marche à suivre.
La récupération du bâti ancien à des fins résidentielles, selon les modes de vie d'aujourd'hui, ne doit pas mener à son interprétation "rustique", figée dans des clichés pittoresques qui ne se réfèrent guère au vrai fondement de la vie rurale. La privatisation excessive d'un devant-de-porte, le réaménagement des façades dans un goût faussement désuet trahissent plus un manque de confiance dans les capacités d'interprétation de l'architecture contemporaine qu'une vraie compréhension des pratiques anciennes.
Les restaurations valorisant les éléments fondamentaux de la maison sans privilégier les détails au détriment de l'essentiel doivent être privilégiées.
En ce qui concerne les nouvelles constructions et les transformations à réaliser dans le village de Soulme, la Fondation Rurale de Wallonie donne les conseils suivants:
Les implantations proposées à l'article 322/20 ne sont pas des recettes à appliquer systématiquement au gré du hasard.
Parmi ces choix, vous devez privilégier celui qui répond le mieux à la forme du parcellaire, au relief, à l'orientation et surtout celui qui s'articulera le mieux aux constructions voisines.
Lors de l'implantation d'une nouvelle construction, la bonne articulation de la maison par rapport aux maisons voisines est un élément essentiel pour la continuité de l'espace-rue.
Volume sans débordement de toiture ni lucarne caractérisent le bâti traditionnel et donnent ses proportions à l'espace-rue.
Par le biais des dérogations générales (voir Le RGBSR, Pourquoi? Comment?), ces éléments peuvent être précisés pour les nouvelles constructions.
Ceux-ci seront avantageusement précisés par le biais des dérogations générales.
Brique et grès ne sont pas adaptés à la typologie du lieu. C'est donc la pierre calcaire et la maçonnerie de teinte gris clair à gris moyen qui seront privilégiés.
En ce qui concerne la pierre, les moellons seront plus ou moins assisés, sans avoir recours à la maçonnerie en "opus incertum", mauvaise traduction de la mise en oeuvre locale.
La mise en oeuvre du joint est également très importante; un joint légèrement en retrait et de teinte identique à celui de la maçonnerie ou un peu plus claire devrait être imposé.
Le badigeon de teinte claire est également un bon substitut à la pierre.
Le devant-de-porte restera ouvert et sera aménagé avec une dominante minérale (pavés, dalles,...) plutôt que végétale (pas de "jardinet urbain").
A la fin des années 1990, la Fondation Rurale de Wallonie avait réalisé une étude sur le village de Soulme, les caractéristiques, les atouts et les faiblesses de ses habitations et de son aménagement.
L'implantation parallèle à front de voirie ou en recul concerne la majorité du bâti, dont les articulations souples viennent animer les perspectives. Pour cause d'ensoleillement ou de parcellaire, quelques bâtiments adoptent le mode d'implantation perpendiculaire, souvent en relation avec une voie de desserte secondaire. Sans compter l'ilôt de l'église et de la cure, cerné par son mur de clôture, et quelques aménagements récents, l'essentiel de l'habitat reste ouvert sur l'espace-rue.
Ayant su tirer parti du relief au cours de son histoire, le village offre du même coup une image paisible, où les dénivellations s'estompent plus souvent qu'elles ne s'affirment. Gravissant parfois quelques pentes plus prononcées, les bâtisses jouent sur l'épaississement de leur assise de fondation pour assurer l'horizontalité et/ou sur le décrochement des volumes.
En dépit d'une évolution marquée depuis le 19e s. la volumétrie du lieu exprime bien son appartenance à la Fagne namuroise, de la modeste bâtisse à la ferme plus développée.
A la simplicité des masses, s'allie une élévation de deux niveaux sur deux ou trois travées, pour une épaisseur moyenne de deux pièces, le tout sous une bâtière assez courte, s'il s'agit d'une petite maison, tantôt plus puissante, lorsque le corps de bâtisse est assez ample. La présence de lucarnes n'est pas une caractéristique locale. Si elles ne s'alignent pas directement sur le même plan et sous le même faîte que l'habitation, les dépendances font un léger ressaut ou s'agencent en retour d'équerre, voire à l'écart pour de petites annexes. mais leurs gabarits ne manquent pas de s'accorder à la physionomie générale.
L'essentiel des maçonneries en pierre de calcaire est réalisé en moellons assez irréguliers de blocs bruts, présentant parfois un appareillage plus régulier où se répèttent çà et là des blocs de calcaire coraillien rosé, matériau exploité non loin par les habitants pour ses qualités marbrières.
Il est probable qu'au 19e s. une majorité des bâtisses étaient couvertes d'un badigeon clair subsistant encore pour quelques maisons. En calcaire gris ciselé ou en "marbre" rose lisse, les encadrements d'ouverture sont simples et généralement rectilignes.
La brique ne s'intègre pas à la gamme des matériaux traditionnels. Quant aux toitures, elles ont longtemps préféré les reflets sombres de l'ardoise, avant de se laisser conquérir par la tuile.
Malgré quelques remaniements contestables, l'ensemble des façades de Soulme se décrypte encore assez bien, traduisant les fonctions, les statuts, les particularités de l'histoire locale.
Leur ordonnancement simple et régulier vaut tant pour l'humble maison que pour la noble bâtisse, l'harmonie règne, les rythmes se répondent. Seuls des détails stylistiques font la différence.
Le village de Soulme ne se traverse pas; il se laisse découvrir par qui le souhaite. Dans ce recoin de la Fagne, aux abords du Condroz, entre les grandes voies de communication qui relient Philippeville, Dinant et Givet en France, les cheminements ruraux ont conservé leur caractère de relais lent, à pas d'homme ou au rythme des attelages.
A peine conquis par l'herbage et de rares cultures, l'environnement naturel forme un bel écrin de verdure au village qui émerge en douceur, à l'écart des routes principales, massé autour de son clocher.
La valeur de ce site est heureusement validée au plan de secteur, notamment en relation avec le site classé de l'ancien moulin situé à l'écart, sur l'Hermeton. Cette situation vaut au village d'avoir conservé une bonne part de son ambiance traditionnelle.
La vocation agricole du lieu transparaît encore dans l'expression architecturale des bâtisses, malgré quelques transformations liées aux nouveaux modes de vies résidentiels.
Pour sa part, le sensible enrichissement du 19e s., dû au développement de l'activité d'extraction et de façonnage du calcaire marbrier, n'a guère contrarié la cohésion du villageoise.
Ainsi, autour de l'église et de la cure qui se démarquent stylistiquement, la simplicité des façades, l'ambiance sereine des rues et ruelles, le va-et-vient des habitants qui perpétuent les traditions rurales, sont autant d'éléments qui rappellent la vie quotidienne d'antant.
Une rue bordant deux îlots plus ou loins fermés, telle est la trame du centre villageois construit sur un versant de la colline. S'y distinguent au sommet, l'église paroissiale, entourée de son cimetière, et la noble bâtisse de la cure, dans l'enceinte d'un mur de clôture qui fait aussi office de soutènement des terres.
L'église est classée comme monument (26.09.1947) et, avec des abords, comme site (06.02.1979).
Le bâti s'égrène au long des rues avec beaucoup de simplicité, ménageant seulement à l'occasion quelques devant-de-portes plus confirmés, de rares cours vaguement dessinées, qui se greffent sur la voirie et permettent de mieux amorcer les changements d'axe. Le tout avec un esprit d'harmonie qui s'accompagne, dans le détail, d'une enrichissante diversité.
Qu'elle soit secondaire ou principale, la fonction purement résidentielle fait désormais partie du quotidien, avec ses erreurs d'appréciation, traduites par l'inadaptation des nouvelles constructions et çà et là, par des aménagements non intégrés à la typologie locale, architecturales ou paysagère.
Afin de préserver la physionomie du village et de ses abords, c'est l'architecture traditionnelle née du terroir, modeste certes mais faisant partie de l'histoire du village, qui doit guider l'adapttion du bâti existant comme l'intégration des nouvelles bâtisses. Implantations, volumes et matériaux traditionnels indiquent la marche à suivre.
La récupération du bâti ancien à des fins résidentielles, selon les modes de vie d'aujourd'hui, ne doit pas mener à son interprétation "rustique", figée dans des clichés pittoresques qui ne se réfèrent guère au vrai fondement de la vie rurale. La privatisation excessive d'un devant-de-porte, le réaménagement des façades dans un goût faussement désuet trahissent plus un manque de confiance dans les capacités d'interprétation de l'architecture contemporaine qu'une vraie compréhension des pratiques anciennes.
Les restaurations valorisant les éléments fondamentaux de la maison sans privilégier les détails au détriment de l'essentiel doivent être privilégiés.
En 2000, la Fondation Rurale de Wallonie, en collaboration avec les Plus Beaux Villages de Wallonie, réalisait une étude sur le village de Soulme avec notamment, dans la table des matières, les élément suivants:
Un peu d'histoire
Lecture paysagère
La structure villageoise
L'espace-rue
L'habitat
Le patrimoine bâti
Cette étude était accompagnée de différentes fiches, établies pour chaque habitation du village, et que l'on pourra retrouver dans la description du "Patrimoine", "De rue en rue" figurant dans le menu de ce site.