L'abreuvoir communal était situé dans le bas du Batty, face à la brasserie communale et pas très loin de l'école. A la fin du XIXème siècle, son état était pitoyable comme en témoigne un rapport de 1898. Les autorités proposèrent de le remplacer par un réservoir de forme ovale, construit en brique, de 3 mètres sur 2. Celui-ci ne fut probablement jamais réalisé pour des raisons financières. L'abreuvoir fut comblé et disparut à tout jamais.
Atlas des voiries vicinales de 1841 (Walonmap), montrant l'abreuvoir communal (parcelle 284), situé en bas du Batty (chemin n°8), face à la brasserie communale.
Face à l'ancienne brasserie, l'emplacement de l'ancien abreuvoir est aujourd'hui couvert par une zone de bitume (photos 2021).
A Monsieur le Ministre de l'Intérieur
et de l'Instruction publique.
Ministère de l'Agriculture et des Travaux Publics.
Service de santé, hygiène publique et voirie communale.
Bruxelles, le 7 novembre 1898,
Monsieur le Ministre,
Comme suite à votre délégation en date du 8 septembre dernier, Administration de l'enseignement primaire, 2ème section, n°853, je me suis rendu à Soulme, aux fins d'examiner si l'abreuvoir situé à une cinquantaine de mètres de l'école communale présente des inconvénients ou des dangers pour cet établissement.
L'abreuvoir en question, qui a fait l'objet de nombreuses plaintes de la part du propriétaire de la maison la plus rapprochée, se trouve en pleine agglomération. Il est formé d'une excavation à radier en pente, encadrée de trois côtés de murs soutenant les terres contigües. Il occupe une superficie de 70 mètres carrés (environ 8 mètres sur 8). Il est alimenté par le trop-plein de la distribution d'eau, lequel ne fonctionne qu'à certains intervalles. La plupart du temps, il est à peu près à sec, présentant des flaques d'eau corrompues, stagnante, impropre à tout usage, exhalant des odeurs marécageuses. On y jette toute espèce de détritus et, lors d'une visite faite par un délégué de la Commission médicale provinciale, il y avait, dans cette fosse infecte, le cadavre d'un animal en putréfaction.
Dans son état actuel, l'abreuvoir n'est d'aucune utilité et il constitue un véritable danger pour l'hygiène publique, en même temps que pour les enfants passant à proximité. De plus, il est dangereux par sa profondeur, surtout pour les enfants.
Aussi, le Département de l'Agriculture et des Travaux publics, saisi des plaintes qui viennent d'être mentionnées, a, sur l'avis de la Commission médicale provinciale, institué depuis plusieurs années sur la suppression de ce foyer d'infection.
L'administration communale avait, jusqu'ici, refusé de donner satisfaction aux demandes de l'autorité supérieure.
Lors de mon inspection, M. le bourgmestre et un des échevins qui étaient présents, m'ont fait connaître qu'un projet avait été élaboré par le service voyer provincial afin d'arriver à améliorer l'état de choses reconnu détestable à tous les points de vue.
Après avoir examiné ce projet, je me suis trouvé d'accord avec les représentants de la commune pour le modifier conformément aux conditions ci-dessous énumérées et qui satisfont complètement aux exigences de la salubrité.
Le propriétaire déclamant m'a déclaré, de son côté, accepter le dit projet.
1°) L'abreuvoir sera entièrement comblé;
2°) A sa place, on construira un réservoir ovale de 3 mètres de long sur 2 de large, ayant 50 centimètres de profondeur; ce réservoir aura son grand axe parallèle à la voie publique contigüe. Le mur séparant l'abreuvoir actuel de cette route sera démoli. Celui qui le sépare des habitations sera maintenu et réparé. Le nouveau réservoir sera construit en briquess maçonnées au ciment; son radier sera également établi en matériaux imperméables. Les murs, arrêtés au niveau du sol, seront proétégés par des couvertures en pierre de taille. L'extrémité du réservoir se trouvera à 3 mètres du bâtiment formant le fond de l'abreuvoir existant;
3°) Un empierrement en pavész rejointoyés au ciment sera construit autour du nouveau réservoir, avec poente de tous côtés, de manière à ce que les eaux pluviales s'écoulent vers des rigoles bien ménagées et ayant une pente suffisante pour empêcher ces eaux de se déverser dans le réservoir. Les rigoles aboutiront à un tuyau de grès établi sous le sol et débouchant dans un fossé sis à proximité;
Le même tuyau servira de décharge au réservoir lui-même;
4°) Celui-ci sera alimenté par une borne-fontaine de la distribution d'eau. A cet effet, la borne existant de l'autre côté de la route sera déplacée et installée au bord du réservoir. Il sera veillé à ce que l'eau soit constamment renouvelée.
Les travaux qui viennent d'être indiqués assainiront d'une manière satisfaisantz cette partie du village.
Le présent rapport sera transmis par le Département de l'Agriculture et des Travaux publics à M. le Gouverneur de la province de Namur, avec prière de tenir la main à la prompte exécution du projet dont il s'agit.
Agréez, Monsieur le ministre, l'assurance de ma haute considération.
L'Inspecteur général du service de santé civil et de l'hygiène.