En 1886, la Fabrique d'église de Soulme plaça six nouveaux panneaux aux fenêtres de l'église, celles-ci ayant été brisées. Ce travail coûta à l'époque la somme de 15 francs. Ces vitrages durent être réparés en 1891.
Les vitraux actuels datent de 1936 lorsque plusieurs familles s'associèrent pour donner à l'édifice des vitraux dignes de son architecture.
Ces vitraux ont subis le vandalisme d'enfants qui ont jeté des marrons pour les briser. De nombreux morceaux de vitraux ont été recueillis à l'intérieur de l'église, permettant ainsi que réaliser ultérieurement leur restauration.
Dans le chœur, les quatre baies en vitraux blancs portent, dans leur partie inférieure, des inscriptions rappelant ces dons.
Sur les façades Sud et Nord, on peut lire respectivement:
DON DE PLUSIEURS FAMILLES DE LA PAROISSE 1936
DON DE LA FAMILLE HENRI LION-BEAU 1936
Le vitrail situé au jubé, invisible de la nef, est constitué de carreaux jaunes, rouges et verts bordés de bleu et de jaune et porte l'inscription:
BOLDINI - NAMUR
On notera que l'une des fenêtres du collatéral Nord est plus grande que les autres. Située près de l'autel de la Vierge, elle permet un meilleur éclairage de celui-ci et le vitrail, plus bleu que les deux autres, est sensé éclairer cet autel d'une lumière plus pure provenant du Nord.
Bien que de taille différente, les vitraux sont tous structurés de la même manière, présentant dans le bas une bordure architecturée et, dans le haut, un dais protégeant les saints représentés.
Dans les deux premières fenêtres, les fonds rouges et bleus, représentant le ciel et le fond du dais, sont alternés mais sont utilisés pour une représentation plus réaliste dans la troisième fenêtre, le ciel étant bleu et le sol dans un ton rouge assez brunâtre.
L'absence d'information relative aux donateurs de ces vitraux nous permet d'échafauder un certain nombre de théories relatives aux représentations symboliques de ceux-ci. On peut simplement avancer avec une relative certitude que les donateurs ont dicté les différentes représentations figurant sur ces vitraux.
STE ARMANCE ET ST LEON
EN SOUVENIR DE NOS PARENTS DECEDES
Comme l'inscription l'indique, ces deux vitraux ont été offerts par une famille dont les parents s'appellaient selon toute vraisemblance Armance et Léon.
Armance, tout comme Armande, est une forme dérivée du prénom masculin Armand. C'est un prénom d'origine germanique qui signifierait littéralement "forte, armée". La forme allemande de Armand est en effet Herman dont l'étymologie est heri=armée et man=homme. Armand, mort en 1164, fut évêque de Brixen (Bolzano) et est fêté le 23 décembre. Il est à noter que la fête de cette sainte, portant ici la palme de martyr, est toute proche de celle de sainte Colombe, patronne de l'église de Soulme, fêtée le 31 décembre.
Il existe de nombreux saints prénommés Léon, mais celui représenté ici, en raison de sa tiare, est probablement Léon de Sens, évêque de Sens vers 533-538 ou 541, dates supposées de son décès. D'après l'Institut Royal du Patrimoine Artistique, il pourrait s'agir de Léon Ier, dit Léon-le-Grand, qui fut pape de 440 à 461, mais les liens que celui-ci pourrait avoir avec Soulme sont totalement inexistants.
Ces deux vitraux font donc référence à sainte Colombe, patronne de Soulme, martyrisée à Sens où se trouve actuellement ses reliques.
Le vitrail de Sainte Armance et Saint Léon, photographie en 1944 lors de l'inventaire figurant dans les archives de l'Institut Royal du Patrimoine Artistique.
Photo © KIK-IRPA Bruxelles
STE VIRGINIE ET ST JOSEPH
RECONNAISSANCE ET PIEUX SOUVENIRS
L'inscription figurant dans le bas de ce vitrail fait aussi penser que celui-ci a été offert par les enfants d'un couple décédé dont les parents s’appelaient Virginie et Joseph.
Le prénom Virginie est dérivé du prénom latin Virginia, dérivé de "virgo" qui signifie "vierge" ou "pure" désignant à l'époque toutes les jeunes filles à marier. Ce prénom a été porté par de nombreuses saintes, mais la plus connue est sans aucun doute une bergère, riche veuve du XIIe siècle, qui a consacré sa vie à aider les pauvres tout en élevant sa famille. Sainte Virginie est fêtée le 7 janvier.
Joseph, quant à lui, a une étymologie hébraïque qui signifie "Dieu ajouté". L'époux de la Vierge Marie, fêté le 1er mai, est célébré en tant que charpentier et plus généralement en tant qu'ouvrier et artisan. Tout en gagnant le pain de la sainte famille, il a lui aussi coopéré par le travail de ses mains à l'oeuvre créatrice de son fils.
Ces deux vitraux témoignent donc du dévouement à la famille de deux humbles personnes dont le travail manuel se rapproche de celui des habitants de Soulme.
STE PALMIRE - L'ANGE GARDIEN
NE PLEUREZ PAS COMME CEUX QUI N'ONT PAS D'ESPERANCE
Selon toute vraisemblance, ces vitraux aurait été offerts par une famille en l'honneur de sa fille prénommée Palmire.
Dans la partie gauche de ce vitrail, il faut noter la représentation des têtes de trois angelots ou anges gardiens dont l'un, aux cheveux gris, paraît plus âgé que les deux autres. On peut supposer qu'il s'agit là de la représentation du donateur et de ses fils qui auraient contribué au financement de ces vitraux.
L'absence de représentation féminine permet de supposer que la mère est décédée, ce que laisse entrevoir l'inscription figurant dans la partie basse des vitraux. Le père, les frères et l'Ange gardien sont donc là pour veiller sur cette jeune fille prénommée Palmire.
Le prénom féminin de Palmyre (ou Palmire) provient du nom de l'antique cité syrienne Palmura, la "cité des palmiers", les Grecs ayant attribué ce nom à la gens féminine. Ce prénom fut très répandu aux XVIIIe et XIXe siècles mais disparut peu à peu dans les années 1930. Les Palmyre sont fêtées le 5 octobre.
Les Anges gardiens, au nombre de 72 dans la tradition chrétienne, existent dans toutes les civilisations sous la forme de "bons génies". Ce sont des intelligences supérieures qui sont sensées intervenir pour aider les humains qui en font la demande.
Si Palmyre a été prénommée de cette manière parce qu'elle est née le 5 octobre, son Ange gardien, représenté sur ce vitrail, serait donc Rehael. En effet, l'Ange gardien des personnes nées entre le 4 et le 8 octobre est Rehael dont le nom signifie "Dieu qui reçoit les Pêcheurs" et qui symbolise le discernement et l'écoute qui équilibrent les relations au sein de la famille.
Ce rapprochement est étonnant car, en plus, la couleur symbolique de Rehael est le bleu turquoise qui est sans doute la couleur adoptée dans le vitrail sur le sol aux pieds de l'ange. Cette couleur est un peu différente de celle, plus verte, figurée sous la représentation de Palmyre.
On peut tout supposer... Mais il serait intéressant de retrouver des informations concernant les donateurs de ces vitraux et de la composition de leur famille.
Pour en savoir plus sur les Anges gardiens: https://www.les-anges-gardiens.com/#/Home
Les vitraux du collatéral Nord sont probablement la contribution financière de la Fabrique d'église et des autorités locales. Contrairement aux vitraux de la façade Nord, ils ne représentent pas des saints ou des figurations choisies par des donateurs mais sont consacrés à des épisodes classiques et néanmoins importants de la bible et de la liturgie chrétienne.
Les trois fenêtres du collatéral Sud sont de mêmes dimensions. On note cependant que seule l'une d'entre elles comporte des vitraux dont la partie basse est constituée d'une bande architecturée, les autres vitraux étant entièrement remplis par les personnages. On peut donc supposer que les éléments constituant cette partie basse architecturée étaient préfabriqués et coûtaient moins cher que les éléments plus décoratifs, permettant ainsi une économie dans la réalisation de l'ensemble.
La couleur bleue de ces vitraux est plutôt dominante, ce qui est normal pour une façade orientée au Sud et soumise à une lumière plus orangée que la façade Nord.
L'ANNONCIATION
L'annonciation à Marie, faite par l'ange Gabriel, est relatée dans l'évangile selon saint Luc (chapitre 1, 26-38).
Avant d'être faite à Marie, l'annonciation d'une grossesse miraculeuse a aussi été faite à Sarah, épouse d'Abraham, à la femme de Manoah qui enfantera Samson et à Elisabeth, cousine de Marie, qui fut enceinte malgré son âge avancé.
NAISSANCE DE NS JESUS-CHRIST
La naissance de Jésus est fêtée par les chrétiens le 25 décembre, jour de la Noël. Les seules sources qui relatent cet événement figurent dans les évangiles selon Matthieu et Luc dont l'historicité est douteuse. Etant donné ces incertitudes, les historiens ont l'habitude de situer la naissance de Jésus dans les dernières années du règne d'Hérodote Ier le Grand qui est décédé en 4 av. J.-C. La date même du 25 décembre est aujourd'hui contestée par certains qui relèvent des contradictions du récit biblique avec le climat et les pratiques agricoles locales.
PRENEZ ET MANGEZ CECI EST MON CORPS
Ces vitraux font référence à l'évangile selon Matthieu (chapitre 26, 26-28) qui relate que "pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples en disant Prenez, mangez, ceci est mon corps."
La représentation de la cène est cependant simplifiée sur les vitraux car seule la communion est représentée ici. Le sacrement de l'Eucharistie est célébré lors de la messe lorsque le fidèle reçoit une hostie de la part du prêtre, scène qui est représentée ici.