La plus vieille pierre tombale du cimetière de Soulme est celle de Gérard Cognaux, mayeur de Soulme, décédé en 1632 et de son épouse. Elle se situe du bas-côté nord de l'église, dressée à gauche de l'ancienne entrée de l'église qui a été murée. Ce n'est évidemment pas là son emplacement d'origine.
La particularité de cette pierre tombale est de posséder, en sa partie supérieure, un écusson représentant deux branches ligaturées en forme de croix de saint André.
Cette représentation apparaît également dans les armes de la ville de Philippeville qui lui a été reconnu au XVIIIe siècle par un arrêté néerlandais et qui rappelle l'origine bourguignonne du fils de Charles Quint, Philippe II, qui a donné son nom à la ville.
La croix de Bourgogne (la borgognotte en bourguignon) est constituée d'une croix de saint André rouge jonchée de noeuds de branches imparfaitement élaguées, coupées en biseaux.
Elle devint l'emblème de la Bourgogne à partir de Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur (1371-1419) puis fut introduite en Espagne en 1506 par Philippe le Beau, fils de Marie de Bourgogne, lors de son mariage avec la reine Jeanne de Castille.
Attribut de la maison de Bourgogne et le signe de ralliement de ses partisans, la croix de Bourgone a continué de figurer pendant plusieurs siècles dans l'héraldique belge, sur les monnaies, les sceaux, les monuments officiels aussi bien que sur les étendards des corporations.
La croix de la maison de Bourgogne fut par exemple l'emblème des Tercios, unité administrative et tactique de l'infanterie espagnole de 1534 à 1704 qui regroupait environ trois mille fantassins professionnels par unité. C'est ainsi qu'elle fut représentée sur le drapeau de l'Empire espagnol jusque son remplacement définitif par le drapeau actuel de l'Espagne en 1843. Elle se retrouve aussi en Amérique du Sud dans les territoires de l'ancien Empire espagnol.
C'est ainsi que cette croix se retrouva sur le territoire de la future Belgique. L'unité bourguignonne des 17 provinces réunies par Charles Quint fut rompue en deux masses par la Trêve d'Anvers en 1609 lorsque 7 provinces du nord gagnèrent leur indépendance et prirent l'appellation des Provinces-Unies et le drapeau des Pays-Bas actuels.
Les 10 provinces du sud formèrent les Pays-Bas Espagnols (ou Autrichiens) à partir de 1713 et gardèrent le drapeau bourguignon avec la croix de Saint-André, ancien drapeau espagnol.
Schématisation des branchages élagués en forme de croix de saint André.
Patagon frappé à Bruxelles en 1621 sous Philippe IV avec la représentation des branchages en croix de saint André.
En héraldique, le blason des 17 provinces de Pays-Bas espagnols se dit sautoir écoté contre-écoté de gueules sur champ d'argent ou parfois, plus simplement, d'argent au sautoir écoté de gueules.
Ces différents termes ont la signification suivante:
La partie centrale de la croix de Bourgogne est dénommée "sautoir" ou croix de saint André. Saint André aurait choisi, pour son crucifiement, une croix en forme de X, différente de celle du Christ afin de témoigner de son humilité vis-à-vis de celui-ci. Les ducs de Bourgogne avaient choisi saint André comme patron de leur dynastie et adoptèrent sa croix comme emblème.
Les branches de pin, épineux et résistant, sont le symbole de la pugnacité.
La couleur rouge (gueule en héraldique) symbolise la puissance, le pouvoir, la souveraineté mais pourrait symboliser la volonté de secourir ceux qui l'on voudrait oppresser par la justice. Cette couleur se retrouve dans 60% des armoiries européennes.