Le Bas-Empire romain est marqué par le fléau des invasions germaniques. Le nord de la Belgique est abandonné aux Francs pour mieux concentrer les défenses sur la partie sud du pays où la population est plus dense, la campagne fertile, les mines de fer nombreuses et le réseau routier bien développé. La frontière ainsi constituée formera l'esquisse de notre actuelle frontière linguistique.
Une série de fortins fut établie dans le sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse et principalement le long des voies de communication ainsi que sur les versants dominant la Meuse et ses affluents. Leur implantation suivant des axes est-ouest devait prévenir les invasions barbares qui suivaient cette direction.
Vers 256, une ligue de tribus germaines franchit le Rhin près de Cologne et envahit le territoire jusque Bavai. Jusqu'en 276, ces Francs s'acharnèrent sur le pays qu'ils laissèrent complètement exsangue. Peu à peu, cette population s'intégra aux autochtones et des empereurs, improprement qualifiés de Gaulois, profitèrent de la carence de Rome pour prendre le pouvoir. Bientôt, les meilleurs éléments de l'armée romaine furent des lètes germains, véritables colons germaniques militarisés.
Entre la fin du IIIe siècle et le milieu du IVe siècle, un calme relatif s'établit le long des frontières, mais, en 341, les Francs Saliens passent de nouveau le Rhin. Le conflit se termine vers 357 par un traité de foederati qui fait des Francs de fidèles fédérés. En 46, une nouvelle invasion passe au sud de la Wallonie qu'elle semble avoir épargnée. Cinquante ans plus tard, l'invasion de la Belgique Seconde, dont fait partie la Wallonie, marque la fin de l'autorité de Rome sur notre pays.
Les invasions germaines ruinèrent la plupart des grandes villas romaines. Celle d'Anthée fut abandonnée à la fin du IVe siècle. Au Ve siècle, elles avaient toutes disparu, transformées en cimetière ou en carrière. Le repliement de la production agricole au marché local ne Justifiait plus l'entretien de vastes propriétés qui furent délibérément abandonnées. Devant l'apparition du colonat, les propriétaires terriens laissèrent leurs terres à des tenanciers, provoquant ainsi la division de leur fundus en petites exploitations cultivées par des salariés ou des esclaves: c'est l'apparition des métairies villageoises. Les routes, mal entretenues perdirent leur importance au profit des voies fluviales, de la Meuse en particulier. Les bourgades routières disparurent et celles situées sur des voies fluviales trouvèrent une nouvelle prospérité. Ce fut le cas de Dinant, Namur et Huy.
Au IVe siècle, le pays Mosan connut un certain essor industriel grâce aux développement des forges familiales dans la région. Les cimetières de cette époque ont livré de beaux exemples d'objets en fer et d'armes, les épées en particuliers. Certains ateliers étaient spécialisés dans le damasquinage, incrustation de métaux brillants ou précieux dans les boucles de ceinturons. Ces techniques évoluées témoignent des racines anciennes de la métallurgie mosane.
Vers le IIIe siècle, le panthéon celtique resurgit: les paysans retrouvent leurs anciennes divinités gauloises et leurs cultes animistes. Mais les religions qui promettent le salut et l'immortalité de l'âme connaissent un succès grandissant et marquent la voie au monothéisme chrétien.
Les premiers évangélistes essayèrent d'adopter les cultes animistes en transformant les divinités locales en saints de bon aloi dont l'effigie fut apposée sur les arbres, les pierres sacrées et les fontaines.
Le souvenir de ces anciens lieux de culte sont encore bien présents dans la région: pensons notamment aux vieilles fontaines de la région qui, par les légendes qui les entourent, restent les témoins de ce début de l'évangélisation:
La fontaine Saint-Hadelin à Franchimont.
Pour en savoir plus sur Franchimont: https://sites.google.com/site/valhermeton/les-villages/franchimont
La fontaine Saint-Hilaire, voisine de la chapelle d'Ossogne, à Matagne-la-Petite.
Pour en savoir plus sur Matagne-la-Petite et l'ancien village d'Ossogne: https://sites.google.com/site/valhermeton/les-villages/matagne-la-petite
La fontaine Saint-Laurent, en contrebas de l'église de Matagne-la-Grande.
Pour en savoir plus sur Matagne-la-Grande: https://sites.google.com/site/valhermeton/les-villages/matagne-la-grande
Les premières communautés chrétiennes proliférèrent à partir du IVe siècle qui voit le passage de saint Materne et saint Servais dans les régions de Cologne et Maastricht. Les évêques de ces villes se déplacent fréquemment dans la vallée de la Meuse jusqu'à leur établissement définitif à Liège.
L'installation des Francs avait ruiné de nombreux diocèses, mais la conversion de Clovis, motivée par le souci de plaire aux évoques et à la population gallo-romaine, marquera la renaissance des sièges épiscopaux. La réussite de Clovis permettra à la dynastie mérovingienne de conquérir la Gaule au départ de Tournai et de donner naissance à la première lignée royale française. Les Carolingiens, installés dans la Meuse moyenne, resteront fidèles à leur pays d'origine. Charlemagne, le plus illustre d'entre eux, régnera pendant cinquante années.