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Le Batty, bordé d'une belle rangée de marronniers et d'un tilleul, longe l'église romane Ste-Colombe, le cimetière et le jardin du presbytère. Cette sorte de place communale, qui est actuellement dénommée rue Sainte Colombe, est fortement en pente et était jadis une sorte de vaste usoir communal, au sol "battu" (d'où le nom de "Batty"), servant au battage et à l'entreposage occasionnel du matériel agricole.
En descendant le Batty, on remarque sur la gauche l'ancienne cure et, sur la droite, une ensemble d'habitations qui constituaient jadis une seule ferme. En arrivant dans le bas du Batty, sur la rue Désiré Mathieu, on oblique sur la droite en ignorant le chemin qui descendant vers le moulin.
L'école communale fut édifiée en 1874. La seule classe de l'établissement se trouvait à l'arrière de la maison de l'instituteur et était accessible par la gauche du bâtiment. Sur la droite, on accédait au local communal. L'espace devant la maison de l'instituteur servait de cour de récréation et était utilisée pour les filles comme pour les garçons, la cour des filles, plus petite et située à l'arrière du bâtiment, étant peu utilisée à cette fin.
La maison de l'instituteur est devenue aujourd'hui une habitation privée. La classe et le local communal ont été transformé en salle communautaire pour le village.
Un ancien panneau indicateur est accroché sur le pignon de l'ancienne ferme qui forme l'angle de la rue Désiré Mathieu et du chemin qui descend au moulin Hamoir. Ce panneau date de l'occupation allemande de la seconde guerre mondiale 1940-1945.
En descendant par le chemin conduisant au moulin de Soulme, on aperçoit à gauche, après un habitation moderne en brique portant le n° 25, une petite chapelle privée précédée d'un muret et d'un portail grillagé. Elle est actuellement connue sous le nom de la famille qui en est propriétaire. Comme l'indique l'inscription sur sa façade, cette chapelle a été construite en 1879 par Joseph Hubert, Honoré Caussin et Joséphine Delobbe.
La chapelle Delobbes est aujourd'hui envahie par les brousailles et sa croix faîtière penche dangereusement.
Dans un tournant de la route, un banc permet de se reposer. C'est surtout en remontant de la vallée que ce repos est le bienvenu!
En aval du moulin Hamoir, plus connu sous la dénomination de vieux moulin de Soulme, un pont à deux arches en plein cintre et culées en éperon a été construit vers le deuxième tiers du XIXe siècle. En descendant du village, il est suivi, sous la même voirie communale, d'un ponceau sur le bief du moulin.
Partiellement restauré après les inondations de 1960, ce pont était déjà en piteux état lorsqu'il fut vandalisé en 1995, le parapet en brique ayant été détruit pour récupérer les pierres qui le couvraient. Outre les crues qui avaient abîmé son pilier central, ce pont avait aussi souffert des poids lourds qui le traversaient lors des coupes forestières.
Ce pont a été classé le 5 octobre 1995 et a été depuis lors restauré.
Le vieux moulin de Soulme est parfois aussi connu sous le nom de moulin Hamoir.
L'existence de ce moulin est attestée dès le XVe siècle. En 1466, lors du sac de la ville de Dinant, les troupes bourguignonnes détruisirent le "molin de Gosegnée". Le moulin de Soulme se trouvait alors sur le territoire de Gochenée, sur la même rive de l'Hermeton. Le chemin qui le relie aujourd'hui à Soulme est plus récent.
Après avoir jeté un coup d'oeil au moulin Hamoir, on revient sur ces pas et, peu avant le pont, on descend sur la droite vers la prairie. On y pénètre grâce à un portillon tournant situé à droite de la barrière d'entrée.
Après avoir parcouru quelques mètres dans la prairie, on rejoint les bords de l'Hermeton où se trouve un ancine gué qui était pratiqué pour atteindre le moulin lorsque le chemin actuel et le pont n'existaient pas encore.
Après avoir traversé la prairie qui longe la rive droite de l'Hermeton, on pourra peut-être aperçevoir, à l'orée du bois, à droite dans le fond de la prairie, un synclinal qui forme pratiquement une petite grotte. Celle-ci n'est pas facilement repérable étant donné qu'elle est cachée par les herbages et les feuillages.
Vers 1853, alors que toutes les carrières de Soulme et que la scierie de marbre étaient en inactivité, un certain Richemont (ou Richemond), actionnaire de la scierie de marbre, loua, pour un bail de dix-huit ans et au prix de 150 francs l'are, un terrain situé sur la rive droite de l'Hermeton. Au cas où le marbre n'aurait pas été découvert, le locataire aurait dû continuer à payer le loyer pendant dix-huit années. Heureusement, le marbre dut effectivement découvert: il s'agissait même d'une veine de marbre très pure qui ne contenait pas autant de lignes schisteuses que celui des carrières de Falgeotte ou de Louvain-Chestia. Ainsi naissait les carrières de Richemont.
Un "pret alle gouffre" est effectivement connu depuis 1697 et figure aussi dans certains actes notariés de 1740 sous les dénominations successives de "près al guffre", "pret algouffre" et "pret al gouffre". Il pourrait d'agir d'un pré dans lequel existerait un "fondry" caractéristique des terrains calcaires.
Il existe en effet à Soulme plusieurs de ces gouffres qui permettent l'infiltration des eaux de ruissellement dans les failles rocheuses. Souvent obturés par la boue, ces ouvertures sont clotûrées par les fermiers afin d'éviter l'enlisement du bétail. L'un de ces gouffres aurait donc pu servir de cachette aux cloches de l'église Sainte-Colombe lors de la Révolution française.
Le gouffre aux truites est une partie très profonde la l'Hermeton, située aux pieds de rochers et qui, d'après certains témoignages, atteindrait le septmètres de profondeur.
Après être passé entre la rivière et les déchets de la carrière, on passe devant un petit logement. On rejoint ensuite l'entrée d'une propriété privée qui englobe l'ancienne carrière et, par un petit portillon, on rejoint, sur la gauche le pont sur l'Hermeton, la scierie de marbre et les anciens logements des ouvriers de la carrière.
Avant que la carrière ne soit reprise en 1853 par Richemont, ce pont n'existait sans doute pas, de même que le pont et la route de Gochenée à Rosée qui sont tout proches. Mais il y avait bien un gué et une passerelle.
La scierie de marbre a été visitée par George Sand en 1869, lors d'un séjour qu'elle effectua dans la région afin de se documenter pour son roman Malgrétout qu'elle publiera l'année suivante. Arthur Rimbaud est peut-être aussi passé par cet endroit lors d'une de ses fugues vers Charleroi, en 1870.
Quant aux bâtiments servant de logements pour les ouvriers de la carrière et de la scierie, ils sont typiques de l'architecture industrielle du XIXème siècle: ils sont en maçonnerie de brique traditionnellement chaulée en jaune pâle et les baies en arc en plein cintre sont fermées par des châssis métalliques. La plus grande partie du bâtiment qui s'ouvre sur une sorte d'esplanade ont servi longtemps de logement de vacance à des groupes de jeunes.
En remontant vers le village, on pourra s'arrêter quelques instant en s'asseyant sur un banc. De là, la vue vers la vallée de l'hermeton et vers Gochenée ne manque pas d'intérêt.
Avant d'atteindre le village, on remarquera un chemin qui descend sur la gauche à travers les prairies et s'arrête à une barrière. C'est l'ancien chemin qui descendait au vieux moulin de Soulme avant la construction du chemin actuel, situé un peu plus loin sur la gauche. On atteignait le moulin par un gué que nous avons vu près du pont.
Face au presbytère et en contrebas de celui-ci, à l'angle de la rue Désiré Mathieu et du chemin de la Scierie se trouvent aujourd'hui une série d'annexes agricoles dont le premier volume en moellons de calcaire, profondément modifié, est suivi d'une construction en brique qui a été construite après le milieu du XIXème siècle (elle n'existe pas sur le plan de 1843), obturant ainsi le passage qui existait entre la brasserie et le jardin de la ferme voisine. Ces annexes appartiennent aujourd'hui à la ferme du n°26, rue Désiré Mathieu. Il s'agit de l'ancienne brasserie communale dont l'existence est prouvée depuis l'année 1621 au moins et qui fonctionna jusqu'en 1913.
Cette grosse maison en moellons de calcaire irrégulier, plus souvent dénommée "cure" que "presbytère", date de la première moitié du XVIIè siècle. Les chaînes d'angle, un soupirail et les cordons de pierre à l'est semblent en effet dater de cette époque. Le presbytère est de plus cité pour la première fois dans les archives en 1650 lorsqu'il fut vendu pour une bouchée de pain à la commune en même temps que l'église dans le cadre de la sécularisation des biens ecclésiastiques.
Désiré Mathieu est un ancien bourgmestre de Soulme, décédé suite à son emprisonnement en Allemagne lors de la première guerre mondiale. Il a donné son nom à la rue principale du village lors de la fusion des communes en 1977. La Rue Grande devait alors être rebaptisée, ce nom étant présent dans pratiquement tous les villages de l'entité de Doische. C'est en voyant le portrait de Désiré Mathieu accroché au mur de la salle du Conseil communal que les édiles communaux choisirent son nom pour rebaptiser la rue principale du village.
Sainte Colombe est la patronne de Soulme et a donné son nom à l'église romane qui se trouve dans le haut de la rue. Cette sainte a été martyrisée par l'empereur Aurélien au IIIe siècle après J.-C. à Sens où figure toujours sa dépouille, conservé dans un reliquaire. Sainte Colombe, fêtée le 31 décembre, est invoquée pour les affections oto-rhino-laryngologiques et pour les maladies des yeux.